Первые 200 строк.
La réalisation de ce film a été une longue et difficile bataille.
Je n'aurai pas pu la livrer sans le soutien et la foi
d'un certain nombre de femmes et d'hommes,
dont quelques uns ne sont plus. Cette oeuvre est aussi la leur.
Je remercie les membres de mon équipe,
ceux et celles qui ont participé aux diverses campagnes de recherches, d'enquêtes, de tournage.
En particulier Irène Steinfeldt-Lévi et Corinne Coulmas qui m'ont assisté,
n'hésitant pas à payer physiquement de leur personne aux heures de danger.
Ziva Postec, qui pendant cinq années
et jour après jour, a monté le film à mes côtés.
Ma gratitude aussi à Yehuda Bauer,
Professeur d'Histoire Juive Contemporaine
à l'Université Hébraïque de Jerusalem,
et à Raül Hilberg, Professeur de Sciences Politiques à l'Université du Vermont (U.S.A.).
"Et je leur donnerai un Nom impérissable." (Isaïe, 56:5)
L'action commence de nos jours, à Chelmno sur Ner, Pologne.
A 80 kilomètres au nord-ouest de Lodz, au coeur d'une région
autrefois à fort peuplement juif, Chelmno fut en Pologne
le site de la première extermination de Juifs par le gaz.
Elle débuta le 7 décembre 1941.
400 000 Juifs furent assassinés à Chelmno en deux périodes distinctes :
décembre 1941 - printemps 1943 ;
juin 1944 - janvier 1945.
Le mode d'administration de mort demeura jusqu'à la fin identique :
les camions à gaz.
Sur les 400 000 hommes, femmes et enfants qui parvinrent en ce lieu,
on compte deux rescapés : Michael Podchelbnik et Simon Srebnik .
Simon Srebnik, survivant de la dernière période, était alors un enfant de treize ans et demi.
Son père avait été abattu sous ses yeux, au ghetto de Lodz,
sa mère asphyxiée dans les camions de Chelmno.
Les SS l'enrôlèrent dans un des commandos de "Juifs du travail",
qui assuraient la maintenance des camps d'extermination
et étaient eux-mêmes promis à la mort.
Les chevilles entravées, comme tous ses compagnons,
l'enfant traversait chaque jour le village de Chelmno.
Il dut d'être épargné, plus longtemps que les autres,
à son agilité extrême, qui lui faisait gagner les compétitions
que les nazis organisaient entre ces enchaînés, concours de saut ou de vitesse.
Et aussi, à sa voix mélodieuse :
plusieurs fois par semaine,
quand il fallait nourrir les lapins de la basse-cour SS,
Simon Sbrebnik, surveillé par un garde, remontait la Ner sur une embarcation à fond plat,
jusqu'aux confins du village, vers les prairies de luzerne.
Il chantait des airs du folklore polonais
et le garde en retour l'instruisait de rengaines militaires prussiennes.
Tous à Chelmno le connaissaient.
Les paysans polonais, mais aussi les civils allemands,
puisque cette province de Pologne avait été annexée au Reich dès la chute de Varsovie,
germanisée et rebaptisée Wartheland.
On avait ainsi changé Chelmno en Kulmhof, Lodz en Litzmannstadt, Kolo en Warthbrücken, etc...
Des colons allemands s'étaient établis partout dans le Wartheland,
et à Chelmno même existait une école primaire allemande.
Dans la nuit du 18 janvier 1945,
deux jours avant l'arrivée des troupes soviétiques,
les nazis tuèrent d'une balle dans la nuque.
les derniers "Juifs du travail".
Simon Srebnik fut exécuté lui aussi.
La balle ne toucha pas les centres vitaux.
Revenu à lui, il rampa jusqu'à une soue à cochons.
Un paysan polonais le recueillit.
Un médecin-major de l'Armée Rouge le soigna, le sauva.
Quelques mois plus tard, Simon partit pour Tel-Aviv
avec d'autres survivants.
C'est en Israël que je l'ai découvert.
J'ai convaincu l'enfant chanteur de revenir avec moi à Chelmno.
Il avait 47 ans.
Une petite maison blanche
Reste dans ma mémoire
De cette petite maison blanche
Chaque nuit, je rêve
Difficile à reconnaître, mais c'était ici.
Ici, on brûlait les gens.
Beaucoup de gens ont été brûlés ici.
Oui, c'est le lieu.
Personne n'en repartait jamais.
Les camions à gaz arrivaient là...
Il y avait deux immenses fours...
et ensuite, on jetait les corps...
dans ces fours, et les flammes montaient jusqu'au ciel.
Jusqu'au ciel ?
Oui.
C'était terrible.
On ne peut pas raconter ça.
