Matangi / Maya / M.I.A.

Matangi / Maya / M.I.A.

Pakua Manukuu ya French

Maelezo ya toleo

Matangi-Maya-M I A - Réfugiée, activiste et popstar
Maoni na Vix33
Version TV 52 min

Lebo

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Yamechapishwa tarehe: 2022-11-20
Upakuaji: 61
Wenye Ulemavu wa Kusikia: No

Hakikisho la manukuu ya French

Mistari 200 ya kwanza.

- Maya. - Oui ?

On peut filmer avec ça ?

Là, c'est bien.

Comme ça, tu peux mieux le couper.

D'un bout à l'autre ?

C'est ce qui est prévu ?

Si on fait comme ça, ça ne marchera pas.

On pourrait mettre quelque chose de ce côté-là.

Yuli !

Où est Yuli, sur le bateau de Raj Kamal ?

Pourquoi es-tu une popstar difficile ?

- Pourquoi... - Pourquoi je la ferme pas ?

"Ferme-la et produis un hit."

Oui, pourquoi pas ?

Si je la ferme et que je fais un hit,

je finirai droguée et je ferai une overdose.

Mon histoire se terminera mal,

parce que c'est ce qui arrive

quand on n'exprime pas ce qu'on a besoin d'exprimer.

La musique est devenue mon moyen d'expression,

mais le besoin de m'exprimer était là bien avant.

Je voulais réaliser des documentaires.

Je sentais que j'avais des millions d'histoires à filmer.

Central Saint Martins Ecole d'art et de design

J'ai rencontré Maya en 1996 à l'école d'art.

On est devenus amis et on bossait ensemble,

on s'entraidait sur nos projets de films.

- Quel projet intéressant ! - N'est-ce pas ?

Central Saint Martins n'était pas très éclectique.

Il n'y avait aucun étudiant de couleur dans notre promo.

Donc on la remarquait.

Action.

Elle faisait des films sur ses amis d'enfance.

Les gamins des logements sociaux.

Mais ce qui me fascinait, c'était son histoire à elle.

Ça, c'est une jolie coiffure !

Il y a plein de gens ici

qui peuvent se vanter du métier de leur père,

banquier, avocat, juge, et j'en passe.

Voici ce qui arrive à une enfant dont le père est devenu terroriste.

Voici comment ça a bousillé ma famille,

comment ça a bousillé le peuple,

comment ça a bousillé le pays.

J'ai vécu 10 ans au Sri Lanka,

en pleine guerre civile.

Mon père avait fondé le Mouvement de résistance tamoule.

Ma famille était en danger en permanence.

On est arrivés en Angleterre avec le statut de réfugiés.

Moi, ma mère, ma sœur et mon frère, en mai 1985.

Mon père est resté au Sri Lanka pour se battre.

Environ 30 000 Tamouls vivent en Grande-Bretagne,

mais ces dix derniers jours,

au moins cent réfugiés sont arrivés dans le sud de Londres.

Ils sont accueillis par les familles tamoules d'ici.

Le gouvernement dit qu'ils sont trop nombreux

et qu'ils mettent le système sous pression.

La musique était mon médicament.

Je devais accepter

que j'étais différente, que j'étais une immigrée.

Au Sri Lanka, on me traquait parce que j'étais tamoule.

En Angleterre, on me crachait dessus en me traitant de "Paki".

On avait une radio d'occasion.

Je mettais mon casque et je m'endormais chaque soir

en écoutant Madonna, Taylor Dean

ou le hit du moment.

Un jour, je rentrais de l'école

et tous les voisins faisaient la queue devant chez moi.

Ils se faisaient passer nos affaires.

Je leur ai dit : "Vous pouvez tout garder.

Je sais que c'est vous, je vous ai vus.

Mais je peux avoir ma radio ?" Ils ont refusé.

Cette nuit-là, je me suis couchée

sans casque et sans musique.

Là, j'ai entendu une ligne de basse qui venait d'un voisin.

Il écoutait du hip-hop.

C'était la première fois que j'entendais Public Enemy

et des chansons hip-hop.

La ligne de basse était dingue - "mais c'est quoi, ce truc ?"

La musique a créé mon premier lien avec l'identité occidentale.

Un jour, on reçoit un appel de mon père.

Il nous dit : "C'est papa.

J'arrive à Londres demain."

On est allés l'accueillir à l'aéroport.

Dis quelque chose !

Je ne l'avais pas vu depuis mes 11 ans, par là.

J'ai deux souvenirs de toi.

La fois où tu nous as donné des pommes,

c'était ma première pomme.

Et l'autre fois, tu es arrivé à trois heures du matin

et tu m'as donné deux roupies pour m'acheter une glace.

On ne savait pas qui tu étais.

On te prenait pour un oncle, pas pour notre père.

Tu es un des fondateurs de...

Je suis le fondateur du Mouvement de résistance tamoule.

Ma contribution...

- Quand l'as-tu fondé ? - En 1976.

