As primeiras 106 linhas.
Je lis Tolstoï depuis un mois pour vous impressionner,
mais je relis sans cesse la même page tant vous me captivez.
J'espère que vous me remarquerez.
Vous portiez une robe bordeaux
et lisiez Fierce Attachement de Vivian Gornick au 1er étage.
Je regrette de n'avoir osé vous parler.
Ta peau blanche, ta bouche, tes chaussures m'obsèdent.
Moi : brune, grande, gourmande.
Et toi ?
Voilà, Raison et Sentiments.
- Merci. - Mon préféré.
La meilleure façon de découvrir Jane Austen.
- Merci. - De rien. N'hésitez pas, si besoin.
OK.
C'est moi.
Agathe Robinson, c'est moi.
Je vous pensais plus âgée.
J'attendais une vieille dame.
Je suis Oliver Lowe. Je vais vous conduire.
C'est votre voiture ?
Oui.
Je dois vous prévenir
que je ne suis pas très à l'aise en voiture.
Ça me fait paniquer.
Pardon, j'ai la tête qui tourne.
Ça va ?
Je suis désolée.
C'est rien.
- Ça arrive. - Jolies chaussures, au fait.
Merci.
Je vais mieux. On peut y aller.
Vous travaillez pour la résidence depuis longtemps ?
Je suis l'arrière-arrière-arrière- petit-neveu de Jane Austen.
Mes parents gèrent la résidence,
mais je ne fais pas partie du fan-club.
Je dépanne juste car mon père a perdu son permis.
OK.
Et vous faites quoi dans la vie ?
J'enseigne la littérature à King's.
Désolée.
Vous enseignez la littérature,
mais vous méprisez Jane Austen ?
Je trouve son œuvre surestimée.
Son registre est très limité comparé à Dickens ou Shakespeare.
Vous savez où est le problème ?
Quoi ?
Jusqu'à Jane Austen,
les personnages féminins étaient écrits par des hommes.
Elles étaient soit idéalisées, soit diaboliques.
Jane Austen en a fait des êtres humains, c'est tout.
Même capables d'avoir de l'humour.
Attendez.
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien, rien.
Putain de bagnole !
Environ 20 miles.
C'est pas grand-chose, mais...
Je rêve !
- Merci. - Je t'en prie.
Bienvenue à la Jane Austen Residency.
Merci.
Le meurtre est la conclusion logique des révolutions.
Qui ignore le désir de meurtre peut arguer d'opinions subversives,
il n'en reste pas moins un conformiste.
Le féminisme marxiste des discours de Clara Zetkin
dénonce la manipulation des femmes en tant que force ouvrière
et non en tant qu'êtres individuels et pensants.
Mes amis,
nous sommes au complet
pour lancer la résidence.
Cheryl, Olympia, Sybil,
c'est une joie de vous retrouver.
Et bienvenue à notre nouvelle recrue.
De grands livres ont été écrits ici.
Sans oublier les jardins magnifiques.
On est à votre disposition.
On vous souhaite d'être inspirés et on a hâte de vous lire.
Merci, chéri.
Continuez, je vous prie, c'est beau.
Je suis désolée.
Je ne voulais pas déranger. Je ne vous avais pas vu.
J'adore être dérangé.
Les gens n'osent plus, c'est dommage.
Votre maison est magnifique. Vous avez toujours vécu là ?
J'y suis né.
Mes parents en ont fait une résidence d'auteurs,
une fois à la retraite.
Vous me faites penser à lui, d'ailleurs.
À table !
Bonne soirée.
Qu'en pensez-vous, Agathe ?
Moi ?
Je crois que certains livres font partie de nos vies.
Ils pénètrent notre intimité
et s'y installent pour toujours.
Ils nous aident à vivre, nous révèlent à nous-mêmes.
On dit que la littérature est une ambulance
qui fonce dans la nuit pour nous sauver.
Ce n'est pas son rôle !
Pourquoi pas ?
Un auteur ne doit pas forcément être engagé.
Son rôle, c'est avant tout de raconter une bonne histoire.
Pardon, Agathe. C'est très touchant,
mais au XVIIIe siècle,
les philosophes ont préparé la Révolution de 1789.
Au XIXe, le roman dénonçait l'injustice sociale.
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