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Abigail.
Veux-tu bien répondre quand je t'appelle ?
Te voilà !
Quand j'étais loupiot, j'étais impatient d'aller étudier avec Cornelius.
Oui, papa.
Au moins, il t'a appris à ne plus grimper aux arbres.
Oui, papa.
- À tout à l'heure. Je t'aime ! - Moi aussi, Abigail.
Maman, ils ne me laissent rien !
Tu n'as qu'à être plus rapide, Roland.
Je ne suis pas Roland, maman. Je suis Russell.
Impossible. Russell est parti en classe.
En classe ?
Attends. Je finis.
Maman, Cornelius nous a préparé une surprise. Je suis en retard.
Ne bouge pas, Edgar. J'ai fini.
- Tu ne me fais pas de bisou ? - Je n'ai pas le temps. Ce soir !
Vous savez quoi ? Vous ne devinerez jamais.
Oncle Cornelius a dit que je pouvais venir avec vous.
Mais vu l'heure, il a sûrement oublié et je ne verrai pas la surprise.
Qui vous a mis si en retard ?
- Mon père. - Ma mère.
Le petit-déjeuner.
Venez ! On se dépêche !
Vous direz à oncle Cornelius que ce n'est pas de ma faute.
Parfait. Il est occupé.
Il sait qu'on est en retard ?
Où est Corne...
- Il expérimente. - Avec notre surprise !
Allons voir.
N'avancez pas !
Loupiots, préparez-vous à en prendre plein les yeux.
Il vole !
Il vient par ici.
Qu'avez-vous à dire ?
- Pardon pour le retard. - Non ! Je parlais de ça.
L'œuvre de ma vie. La machine à voler !
C'est un prototype.
J'en construirai une grandeur nature !
- C'est formidable, Cornelius. - Russell, ta bouche traîne par terre.
Je veux la faire voler !
Tu vas la casser !
Tu as raison, Abigail. C'est bien trop fragile pour des loupiots.
Je ne parlais pas de moi.
C'est reparti !
Mon Dieu. Loupiots !
- Je vais l'attraper. - Non. Russell !
Non, loupiots ! C'est fragile.
Mes livres !
Abigail, pas ça !
Catastrophe !
Attrapez-la, oncle Cornelius.
- Regardez ! Elle perd de la vitesse. - Elle vient par là.
Je l'ai.
LA GRAVITÉ
Oncle Cornelius, votre bouche traîne par terre.
Saperlipopette !
Regardez ce que vous avez fait.
Pardon, Cornelius.
Loupiots, il y a des moments où les hommes de science doivent apprendre à accepter...
les défaites.
Comme maintenant ?
On a gâché la surprise ?
Non. Vous avez gâché des mois et des mois de travail.
La grosse surprise nous attend dehors.
Reprends-toi !
Dépêchons-nous avant de connaître d'autres revers.
- Accélérez le pas, loupiots. - Attendez-nous !
Droite, gauche. Droite, gauche.
- Je suis prêt. - Dépêchez-vous !
Michelle, pas par là.
Cette zone est interdite.
- Pourquoi, oncle Cornelius ? - Ce n'est pas la leçon du jour.
Venez, mes loupiots.
Nous allons étudier la végétation.
Vous allez voir que tout ce dont nous avons besoin pousse ici, à Dapplewood.
Qui connaît cet arbre ?
Moi ! C'est un saule.
C'est exact.
Savez-vous que son écorce soigne les rhumatismes ?
Oncle Cornelius, c'est quoi, des "rumeurtismes" ?
Des rhu-ma-tismes.
C'est quand on a mal aux articulations parce qu'il fait humide.
C'est exact.
Nous allons nous enfoncer dans la forêt.
- Observez bien ! - M. Je sais tout.
Rends-moi ça !
Par ici.
Loupiots !
Nous rentrons tout de suite si vous ne prenez pas cette promenade au sérieux.
Oh non, Cornelius !
- Nous serons sages. - Suivez-moi, alors.
Nous avons à faire.
- J'ouvre le chemin ! - C'est toujours toi.
Pas si vite, Abigail.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu es toujours en tête. À mon tour.
Tu ne sais même pas où je vais.
Mais je sais où je vais.
Attendez-nous !
Russell, où nous as-tu emmenés ?
Je ne sais pas.
Le sol n'est pas normal. Il est dur.
