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ŒUVRE ORIGINALE DE FUJIO AKATSUKA Mr. OSOMATSU
On en a bien bavé.
On devrait interdire ce festival. C’est du suicide.
– Vous avez des entorses ? – Ça oui ! Plein, même !
– Des fractures ? – Sans doute.
J’ai trop mal quand je bouge.
Où sont les darons ?
À l’hôpital.
Sérieux ? Les ploucs !
– Enfoirés ! – Payez-nous !
– Vous êtes fous ! – Esclavagisme !
Bon, aujourd’hui, je fais rien.
Mon corps est paralysé.
Moi, ça me va. On a besoin de repos.
Personne ne peut nous critiquer.
Et même si on nous critique, on s’en bat l’œuf.
Aujourd’hui, c’est repos. Tenons-nous tranquilles.
Oui. Repos absolu.
Bon, bonne nuit.
Bonne nuit.
Un problème, Choromatsu ?
Ben…
Il serait temps de se lever.
Hein ? Pourquoi ?
Ben, on a déjà pas mal dormi,
et je me dis qu’on devrait quand même faire quelque chose.
Non, absolument pas.
– T’es con ou quoi ? – Pardon ?
Choromatsu, recouche-toi.
Tête sur l’oreiller. Allez.
Cherche pas.
Tu as le droit de dormir. On doit se reposer.
Mais il va rien se passer, alors.
Justement, c’est le but, puisqu’on récupère !
Et dans notre état, on peut pas faire grand-chose.
Regarde-toi un peu. Tu es mal en point.
Et vu notre état, nos blagues feront rire personne.
Ils seront dégoûtés. C’est pas ce qu’on cherche.
Choromatsu, dis que tu vas te reposer.
– Je dois le dire ? – Oui.
C’est important que ça franchisse tes lèvres.
Je vais me reposer.
Allez, c’est dit. Maintenant, dors.
D’accord.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Quand même…
Choromatsu !
Il se passe vraiment rien, là !
C’est le but, je te dis ! On doit rester tranquilles !
Aujourd’hui, c’est comme ça. Fais-toi à l’idée. Courage, dors.
Mais on va pas se faire gronder ?
Par qui ? Y a personne pour le faire.
Répète dix fois que tu vas te reposer.
– Dix fois ? – Allez.
Je me repose. Je me repose. Je me repose. Je me repose.
Je me repose. Je me repose. Je me repose. Je me repose. Je me repose.
Je me repose.
Y a plus qu’à, alors.
D’accord.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
C’est bon, là, non ?
– Choromatsu ! – Choromatsu !
Mais il ne se passe absolument rien !
Évidemment, puisqu’on se repose !
Ça t’angoisse ?
Oui, j’ai peur.
Je comprends. Tu te dis qu’il faut donner son maximum.
C’est ça.
Mais tu te trompes, Choromatsu.
On a déjà fait de notre mieux.
C’est pour ça qu’on est dans cet état.
On a fait le tour du pays avec un palanquin sur le dos.
C’était de la folie pure et simple.
On a le droit de prendre une pause.
Et même si tu veux faire des efforts, t’es pas en état.
Tu comprends ?
Regarde un peu Osomatsu.
C’est l’inaction personnifiée.
Il ne compte rien faire. Il se fout de ce que pensent les autres.
Essaie de le réveiller, pour voir. T’y arriveras pas.
Hé, réveille-toi ! Quelle idée de dormir, vraiment !
Flippe, un peu ! Angoisse !
Tu vas m’écouter, oui ?
Tu vois ? Il ne va…
Abruti ! Un peu de tenue ! Debout !
Réponds-moi !
Tu vois ? Il ne va…
Tu as réfléchi à ta conduite, au moins ?
C’est de ça que je parle !
Dis quelque chose ou je te bute, branleur !
Hé ! Du calme !
Ça suffit ! Stop.
Tu vois ? Il s’est complètement coupé du monde.
Il ne vit que pour lui-même. Un vrai salaud.
Mais c’est bien comme ça.
Aujourd’hui, tu ferais mieux de prendre exemple sur lui.
Choromatsu, reposons-nous.
Bon, d’accord.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Choromatsu. Tout va bien, ne t’en fais pas.
Il va rien se passer, puisqu’on se repose.
Dormons. Ne réfléchis pas. Y a pas de problème.
Tiens bon, Choromatsu ! Tu peux faire mieux. Continue !
Choromatsu.
Choromatsu, tiens bon. N’aie pas peur.
Courage.
C’est pas fini, continue. Tu peux encore tenir.
Ne bouge pas. Tiens bon !
Tu peux tenir, je le sais.
Allez, reste comme ça jusqu’à la fin.
– Choromatsu ! – Choromatsu !
– Choromatsu ! – Choromatsu !
– Courage ! – Lâche rien !
Résiste !
Non ! J’en peux plus ! Il se passe que dalle !
C’est mal de se contenter de pioncer !
Vous avez qu’à dormir, vous !
Moi, je vais faire quelque chose.
Sur ce…
Merci, Jûshimatsu.
Pas de quoi.
C’est compris ? On se repose.
Tout à fait.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
On peut vraiment se permettre de dormir ?
L’ERMITE DE LA PÊCHE
Décidément, ça ne mord pas.
Excusez-moi.
Les mots sont sortis tout seuls.
Je manque d’entraînement.
Vous vivez dans le coin ?
Oui, pas loin à pied.
Cet endroit est charmant.
La nature est foisonnante et l’air est pur.
On sent moins la fatigue.
C’est clair.
D’où venez-vous ?
De Tokyo.
Eh bien, vous en avez fait, de la route.
Le travail nous a épuisés.
On vient souffler un peu.
Je vois.
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