Otello

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Otello (1986) fr 30 000 FPS
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Published on: 2018-01-29
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The first 200 lines.

Une voile! Une voile!

C'est le lion ailé!

L'éclair le révèle.

Un clairon retentit !

Le canon a tonné!

C'est le navire du chef!

Tantôt il s'enfonce,

tantôt il grimpe aux nues.

L'éperon émerge de l'onde.

Dans les nuages il se cache, ou dans la mer

et à la lueur des éclairs reparaît.

Eclairs ! Tonnerre ! Tourbillons !

Tempête et foudre !

Tout tremble, eaux, airs,

fonds et crêtes.

Un sinistre esprit tournoie, aveugle

et fendent l'air.

Dieu agite les cieux blanchis tel un drap funèbre.

Tout est brume ! Tout est feu !

L'effrayante nuée noire s'enflamme

et s'éteint.

Se convulse l'univers,

aux goulets s'engouffre le specîral aquilon.

Des trompettes titanesques retentissent dans le ciel.

Dieu, foudre de la tempête !

Dieu, sourire de la dune !

Sauve la nef et le drapeau

de la forîune vénitienne !

Toi qui gouvernes les astres et le destin !

Toi qui commandes au monde et au ciel !

Fais que se pose l'ancre fidèle

sur le fond de la mer apaisée.

L'artimon se brise !

L'éperon donne droit sur l'écueil !

A l'aide ! A l'aide !

Que les eaux déchaînées l'engloutissent.

Sauvé !

Sauvé !

Descendez les barques !

Les mains aux cordes ! Tenez bien !

Force aux rames ! A la rive !

Accoste ! Débarque !

Vivat !

Exultez !

Les infidèles sont ensevelis dans la mer.

La vicîoire revient au ciel.

Nos armes et la tempête les ont défaits !

Vive Otello !

Vivat ! Vivat !

Vicîoire ! Vicîoire !

Extermination !

Dispersés, détruits,

engloutis dans l'horreur,

dans l'horreur,

dans l'horreur.

Rodrigue, à quoi penses-tu ?

A me noyer.

Imbécile est qui se noie pour l'amour d'une femme.

Comment gagner son cœur?

Laisse faire l'œuvre du temps.

La belle Desdémone,

que dans le secret de ton cœur tu adores

prendra vite en grippe les baisers de ce sauvage lippu.

Je feins de l'aimer, mais je hais ce Maure !

Il y a une raison à ma haine.

Regarde.

Tu vois ce capitaine pomponné ?

Il a usurpé mon grade,

qu'en cent batailles bien livrées j'ai mérité.

Telle fut d'Otello la volonté.

Et je demeure,

de sa Seigneurie

mauresque l'enseigne.

Si tu m'écoutes...

- Ton verre, Capitaine ! - Je ne bois plus.

- Une dernière gorgée. - Non !

Regarde, aujourd'hui tout Chypre se grise !

C'est une nuit de joie !

Non, le cerveau me brûle déjà pour une coupe vidée.

Mais si, il faut encore boire.

Aux noces d'Otello et de Desdémone.

Son charme rayonnant bat le rappel des cœurs sur l'île entière.

Toi, lago, tu chanteras ses louanges.

Ecoute-le. Je suis trop critique.

Et elle est au-dessus de toute louange.

- Prends garde à ce Cassio ! - Que crains-tu ?

C'est un habile séducîeur qui te causera du tort.

Garde ! Mais s'il se grise, il est perdu.

Fais-le boire.

Du vin !

Trinque, avale,

avant que ne disparaissent chanson et verre.

Ce noble vin embrume mes idées.

Qui a mordu à l'appât du dithyrambe bravache et outré,

bois avec moi, bois avec moi !

Bois avec moi ! Bois avec moi !

Bois !

Bois, bois! Bois avec moi !

Bois avec moi ! Bois avec moi !

- Bois, bois! - Bois avec moi !

Bois !

Bois ! Bois !

Bois avec moi !

Encore une gorgée et il est ivre!

Que la coupe vive fuient les couards.

Que chacun lise dans mon cœur.

Les couards et les trompeurs.

- Je ne crains pas la vérité. - Bois, bois!

Bois avec moi !

Bois, bois! Bois avec moi !

Bois, bois, bois, bois!

- Bois, bois! - Bois avec moi !

- Bois, bois! - Bois avec moi !

Bois !

Bois, bois avec moi !

Capitaine, la garde vous attend aux remparts.

Allons-y.

Que vois-je ?

Chaque nuit de la même manière, il se prépare au sommeil.

Otello le saura.

Allons-y.

- Qui rit ? - Je ris d'un ivrogne.

Gare à toi, coquin.

Pochard ! Vaurien !

Tu n'y échapperas pas.

Retenez-vous, monsieur, je vous prie.

Je te fends la cervelle si tu t'en mêles.

Propos d'ivrogne.

D'ivrogne ?

Cours au pon en criant: "A l'émeute !"

Va répandre le désordre, fais sonner les cloches à toute volée.

Frères, cessez ce combat.

Le sang ruisselle sur Montano. Trêve !

Nul ne peut l'arrêter.

Donnez l'alarme ! Satan le possède !

A bas les épées !

Que se passe-t-il ?

Suis-je chez les Sarrasins ?

Pour vous entretuer

comme des chiens enragés ?

Honnête Jago,

de par l'amitié que tu me portes,

Parle !

Je ne sais pas.

Il y a un instant, tous ici étaient bons amis et joyeux.

Mais d'un coup, comme si une planète malfaisante leur avait trouble l'esprit,

degainant, ils s'attaquent furieusement.

Je me serais sectionne les pieds

plutôt que de diriger mes pas en ce lieu.

Cassio, comment t'es-tu à ce point oublié ?

Grâce, pardon.

Je ne sais que dire.

- Montano. - Je suis blessé.

Blessé ? Par le ciel, le sang me bout.

La colère met notre ange tutélaire en fuite.

Cassio, tu n'es plus capitaine.

Ah ! Je triomphe !

Jago, va rétablir le calme dans la ville en émoi.

Secourez Montano.

Que chacun s'en retourne chez soi.

Je ne pars pas d'ici

avant de voir les remparts déserts.

Dans la nuit dense

s'éteint toute clameur.

Mon coeur frémissant

s'apaise en ton étreinte

et se calme.

Tonne la guerre et s'abîme le monde

si après la colère immense

vient cet immense amour.

Mon superbe guerrier !

Que de soupirs,

que de tourments,

et d'espoirs

nous conduisirent

à ces suaves embrassements !

Qu'il est doux de murmurer ensemble !

Te souviens-tu ?

Quand tu narrais ta vie exilée

et tes fiers exploits et tes longues souffrances,

et moi, je t'écoutais, l'âme transportée

de ces effrois et l'extase au cœur.

Je depeignais des armes le choc, la mêlée et l'élan vigoureux vers la brèche meurtrière.

L'assaut,

lierre horrible aux ongles accrochés à la muraille,

sous le sifflement des flèches.

Puis tu me guidais vers les lumineux déserts,

les sables brûlants, ta terre maternelle.

Tu me contais alors les souffrances subies

et les chaînes, et de l'esclave la peine.

Ton beau visage et tes lèvres frémissantes

de larmes sont attendris par le récit.

Sur mes ténèbres descendaient la gloire, le paradis

et tout le firmament pour me bénir.

Je voyais resplendir la beauté ethérée du génie

sur ton front obscur.

Tu m'aimais pour mes souffrances.

Et je t'aimais pour ta compassion.

Et moi je t'aimais pour tes souffrances.

Et toi tu m'aimais pour ma compassion.

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