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PREMIER REGARD
Pourquoi je fais ça ?
Tu es crevée et on va sortir ta carcasse surmenée
sur un brancard si tu ne te reposes pas.
Duncan gérera tes dossiers.
Tu te moques de moi ?
C'est ton associé.
Et il s'inquiète autant que moi à ton sujet.
File. C'est les vacances. Tu es en retard.
Pas question de les reporter.
C'est bon. Je ne les reporterai pas.
Mais j'emporte ces plans. Ils ne sont pas au point.
Comment es-tu sûre des vertus de la cure ?
Merci, ça ira.
Fais de la gym.
Je n'appelle pas ça se reposer.
Tu sais où tu vas ?
Oui. J'ai un bon sens de l'orientation.
Je suis perdue. Excuse-moi.
Je ne suis pas sur la 128, mais dans une forêt.
Et je n'aime pas ça.
Un instant.
Attends. J'ai la carte.
C'est drôle mais… il n'y a pas de Bear Mountain.
Il n'y a aucun panneau.
Je l'ai cherché.
Attends, j'ai trouvé le panneau.
À la semaine prochaine.
Votre chambre est dans l'aile Timber,
en sortant sur la gauche.
Dans l'aile principale, on a une salle de musculation
avec jacuzzi, yoga, aérobic, vélos d'échauffement…
Je penchais pour une formule genre baguette magique,
où on reste allongé…
Un massage ?
Une séance par jour et pas trop tôt.
Dix heures ?
Onze heures ?
Plus fort…
Non, n'arrête pas. Encore un peu…
Allons, c'est l'heure.
Tu dois venir vivre avec moi.
Et que dirait ton mari ?
Au revoir.
Ça y est. Je demande le divorce.
Amy, vous êtes là ?
Entrez.
Bonjour. Virgil.
Déshabillez-vous et montez sur la table. Je suis à vous.
Vous avez l'air super doué.
Oui, Einstein, Gandhi.
Virgil Adamson, masseur-thérapeute.
Vous me voulez à la coque ou au plat ?
Sur le ventre, je pense.
Je commence par…
quelque chose en profondeur.
Et…
dites-moi si vous voulez plus profond.
Plus profond, ça me va. D'où je viens, tout est superficiel.
Une New-Yorkaise.
Comment vous avez deviné ?
Tout est là dans les épaules.
Là, c'est le coup de klaxon du taxi que vous avez loupé.
Là, c'est le grondement du métro.
Ici, le crissement des roues parce que vous êtes en retard.
D'où toute cette tension.
Vous allez souvent en ville ?
Vous voulez une discussion ou un massage ?
Je me tais.
C'est trop profond ?
C'est bien.
C'est trop profond.
On va en rester là.
Tenez.
Je ne sais pas pourquoi je pleure.
J'ai dû accumuler trop de choses. Pardon.
Bien sûr.
Je vous laisse. À moins que vous vouliez que je reste.
Restez, vous voulez bien ?
Bien sûr.
Vous faites toujours pleurer les filles ?
Toujours.
Détendez-vous.
- Hé, Virgil ! - Salut, Caroline.
- Tu as l'air en forme. - Merci du compliment.
À demain.
Amy.
Amy Benic.
Je ne vous avais pas reconnue habillée.
Comme vous dormiez,
j'ai préféré vous laisser.
Merci.
Le hockeyeur, c'était vous !
Je vous ai vu hier soir en arrivant.
Ah oui ?
Vous vous défendez bien. Vous êtes dans une équipe ?
Vous aimez le hockey ?
Je ne m'y connais pas vraiment mais ça a l'air super.
Petite, je patinais. Mais j'étais godiche.
Voici mon car.
Je tiens à m'excuser pour avoir craqué sur votre table.
J'étais dans un état bizarre.
Et maintenant ?
Ça va. Merci pour ce que vous avez fait.
Pour vous avoir fait pleurer ?
Je me suis fait pleurer.
Vous avez été très gentil. Merci.
On va partir.
Je vous laisse. À demain. Pour un autre massage.
- À demain. - Ravie de vous connaître.
Au revoir.
Mon Dieu !
Quoi ?
Excusez-moi. Je n'avais pas compris.
Vous vous êtes déjà excusée.
Inutile d'en rajouter.
À demain.
Descends du lit.
Et voilà. Viens, mon chien.
C'est pas un chien d'aveugle. C'est un chien qui veut glander.
Viens ici.
Il y a un match.
Viens.
J'ai rencontré une fille.
Elle a une voix superbe.
Douce comme du miel.
Et un parfum…
de cannelle et de muscade.
Ça ressemble plus à une recette de gâteau qu'à une fille.
Tu es là.
Je ne t'ai pas entendue.
Ça va, les gosses ?
Ils ont besoin qu'on s'occupe d'eux.
C'est qui, cette fille ?
Elle fait une cure. Une cliente.
Envolée dans une semaine.
Si tu as envie de gâteau, saupoudrons Jessie de cannelle.
Trop rassis pour moi.
Jessie ou la fille ?
Tu es jalouse d'un gâteau ?
Un soda ?
Non, merci.
Ton déjeuner est prêt. Le poulet est à 3 h.
Le riz à 6 h, les haricots verts à 9 h et les infos à 11 h.
Un jour, j'intervertirai tout.
Et un jour, je jouerai dans l'équipe des New York Rangers.
- Il faut renouveler tes blagues. - Ou changer de sœur.
Je reverrais plutôt mes blagues, à ta place.
Tu restes voir le match ?
Tu veux corriger des copies ? Je suis à côté, en cas de besoin.
Merci beaucoup.
Donc, cette fille…
je lui ai parlé longtemps à l'arrêt du car.
Elle croyait que je voyais.
J'adore les gâteaux.
J'arrive. Un instant.
- Bonjour. - Oh, mon Dieu ! Bonjour.
À mon tour de m'excuser.
J'aurais dû dire que j'étais aveugle.
On est quittes. Nos excuses s'annulent.
Entrez. Pardon, je sors de la douche. Je dois me changer.
Je ne regarderai pas.
J'ai fait tomber quelques trucs. Asseyez-vous
sur le lit. Je me change et j'arrive.
Très bien.
C'était inutile de faire tout ce chemin pour vous excuser.
Je passais par là.
Vous passiez par là ?
Bon, j'avoue.
Je regardais un match avec mon chien et…
je vous décrivais.
Quoi ?
Je disais à mon chien
que vous sentiez bon. Ma sœur a cru que je parlais de gâteau.
Je vous ai imaginée ici
devant votre lait de soja et un yaourt triste et…
peut-être voudriez-vous faire un tour ?
Pour voir ce qu'on voit.
Voir ce qu'on voit ?
- Façon de parler. - C'est-à-dire…
- Là, tout de suite ? - Super.
Je suis aveugle, vous êtes sourde.
Les 2 font la paire.
52 réverbères. Pine Crest.
En haut sur votre gauche, l'école de Jennie, ma sœur.
Elle est géniale avec les gosses.
Vous voyez ce type en face ?
Devant l'entrée du magasin.
- Il clope comme un fou. - Oh, mon Dieu, oui.
C'est mon ami, Bruce. On regarde des matchs ensemble.
Voilà Nancy qui arrive.
La bibliothécaire. Elle me trouve tout en Braille.
J'ai fait entrer ton livre.
Tu n'as pas fait réparer ton tacot ?
Comment tu me reconnaîtrais, alors ?
Éclate-toi.
Attention, il est très manuel.
Sois sage.
Quel joli coin. Les dames semblent vous adorer.
J'ai débarqué ici à huit ans.
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