The Velvet Underground

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Published on: 2021-11-08
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The first 200 lines.

La musique creuse le ciel... Baudelaire

I've Got a Secret présenté par Winston,

les cigarettes filtrées n° 1 aux États-Unis !

Winston, le goût des bonnes cigarettes.

Winston vous présente

le talk-show le plus regardé aux USA, I've Got a Secret.

Pour des raisons que vous allez vite comprendre,

l'homme à ma gauche va rester anonyme.

Je peux néanmoins vous dire qu'il vient du Pays de Galles

et que c'est un musicien.

On revient dans 20 secondes.

Combien de grammes de marijuana achetez-vous

chaque jour ?

29 g. Pour 4 ou 5 dollars.

Strafford, aux USA.

Depuis Dallas, au Texas, c'est officiel,

le président Kennedy...

Voici John Cale, un auteur-compositeur qui nous a offert un concert inédit.

Qu'est-ce que ce concert avait de spécial ?

Il a duré 18 heures.

Devinez le secret de M. Schenzer.

C'est le seul spectateur à avoir tenu les 18 heures.

Expliquez-nous

pourquoi ça a pris 18 h 40 pour jouer ceci.

Le compositeur, Erik Satie, a laissé une instruction ici.

Il dit que cette partition doit être jouée 840 fois.

Qu'est-ce qui a pu pousser cet homme à exiger une telle chose ?

Aucune idée.

Quand le vent souffle

Quand le vent souffle

"J'ai l'impression d'être au cinéma.

"Un long faisceau lumineux transperce les ténèbres et tournoie.

"Je ne quitte pas l'écran des yeux.

"Les plans sont remplis de taches et de rayures.

"Je ne suis personne et j'ai oublié qui je suis.

"C'est ce qu'on ressent quand on va au cinéma.

"C'est, comme ils disent, une drogue."

Dans un rêve que le vent m'offre

Quand on a emménagé à Long Island, j'avais 4 ans, Lou en avait 9.

On vivait en banlieue, à Freeport.

Passer de Brooklyn à cette banlieue isolée,

ça a été très dur pour lui.

Ma mère était femme au foyer. Mon père voulait être écrivain.

Ma grand-mère a exigé qu'il devienne comptable.

Alors il est devenu comptable.

Si vous cherchez le cliché du père américain des années 50

qui a toujours raison,

ne cherchez pas du côté de son père.

Il travaillait. C'était pas le genre à jouer au base-ball.

J'ignore ce que mon père attendait de Lou.

Peut-être qu'il prenne sa suite.

Il attendait clairement de moi que je sois capable de cuisiner.

On n'était pas le genre de famille à aller au cirque ou au musée.

J'ai commencé par apprendre le piano.

J'ai touché une guitare pour la première fois à 10 ou 11 ans.

J'ai suivi un cours.

J'ai demandé à ce qu'ils m'apprennent "Blue Suede Shoes".

Je crois que ce n'était pas leur truc.

Ça a mis fin à mes cours de musique.

J'ai appris la guitare en jouant par-dessus mes disques.

Du doo-wop, The Paragons, The Jesters,

les Diablos et du rockabilly.

Lou m'a toujours dit qu'il voulait devenir une rockstar.

On était au lycée.

À 14 ans, j'ai enregistré mon premier titre,

"Leave Her For Me".

J'ai vécu une grande déception.

Murray the K devait le passer à la radio, mais il était malade.

Paul Sherman l'a passé à sa place. Ça m'a anéanti.

On était tous scotchés à notre radio.

On a touché 2,79 dollars de royalties.

Au final, j'ai jamais touché autant avec le Velvet Underground.

Il allait souvent jouer seul au Hayloft.

C'était une boîte de nuit gay.

Je lui ai demandé pourquoi il aimait bien jouer là-bas.

Il a répondu que les gens étaient sympas.

Le groupe faisait des concerts.

Il était encore au lycée.

C'est là que les problèmes à la maison ont commencé.

On vivait chez ma grand-mère.

Elle était profondément nationaliste.

Elle ne supportait pas que ma mère ait épousé un Anglais

qui ne parlait pas gallois.

Non seulement, il était anglais, mais il bossait à la mine.

Elle avait éloigné ses enfants de cette voie.

Elle les avait tous poussés à entrer dans l'enseignement.

Quand mon père a emménagé,

elle a interdit de parler anglais à la maison.

Avant d'apprendre l'anglais à l'école à 7 ans,

je ne pouvais pas communiquer avec mon père.

L'antipathie que me portait ma grand-mère tournait presque à la haine.

C'était déprimant.

Ma mère m'a appris le piano et quand j'ai atteint un certain niveau,

elle a passé le relais.

Elle gardait la face pour moi.

J'avais 6 ou 7 ans à l'époque.

La radio permettait de voyager un peu.

À cette époque, j'ai compris que je pouvais m'en servir

pour suivre des programmes étrangers.

Radio Suisse Romande et Radio Moscou.

Au collège, il y avait un orchestre dont je voulais faire partie.

