Farinelli

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Farinelli 1994 blu PAL (fr)
A Commentary by satranc

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Published on: 2023-01-03
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The first 200 lines.

Ne chante plus, Carlo !

Ne chante plus !

Ne les laisse pas te faire ça !

C'est ta mort que tu as dans la gorge !

Assez !

Riccardo Broschi, cette introduction est indigne de mes enseignements.

Maestro Porpora, je vous en prie.

Vous ne pouvez juger de sa composition

sans en entendre, au moins, la première partie chantée.

Écoutez-les, ils sont faits l'un pour l'autre.

Alors, je veux bien écouter la musique

que font ensemble vos deux fils, signor Broschi.

C'est ce que vous voulez, n'est-ce pas ?

Merci, père.

Je vous en prie.

Chante.

Qu'est-ce qui te prend ? Chante.

Carlo Broschi, chantez.

Chante.

Je vous donne dix secondes pour sauver votre frère.

Votre voix, mon petit.

Votre voix.

Faites-moi entendre votre voix !

Pourquoi est-il mort ?! Pourquoi ?!

Carlo,

tu ne dois pas refuser ta voix à ton frère.

Mes fils ne se quitteront jamais.

C'est le serment que je vous demande.

Je ne veux pas qu'on me fasse ça. Je ne veux pas mourir !

Je ne veux pas mourir !

Carlo !

Carlo !

Oui, Carlo ! C'est moi, Riccardo !

Me voilà ! Ça fait trois ans que je te cherche, Carlo.

Carlo ! C'est moi !

Qui est-ce ? Dites-moi qui c'est !

C'est son frère, majesté.

Riccardo Broschi

C'est moi, Riccardo ! Lâchez-moi !

Carlo, arrête-les !

C'est moi, Riccardo !

Carlo, viens !

Carlo, allons-nous-en.

À celui-là, il manquait

apparemment un petit quelque chose !

Je t'en prie, reste calme.

Un bravo pour le trompette !

Nous allons bien trouver ici

dans la patrie de la musique,

un chanteur capable de tenir tête à mon trompette.

C'est mon petit-frère.

Hé, toi, comment tu t'appelles ?

ll l'a bien roulé dans la farine, ton fameux trompette !

Farinelli !

Farinelli !

Signor Farinelli ! Signor Farinelli !

Qu'est-ce que tu veux ?

C'est pas le moment. Va-t-en !

Un message de Haendel.

Presto !

Un message de Haendel.

Alors,

Je veux que le petit Farinelli me suive en Angleterre.

Je veux l'engager pour mon théâtre de Londres.

Qu'en pense le petit Farinelli ?

Le... petit Farinelli

aimerait savoir pourquoi le maître a pensé à lui.

Vous m'avez amusé.

Votre prestation contre ce trompette était fort divertissante.

Alors, j'attends.

Et combien, maestro, comptez-vous dépenser...

pour vous assurer la collaboration des frères Broschi ?

Mais je prends uniquement le petit.

S'il travaille bien, je lui ferais peut-être un contrat.

Je crains, maestro, que vous ne compreniez pas.

Avec ou sans contrat, les frères Broschi n'acceptent pas qu'on les sépare.

Voulez-vous dire que je dois acheter la paire ?

Je suis compositeur, maestro.

Mein Gott.

Farinelli chante ce que je compose.

Et spécialement pour lui.

Il chante n'importe quoi.

Je n'ai pas bien compris, Maestro.

N'importe quoi. C'est bien ce que j'ai dit.

Il chante n'importe quoi.

Ne voyez-vous pas que dans la main de celui-là...

vous ne serez jamais qu'un phénomène de foire.

Avez-vous donc une si pauvre idée de la musique...

pour gaspiller ainsi votre voix à chanter des âneries.

Sans musique, vous n'existez pas.

Vous n'êtes qu'un animal sans couilles.

Ni homme, ni femme.

Votre voix est la seule justification de votre existence.

