The first 200 lines.
Le train en provenance de Toulouse, Montauban,
Cahors, Brive, Limoges, Châteauroux,
va entrer en gare.
Ici Paris-Austerlitz,
tous les voyageurs descendent de voiture.
... dépenses nerveuses plus modérées.
Ça vous permet d'agir mieux dans le domaine matériel.
Vous voulez augmenter le volume et l'importance de vos affaires ?
Allez-y !
Étudiez et essayez d'utiliser votre imagination.
Verseau : vos perspectives sont bonnes.
Et cela vous dispose à tous les genres de recherche
d'études et de création.
Et voilà ! J'ai encore perdu deux heures.
C'est insensé. Les gens sont insensés.
Occupez-vous du petit.
On vous promet des affaires fracassantes,
vous traversez tout Paris,
et vous vous retrouvez dans un taudis.
- Tu as les photos ? - Oui.
Ils disaient que c'était de l'ancien.
À ce stade-là, c'est carrément de la ruine.
Tiens, regarde.
Bon, c'est immense.
Mais qui a envie d'habiter là-dedans ?
J'y suis pas allée par quatre chemins.
Je leur ai dit : "Ou vous rénovez tout,
"ou vous en obtiendrez des clopinettes."
Max ?
Je suis là, madame.
- Le contrat de M. Reinhard est là ? - Oui.
Vous l'écrivez comment, "Reinhard" ?
Comme ça se prononce.
Vous le prononcez comment, alors ?
"Renard".
Comme le renard...
Hé, Paulot ! Tu m'as dit "Renard".
Ce n'est pas "Renard", c'est "Reinhard" !
Refaites-moi tout !
Et puis non, laissez-moi la place.
Je vais le faire.
Au moins, ce sera correctement fait.
Rendez-vous utile et prenez-nous deux cafés.
Bonjour.
Paulot, une cliente.
- Je cherche un appartement. - Oui, suivez-moi.
Je vais voir ce que je peux faire.
Asseyez-vous. Que cherchez-vous au juste ?
Un chez-moi. J'en ai marre de squatter.
Et les hôtels sont sinistres, vous trouvez pas ?
- Soyez plus précise. - Comment ça ?
Dans quel quartier ?
Je connais pas Paris.
Agence Gertrude Soisson.
Pas de préférence, mais proche du centre.
- Vide ou meublé ? - Vide.
Superficie et nombre de pièces ?
J'ai pas d'idée arrêtée. Ça dépend des occasions.
Vous pensez y mettre
- combien ? - Pas trop cher.
Si possible. Mais je voudrais quelque chose de bien.
Vos garanties ?
200 francs par soirée au théâtre.
- Je vois. Formidable ! - C'est pas encore
un gros cachet, mais ça viendra.
J'ai une scène dans la pièce "Thé ou chocolat".
Vous l'avez vue ?
"Thé ou chocolat" ? Non.
Justement, j'ai une place.
Tenez.
Allô, Gertrude Soisson, j'écoute.
J'ai une audition. Il faut autre chose ?
Non, ça ira comme ça.
Alors, à bientôt. Au revoir.
Je l'ai déjà vendu. Au revoir.
Oui. Oui, rappelez-moi.
Hector, elle ne peut pas s'être envolée !
Vous avez regardé partout ?
Elle doit pas être bien loin. La voiture est au garage.
Rosalie !
Madame a sonné ?
Avez-vous vu mademoiselle ce matin ?
Mademoiselle ?
Oui, mademoiselle ! Véronique, ma fille !
Je n'ai vu personne,
si ce n'est madame et monsieur.
Vous avez passé une bonne nuit ?
Pas vraiment.
Thé ou chocolat ?
Café, Rosalie. Aujourd'hui, ce sera café.
Je peux avoir un peu de thé ?
C'est un mystère.
Il n'y a que des mystères dans cette maison.
Tout le monde fait des mystères.
Véronique a fait une fugue, rien de mystérieux.
Ah, je vous jure !
Attends, je suis maquillée.
Oh ? C'est gentil d'être venu.
Je suis venu
vous remercier pour le billet.
Ben entrez.
J'ai vu votre petite scène, c'est...
- Vous avez beaucoup de présence. - Ah bon, vous trouvez ?