Personne ne peut...
se représenter ce qui s'est passé ici.
Impossible. Et personne ne peut comprendre cela.
Et moi-même, aujourd'hui...
Je ne crois pas que je suis ici.
Non, cela, je ne peux pas le croire.
C'était toujours aussi tranquille, ici. Toujours.
Quand on brûlait chaque jour 2000 personnes, des Juifs,
c'était également tranquille.
Personne ne criait. Chacun faisait son travail.
C'était silencieux. Paisible.
Comme maintenant.
Toi, jeune fille, ne pleure pas
Ne sois pas si triste
Car le cher été approche
Et avec lui, je reviendrai
Une chopine de rouge, une tranche de rôti
C'est ce que les jeunes filles offrent à leurs soldats
Quand les soldats défilent
Les jeunes filles ouvrent leurs portes et leurs fenêtres
L'autre survivant : MICHAEL PODCHLEBNIK (lsraël)
HANNA ZAIDEL (lsraël)
Fille de MOTKE ZAIDEL, survivant de VILNA (Lithuanie)
MOTKE ZAIDEL
Forêt de BEN SHEMEN
C'est dans la forêt de PONARI que furent massacrés la plupart des Juifs de VILNA
Forêt du camp d'extermination de SOBIBOR (Pologne)
JAN PIWONSKI
YITZHAK DUGIN, survivant de VILNA
C'était à la fin de novembre 1942...
et comme on nous chassait du travail...
vers nos baraquements, tout à coup,
de cette partie du camp qu'on appelait...
le camp de la mort, jaillirent...
des flammes. Très haut.
Et en un instant tout le paysage,
tout le camp parut s'embraser.
Il faisait déjà sombre,
nous sommes entrés dans notre baraquement,
nous avons mangé...
et par la fenêtre, nous ne cessions pas de voir...
le fantastique arrière-fond de flammes...
de toutes les couleurs imaginables :
Rouge, jaune, vert, violet...
et soudain, l'un de nous se leva...
nous savions...
qu'il était chanteur d'opéra à Varsovie...
Il s'appelait Salve et...
et devant ce rideau de flammes, il a commencé...
à psalmodier...
un chant qui m'était inconnu :
"Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi nous as-tu abandonnés ?"
RICHARD GLAZAR Bâle (Suisse)
"On nous a autrefois livrés au feu,
mais nous n'avons jamais renié Ta Sainte Loi."
Il a chanté en yiddish,
tandis que derrière lui flambaient...
les bûchers...
sur lesquels...
On a commencé, alors, en novembre 1942,
à Treblinka, à brûler les corps.
C'était la première fois que cela arrivait.
Nous sûmes cette nuit-là...
que désormais les morts ne seraient plus enterrés.
Ils seraient brûlés.
TREBLINKA
Un peu plus loin, là-bas, il y avait un socle en béton,
et les os qui n'avaient pas brûlé,
par exemple les gros os des pieds,
nous les...
Il y avait une caisse avec deux poignées...
et nous les emportions là-bas,
où d'autres...
avaient pour tâche de les broyer. C'était très fin,
cette poussière d'os.
Ensuite on mettait ça dans des sacs...
et quand il y avait assez de sacs,
nous allions jusqu'à la Ner, il y avait un pont, là-bas...
et nous les vidions dans la Ner, ça partait avec l'eau.
Ça partait avec le flot.
Etes-vous retournée là-bas ?
Non. J'ai voulu, souvent.
Mais, qu'est-ce que je verrais ?
Comment affronter cela ?
Mes grands-parents sont enterrés à Lodz.
Et j'ai appris par quelqu'un qui y est allé
qu'ils veulent raser le cimetière,
le détruire.
Comment puis-je retourner à ça, visiter ?
Quand sont-ils morts ?
Mes grands-parents ?
Au ghetto, rapidement.
Ils étaient âgés, et après un an,
lui est mort, et elle l'année suivante.
Au ghetto, oui.
PAULA BIREN (Cincinnati - USA) Survivante d'AUSCHWITZ
Le cimetière juif de LODZ aujourd'hui
La ville
PAN FILIPOWICZ
AUSCHWITZ-BIRKENAU
15 km
PAN FALBORSKI
Il y avait un signe,
un très petit signe, à la gare de Treblinka.
Je ne sais pas si c'était à la gare même
ou juste avant.
Sur la voie où nous attendions,
il y avait un panneau très petit :
"Treblinka".
Je n'avais jamais entendu parler de Treblinka,
parce que personne ne connaît, ce n'est pas un lieu,
ni une ville, pas même un petit village.
Les Juifs ont toujours rêvé,
c'était au coeur de leur vie,
au coeur de leur attente messianique,
de rêver qu'un jour ils seraient libres.
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