Et il a une drôle d'odeur.
Loupiots, sortez de là !
Sortez de la route immédiatement.
Loupiots !
Par ici !
Russell, tu es un hérisson très chanceux.
Il est rare qu'un loupiot survive à une rencontre avec...
- Un monstre ? - Oui, c'est à peu près ça.
C'était quoi, Cornelius ? Ça sortait d'où ?
Ça suffit, les questions ! Vous devez oublier cet endroit.
- Où est la surprise ? - On arrive ?
Oui. Je crois qu'on est sur la bonne route.
Prêts, les loupiots ?
Et voilà la surprise !
Un bateau !
- On peut monter dedans ? - Bien sûr. Allez-y.
- Je prends la barre. - Arrête. Russell.
- Tu vas nous faire couler. - Mais non !
- Laisse-moi essayer. - Du calme.
Tout le monde va ramer.
Monte, Edgar.
Voilà !
Saperlipopette !
Très bien. Abigail, Russell, vous ramerez les premiers.
Non !
Arrêtez !
Vous n'arriverez à rien, comme ça.
Travaillez ensemble.
Allez-y ! Encore !
Bien. Encore ! C'est beaucoup mieux.
GAZ TOXIQUE
Du gaz. Vite, de l'aide !
Bravo. Tu vas perdre aussi ma rame.
- J'ai peur. - C'est drôle !
- Loupiots, pour la dernière fois... - Pousse-toi.
Nagez jusqu'à la rive.
Abigail, ton inconscience aurait pu avoir des conséquences dramatiques.
Quant à vous, vous êtes les loupiots les plus indisciplinés que j'aie vus...
Qu'y a-t-il, Cornelius ?
Ce n'est pas normal.
Le bois est trop calme. Dépêchons-nous de rentrer.
- Nous sommes trempés ! - Pas de temps à perdre, loupiots.
Mon Dieu ! Pas ici.
Où sont-ils tous ?
- Maman ? Papa ? - Michelle ! Non !
On doit l'arrêter. C'est dangereux.
Maman ! Papa ! Où êtes-vous ?
Michelle, attends !
Hou ! Hou !
Maman, c'est toi ?
Attends, Michelle ! C'est dangereux.
Non, loupiots ! Il y a un gaz mortel à l'intérieur.
- Et Michelle ? - Attendez. Je vais trouver une solution.
- Pas le temps ! - Ferme la bouche !
Ne respire pas.
Abigail, pour une fois, tu as bien fait de me désobéir.
Elle a besoin d'air pur. Vite, loupiots. À mon terrier !
- Tu as retrouvé ta maman ? - Non.
Juste son tablier.
Il n'y a plus que nous.
J'étais si pressé ce matin...
Je ne l'ai pas embrassée.
Quelles nouvelles ?
On peut dormir chez vous, ce soir ?
Bien sûr.
Qu'est-il arrivé, Cornelius ?
J'espérais vous parler de cela quand vous seriez plus âgés.
Autrefois, quand j'étais moi-même loupiot,
je vivais dans un endroit reculé du nom de Willowbrook.
C'était l'hiver, nos parents nous lisaient une histoire.
On a entendu un bruit.
Ils nous ont dit de courir.
Une fois à la porte, je les ai vus.
Les hommes.
Nous avons fui.
Papa et maman
n'ont pas pu.
Je n'ai rien pu faire pour eux.
Vous, vous pouvez faire quelque chose pour Michelle.
- Nous, Cornelius ? - J'ai besoin de plantes.
De l'euphraise pour ses brûlures.
De la pulmonaire officinale pour ses poumons.
- Tout est mort dans notre prairie. - Trouvez-en une autre.
- Une autre prairie ? - Oui.
Vous avez deux jours.
Il faut agir avant que la lune soit pleine
ou il sera trop tard pour Michelle.
- Vous venez avec nous ? - Je ne peux malheureusement pas la laisser.
- Nous serons tout seuls ? - Non. Vous serez ensemble.
Vous devrez partir tôt. Reposez-vous.
Et si vous rêvez, rêvez de jours meilleurs pour Michelle
et Dapplewood.
- Le sac est plein ? - J'ai de la place dans mes poches.
On ne part pas en pique-nique.
Emporte quelque chose d'utile.
Ça m'a ouvert l'appétit, tout ça.
On prend ça ?
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