The first 200 lines.
On est à Sienne.
Que faites-vous ?
Tu me rappelles quelqu’un.
J’étais dans l’avion avec toi.
Merde.
C’est pour toi.
Il y a quelqu’un ?
Diana…
Lucy.
On attendait ton appel.
J’ai eu un taxi.
Viens.
Ian, réveille-toi ! C’est Lucy.
C’est fou ce que tu as grandi.
J’espère bien, en quatre ans.
Christopher est là ?
II devait rentrer hier, pour mon anniversaire.
Il se balade encore quelque part
en Turquie, avec son ami Niccolò.
Tu te souviens de lui ?
Lucy ! Bienvenue.
Je reconnais tout, une semaine a suffi.
Mes abeilles.
Ne les ennuie pas, elles ne t’ennuieront pas.
Tu vois ? On a retapé la vieille grange,
ça ne nous a pris que vingt ans.
A notre arrivée, il n’y avait rien.
Ni eau, ni électricité.
Tout notre argent est passé dans l’achat.
Alors, pourquoi venir ici ?
Pour le travail.
Une grande tradition d’art, dans ces collines.
A côté,
il y a Alex Parish. Un vieil ami.
Il connaissait ta mère.
- L'écrivain ? - Il est très malade.
Ça nous déprime tous.
Sois patiente,
parce que…
j’avance à tâtons.
Tu m’aideras ?
Comment ?
Laisse-moi te regarder.
Pas tout le temps !
Tu n’en sauras rien.
Installe-toi.
Va dans la piscine.
On dine au coucher du soleil, mais viens avant.
C’est à vous ?
J’imagine.
Je vous connais ?
Je suis Lucy.
Vous êtes en visite ?
Ian peint mon portrait.
Mon père a pris ce prétexte
pour m’offrir un voyage en Italie.
Où est Bruno ?
J’ai un rêve à lui raconter.
Votre pantoufle !
Je vais nager.
Je pensais que tu te noyais.
J’ai cru que je devrais te repêcher.
Miranda ?
Tu es déjà venue ici ?
II y a quatre ans.
Ton frère était là, pas toi.
Je ne vis pas ici.
On vient tous les ans,
pour l’anniversaire de maman. On la console.
Christopher est si étourdi qu’il s’est perdu en Turquie.
Avec Niccolò ?
Tu le connais ?
De la dernière fois.
Tu ne fumes pas, par hasard ?
Richard flippe quand je fume.
Il revient quand ?
Qui ?
Ton frère.
Qui sait ? Ils ont dit…
C’est…
tu sais…
la fille de l’amie de maman.
La fille de Sarah Harmon ?
Ta mère était
une grande poétesse.
Richard Reed.
C’est un grand honneur.
C’est ma mère, pas moi.
Elle m’a donné envie d’être poète.
Ce serait… génial
de passer la journée à ne rien faire et…
à s’exprimer.
- Tu écris de la poésie ? - Pas une ligne.
Je n’ai rien d’un créateur.
Je suis avocat dans le spectacle pour approcher des créateurs…
comme Miranda.
Je crée des bijoux. J’ai appris
avec un vrai taré, à New York, mais c’est un génie.
Tu as fait ça ?
Oui, une vieillerie.
Tu y vas ?
Elle est comment ?
Calme comme le tombeau.
Je ne t’entends plus !
Comme si tu parlais du fond de la mer.
Écoutez ça.
Qui était-ce ?
- Au téléphone ? - Christopher.
Que dit-il ?
Ils ne rentrent pas.
Jamais ?
Je ne sais pas,
un avion raté… j’entendais mal.
Les vilains.
Je parie qu’ils sont très vilains.
Je suis sûre que c’est bien pire
que « vilains ».
Noémie tient un courrier du cœur,
ça s’appelle « Dites-le à Noémie ».
Elle a beaucoup de succès.
J’ai une photo de maman avec cette robe.
Elle disait qu’une fois mariée, grosse et heureuse,
elle ne la mettrait plus. Bien sûr, elle n’a pas grossi.
Mets-la.
Tu pourrais la porter à la fête annuelle des Donati.
On dirait Sarah il y a vingt ans,
quand elle est venue nous aider.
Elle vous a aidés ?
Entre deux joints !
Elle est un peu longue.
Monte là-dessus, je vais l’épingler.
Ta mère avait le gout du risque.
J’admirais sa témérité.
Ça me ressemble si peu, cette audace.
Je n’aurais pas pu, ce n’est pas mon genre,
Ian non plus.
Tu sais,
je crois qu’on est fidèles l’un à l’autre depuis vingt ans,
tu peux le croire ?
Tu es la seule.
Son secret
est enfoui en moi
Longtemps je l’ai caché
Voici la clé, la trace
Je suis venue
Regarder la vérité en face
Un homme étrange, son père.
Il n’a jamais apprécié mon travail,
il détestait mon portrait de Sarah.
Et brusquement, il nous envoie Lucy ?
C’est peut-être Lucy qui a voulu venir.
Et la voilà échouée au milieu d’une bande de fossiles.
Parle pour toi.
Elle aimerait mieux draguer des garçons sur la plage.
Elle me parait plutôt sérieuse.
Ou se faire draguer.
A 19 ans, on ne pense qu’aux garçons.
Je l’ai vue qui regardait une photo de Christopher.
Pourquoi pas ? A 19 ans.
Pas sommeil ?
Pas du tout. Je dois finir la robe de Daisy.
J’éteindrai. J’essaierai de ne pas te réveiller.
Viens ici.
Un baiser ?
C’est tout ?
Tu as eu 19 ans,
j’imagine ?
J’imagine, oui.
Pardon, tu n’aurais pas une de ces cigarettes exotiques ?
Pas ma meilleure pièce.
Elle m’a vraiment plu.
C’est par elle qu’on se souviendra de moi.
Je ne suis pas contagieux.
Je fume toujours comme ça.
Un médecin m’a donné trois mois.
Un autre, une semaine ou deux.
D’après un autre, je devrais être mort à cette heure.
J’ai tendance…
à juger le premier plus sensé.
C’est affreux.
Tu n’es pas de ces jeunes pleins de morale ?
Comment ça ?
Je parle de sexe.
Tu es contre ?
Rien n’est plus exaltant, dans mon souvenir.
Sauf peut-être de la bonne herbe.
Je ne peux pas dire.
Je n’ai pas beaucoup pratiqué.
L’herbe ?
Non, le sexe.
Tu veux dire, jamais ?
Une belle fille comme toi ?
Tu te rappelles
si ma mère avait des sandales vertes ?
Je ne crois pas. Ça se peut.
Elle s’habillait merveilleusement.
La plus élégante des poétesses.
Elle écrivait d’exaltants petits…
vers, entre deux séances de photos de mode.
Pourquoi ?
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