Je suis le premier à avoir formé les gens là-bas.

Tout chef tamoul actuel est passé par mon école.

Le Sri Lanka viole les droits de l'homme,

tout y est inhumain.

Mais le peuple tamoul se bat pour son émancipation.

Quel est l'aspect positif ?

L'aspect positif,

c'est...

disons... l'estime de soi.

Une certaine forme d'identité, d'identité propre.

J'ai 23 ans.

Il avait 29 ou 35 ans, quelque chose comme ça,

quand il a fait la guerre.

Il aurait pu revenir et dire :

"C'est pourri, pourquoi on se bat ?"

Il aurait pu envoyer des cartes d'anniversaire,

de remerciement, de Saint-Valentin ou de félicitations.

Franchement !

Ou une carte pour Noël. Juste une pour toute la famille.

Juste un petit truc.

Je suis heureuse de ce qu'il a fait de nous.

Il nous a rendus forts en nous faisant vivre ça.

Il nous a rendus intéressants. On a un passé.

Je suis contente qu'il ne soit pas le proprio d'une station essence.

Je suis contente qu'il ne soit pas juste docteur.

C'est vrai, on n'a pas eu la richesse et la sécurité,

mais ça nous a rendus forts. On est indépendants.

La situation du Sri Lanka t'intéresse ?

Pas seulement le Sri Lanka, le monde entier.

Mais tu as un lien direct avec le Sri Lanka.

Pas du tout. Je suis juste né là-bas.

Je suis tamoul et tout le monde s'en fout.

Il y a des gamins qui meurent, c'est ça qui me touche.

Je vais te passer une vidéo.

Un film de 15 minutes tourné par les femmes des Tigres tamouls.

Voici la frontière nord de la guerre civile.

L'armée sri-lankaise combat les séparatistes tamouls.

Les Tigres tamouls ont la réputation de combattants courageux.

Anbihir est membre du mouvement tamoul pour l'indépendance,

les Tigres de libération de l'Îlam Tamoul, ou LTTE.

Quand j'ai vu cette vidéo de femmes de mon âge

aux cheveux courts et en uniforme,

j'ai pris conscience de ce qu'aurait été ma vie.

Qu'est-ce qu'elles mangent ?

Comment elles font pendant leurs règles ?

Comment elles survivent dans la jungle ?

Pourquoi moi j'ai échappé à ça ?

Je n'allais pas souvent à des concerts,

mais j'ai eu un ticket gratis.

On a été invités en coulisse et j'ai rencontré Justine.

On s'est bien entendues.

La Britpop était super à la mode à l'époque,

mais je ne connaissais pas Elastica, c'était pas mon genre de musique.

Bonne chance !

Bonne chance !

On ne venait pas du même milieu.

Elle ne connaissait pas la culture urbaine de ma jeunesse

et moi, je n'étais jamais entrée dans une maison de Notting Hill.

C'est un peu sombre.

Mec, tu me bouleverses...

Pourquoi ça fait ça ? Hier, c'était super.

On dirait que tu viens de mater un film de James Bond.

T'es superbe.

Je ressemble à Mowgli.

Tu ressembles toujours à Mowgli.

Elle m'a proposé de réaliser son clip "Mad Dog".

Elle m'a donné 100 livres pour le faire.

Je voulais faire entrer mon monde dans le sien.

J'ai fait venir des filles rencontrées en boîte la veille.

On a tourné dans la matinée sous l'autoroute Westway.

C'était le premier clip indie pop avec des danseurs dedans.

Elle m'a demandé de filmer sa tournée.

Comme je voulais réaliser des documentaires, j'ai accepté.

Mais j'ai détesté ça.

J'étais là parce que j'aimais bien Justine.

Je lui disais :

"Tu as un micro et des milliers de spectateurs chaque soir.

Profites-en pour passer un message."

Son groupe n'appréciait pas le fait qu'on soit si proches.

Ils m'en voulaient et m'excluaient tout le temps.

Franchement...

ras-le-cul de parler de la culture jeune,

de la mode,

et de cette merde de sectarisme prétentieux.

Au bout de 25 ans,

je suis prête à y retourner et à reconstruire le puzzle.

Toutes ces années, j'ai renié ma vie au Sri Lanka.

Je vis à Londres

et je suis embarquée dans une vie superficielle.

Beaucoup de gens, moi la première,

ne cessent de chercher un sens à tout ça.

Je me demande quelle vie j'aurais eue au Sri Lanka.

Je vais retourner dans mon école, là-bas,

et revoir les copines que j'avais.

Je vais filmer cette fille de 21 ans au Sri Lanka,

parce que ça aurait pu être ma vie.

Tu veux connaître mon histoire ? Je vais te la montrer.

Je vais te raconter ma fichue histoire.

- Tu as tout ? - Oui.

Vous avez tout ?

C'est Kali ?

Grand-mère, c’est Matangi !

Après tout ce temps, Matangi nous est revenue.

Kolian est la cousine de mon père.

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Maoni

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