Je voulais jouer du violon, mais ils n'en avaient pas.

Ils avaient un alto, alors je m'y suis mis.

Ils avaient des partitions de Bach pour alto.

C'était super, ça m'a permis de me faire la main.

Il y avait aussi les Caprices de Paganini.

Mon prof était sidéré que je veuille apprendre à les jouer.

Ma mère a dû subir une mastectomie.

D'un coup, elle a disparu dans un hôpital

avec des murs d'enceinte de 7 mètres de haut.

Mon père m'emmenait là-bas sans que je puisse la voir.

Elle était absente.

Les choses ont commencé à dérailler.

J'étais livré à moi-même. Mon père travaillait.

Je me sentais vraiment seul.

Je ne pouvais parler ni à mon père ni à ma mère.

C'est là qu'on a abusé de moi.

Je ne savais pas quoi faire.

Un jour, j'ai dû jouer un morceau, mais j'avais oublié la fin.

J'ai dû improviser.

Je m'en suis plutôt bien sorti.

J'ai réussi à créer une fin et à terminer ce morceau.

Quand je suis sorti de la salle, au début, j'étais terrifié.

J'ignorais ce qui allait se passer, mais j'avais réussi.

C'est ce moment-là qui a fait toute la différence.

J'ai appris à résoudre mes problèmes.

Avoir peur de l'inconnu, ce n'est pas un problème en soi.

C'était la naissance de l'improvisation.

Petit à petit, je me suis concentré sur ce que je voulais faire.

J'ai pris une grande décision. Je voulais être chef d'orchestre.

Il est devenu évident que je devais quitter le Pays de Galles.

Il n'y avait rien là-bas. Je voulais à tout prix m'en aller.

Tout est arrivé suite à ce moment de profonde terreur

où j'ai dû habilement improviser la fin d'un morceau.

Ça m'a rendu un grand service.

Tu as tué ton fils européen

Tu craches sur les moins de 21 ans

Mais tu n'as plus ta voiture bleue Tu ferais mieux de dire adieu

Pendant la guerre,

New York est devenue la ville où les artistes se réfugiaient.

C'était la rencontre de la ville

et des plus grands artistes parisiens et berlinois.

Ton clown ne veut plus de toi

C'était New York à la fin des années 50.

On entrait dans les années 60.

Les artistes de la Nouvelle Vague avaient la Cinémathèque française.

Nous, on avait la 42e Rue.

Tous les soirs, on allait sur la 42e Rue

où il y avait peut-être 15 à 20 cinémas.

C'est à cette période que tous les arts et tous les modes de vie

ont commencé à évoluer.

Ils ont atteint leur apogée pendant les années 60.

On ne faisait pas partie d'une sous-culture ou d'une contreculture.

On était la culture !

Les peintres, les musiciens, les cinéastes...

Ils ne cherchaient pas spécialement à raconter des histoires.

La poésie qu'on trouvait dans les films

a élevé le cinéma au rang d'art à part entière.

Au début de janvier 1962,

mon studio, le Film Makers' Cooperative ,

est devenu le lieu de rendez-vous de tous les cinéastes.

On passait des films tous les soirs.

Andy traînait toujours là-bas.

Mais je ne savais pas qui c'était.

Il s'asseyait par terre avec les autres.

C'est là qu'il a rencontré sa clique de Superstars :

Mario Montez, Jack Smith et Gerard Malanga.

Là-bas, Andy a tout appris sur le cinéma.

Je suis entré à Goldsmiths.

C'était une institution avec un système éducatif très ouvert.

J'ai suivi des cours d'alto et de composition avec Humphrey Searle.

Il comprenait John Cage et tous ces artistes que j'appréciais.

John Cage va interpréter "Water Walk".

John Cage était un pionnier de la musique d'avant-garde

à New York et en Amérique.

Mais La Monte s'apprêtait à prendre la relève.

On m'a attribué la bourse Bernstein.

Ça couvrait mes déplacements et autres.

On était dans l'entourage de Mme Koussevitzky.

Elle invitait les étudiants à prendre le thé.

On trouvait mes morceaux trop violents.

Harry Kraut, le directeur du programme,

m'a demandé à quel point ils l'étaient.

Pendant un morceau,

je devais ouvrir le piano et frapper à l'intérieur.

Et puis, j'ai saisi une hache.

Quelqu'un au premier rang est parti en courant.

C'était Mme Koussevitzky, elle était en larmes.

Je lui ai dit que j'étais vraiment désolé.

Ça l'a contrariée, mais aucun souci,

après quelques cocktails, tout allait mieux.

À l'époque, je traînais avec Cornelius Cardew.

Il comprenait ce que je cherchais à faire.

Il avait rencontré La Monte.

La Monte Young était le digne successeur de John Cage.

À Tanglewood, j'allais pouvoir l'approcher.

Il y a eu une rupture au point où ce n'était plus de la musique.

Une fois qu'on avait rencontré La Monte, c'était terminé.

Tout le monde essayait d'attirer l'attention.

Moi, j'essayais d'élever les gens spirituellement.

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