Ce que vous avez là n'est qu'un organe dont la nature vous permet de jouir

pour vous faire oublier le ridicule de l'autre.

Que dieu me pardonne.

Quoi, Riccardo ?

J'ai presque fini, une minute.

Ça fait dix ans que tu fais et défais l'acte ll de ton Orphée.

Je me demande si Orphée arrivera au royaume des ombres.

Attends...

Tu l'as vraiment fini ? - Fini...

fini...

Fini.

En fait, il y a encore du travail, mais tu verras,

les fioritures sont diaboliques.

Mais toi, il faudra que tu tiennes sur le souffle au moins une minute.

Je peux tenir une minute.

Donne.

D'accord.

Allez.

Essaie. Chante.

Tu n'es pas fou ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu as encore beaucoup de travail à faire !

Diable ! Traître !

Mon frère est fou ! Orphée, une si belle partition !

Mon frère est fou !

Tu les entends ?

Tu les entends ? C'est un triomphe !

Nous sommes les plus grands, Carlo !

Ah, si notre père avait pu les voir !

Si notre père avait pu voir ça !

Cette nuit, j'ai rêvé de lui.

J'ai rêvé de lui. Il était là.

ll était ici, dans son théâtre.

ll était là, Carlo !

Là, précisément là.

ll pleurait de joie !

ll pleurait de joie.

ll était tellement fier de nous.

Vous avez été magnifique.

Je vous supplie de me laisser.

Je suis dans un état repoussant.

Il faut savoir saisir sa chance.

Avez-vous conscience du trouble que vous provoquez ?

Je vous prie d'accepter ceci.

Et de lire la lettre.

Arracher la comtesse de Mauer à sa lecture.

Voilà un exploit dont vous êtes seul capable.

C'est un cadeau d'une très grande valeur, signor Farinelli.

Je vous laisse.

Castrato !

C'est le pacte, madame.

J'ai toujours été persuadée,

signor Farinelli,

que les livres pouvaient apporter à notre esprit

la nourriture dont il aime à se repaître.

Quant aux émotions que m'ont procuré les arts,

elles se sont toujours adressées à mes facultés les plus hautes,

à mon intelligence,

Ces émotions-là, signor Farinelli, je les maîtrise.

Mais ce que j'ai ressenti hier soir en vous entendant chanter

dépasse mon entendement.

Ce que vous avez provoqué en moi

est extrèmement comparable à une émotion amoureuse.

Je crois

que

vous êtes responsable

de mon premier orgasme

musical.

Avez-vous, à ce point, signor Farinelli, besoin de votre frère ?

Avez-vous besoin de votre frère pour bander ?

Êtes-vous capable de jouir malgré ce qu'on vous a ôté ?

Il m'en reste assez pour faire jouir toutes les femmes de la terre.

Comment est-ce ?

Fulgurant.

Et sans danger.

Jamais sans danger.

Carlo procure la jouissance

et Riccardo ensemence.

Ensemble, les frères Broschi sont redoutables

et totalement complémentaires.

Chantez pour moi, castrato. Encore une fois.

Adressez-vous pour cette chose à votre époux, ou à votre amant, madame.

Le contrat de Venise...

Le contrat de Bologne...

Carlo, on nous demande à Vienne.

Pour toi.

De Haendel.

Qu'est-ce qu'il veut ?

Qu'est-ce qu'il nous veut encore ?

ll vient à Dresde pour m'entendre chanter.

Rien que ça ?

ll ne t'entendra pas. Nous n'irons pas.

Elle est de Porpora, celle-là.

Qu'est-ce que tu as ?

Ma voix s'éteint...

Ma voix se...

Non, ce n'est pas vrai.

Ma voix me quitte.

Arrêtez !

Ne restez pas là !

Mettez les bûches sur le feu.

A côté du foyer, dépêchez-vous !

lls ne comprennent rien ici.

Presto.

Mange.

ll faut manger.

Tu as la fièvre.

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