Fred.
Moi, c'est Paulot.
Moi, c'est Anne Larrieux.
Mais tout le monde m'appelle Nina.
Elle est foutue, cette radio.
Ça y est ! Je vous ai vu dans la pièce, non ?
Pas dans la pièce.
Au contrôle.
Que faites-vous ce soir, Paulot ?
Ce soir ? Euh...
- Rien. - Restez avec nous.
Tu t'occupes du vin, Fred ?
C'est tout ce que j'ai trouvé pour l'instant.
C'est en très mauvais état.
Mais c'est grand et pas cher.
- On peut pas tout avoir. - Oui.
Y a plus de vin. On boira de l'eau.
J'ai trouvé
une nouvelle affiche ce matin. Regarde.
C'est quoi,
- ces photos ? - Rien.
Il m'a peut-être trouvé un appartement.
Pourquoi ?
Tu ne te plais plus ici ?
Non, mais je suis pas chez moi.
- C'est pas assez bien pour toi ? - J'ai pas dit ça.
Je veux un chez-moi.
Pourquoi ? Pour te taper qui tu veux ?
Tu le fais déjà, ma chérie.
Ça changera rien.
Ça a l'air très bon, en tout cas.
Qu'y a-t-il ? T'as honte
- devant lui ? - Ta gueule,
Fred.
Je lui raconte comment tu m'as dragué ?
Et tous les autres ?
Ça lui passera.
C'est ça, vas-y. Ramasse tes affaires.
Et n'oublie surtout rien.
Si tu te barres maintenant, tu ne remets plus les pieds ici.
Regarde-moi ça !
Ça fait trois mois qu'elle est à Paris,
elle a couché partout, avec n'importe qui.
Mais elle supporte pas qu'on le lui dise.
Tu peux m'aider ?
Si tu es le prochain, alors, bon courage !
Baise-la et fous-la dehors. Conseil d'ami.
Barre-toi, bravo ! Bon débarras ! Tu peux crever.
Tu m'entends ? Tu peux crever !
Ce que j'aimais chez Fred, c'était son regard de myope.
Et sa collection d'affiches, son air buté,
refermé sur je-sais-pas-quoi.
Chez un homme, y a toujours quelque chose à prendre.
Où est-ce qu'on va ?
- On peut aller chez moi. - Oui.
C'est encore assez loin.
On peut prendre un taxi.
Je préfère marcher. J'ai pas sommeil.
- Ça t'ennuie pas ? - Pas du tout.
- Le sac est pas trop lourd ? - Ça va.
Tu fais souvent de la peine aux gens ?
Au début, ils couchent avec moi.
Mais ils finissent par m'insulter. J'ai l'habitude.
T'as eu beaucoup d'amants alors ?
Plein. Les nuits que j'ai passées seule à Paris,
je les compte sur les doigts d'une main.
Et Paris, ça te plaît ?
Oui, beaucoup. Surtout la nuit.
Tu marches souvent comme ça la nuit ?
Ça m'arrive de me perdre et de ne pas demander mon chemin.
C'est grand ici.
Trop grand pour un seul homme.
Je te présente Quentin, l'homme qui dort jamais.
Assieds-toi.
Tu veux un café ?
Non, je te remercie. Je tombe de sommeil.
Je vais m'installer là.
Le bruit et la lumière me dérangent pas.
Ne vous inquiétez pas.
Je te le pose là. Tu le boiras tout à l'heure.
Elle va habiter ici le temps de trouver un endroit.
Elle connaît personne !
Elle a qu'à coucher sous les ponts.
Qu'est-ce qui te prend ?
Je t'interdis de l'installer ici.
Moi, je t'ai jamais rien interdit. Ne me donne pas de leçons.
Personne ici plus de 24 heures !
Désolé, mais un coup ici, à demeure, non.
- C'est pas un coup. - Alors, c'est quoi ?
Vous ne pourriez pas parler un peu moins fort ?
Vous ne voyez pas qu'elle dort ?
Vraiment, Quentin, tu me déçois.
Je ne te reconnais plus.
Je l'ai connu à Londres il y a 4 ans.
C'est lui qui m'a appris à parler français.
Au clair de la lune,
mon ami Pierrot
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