As primeiras 200 linhas.
J'ai parfois ce rêve.
Dans ce rêve, ma vie est douce et ordonnée.
Déterminée.
Tout a une raison, tout est à sa place,
et je n'ai plus peur.
Parce qu'en quelque sorte, dans ce rêve,
j'ai laissé mon ancien moi derrière :
l'étudiante diplômée, la preneuse de notes compulsive,
l'éternelle questionneuse,
la fille qui cherche quelque chose
pour combler ce trou noir à l'intérieur d'elle...
et calmer sa déperdition.
J'ai laissé tout ça pour devenir quelque chose de plus,
quelque chose de pur,
parce que j'ai enfin trouvé ce que je cherchais,
parce que dans ce rêve, je ne suis pas seule.
Quelqu'un d'autre est là.
Je ne peux pas encore le voir,
mais tout de moi va vers cette personne.
Cette personne était cachée,
mais certainement là.
Et sachant que cette personne est là,
je sens toutes mes peurs commencer à se dissiper,
comme le brouillard monte du lac.
Et puis je me réveille.
Est-ce mal de vouloir trouver quelqu'un
qui peut voir à l'intérieur de toi,
dans les coins les plus sombres de ton cœur...
et t'aime toujours ?
Le 19 septembre 1998,
Oliver Hartwin a pris contact pour la première fois, via Internet,
avec Simon Grombeck.
Dix jours plus tard, ils se sont rencontrés.
Douze heures plus tard, Simon Grombeck était mort.
Quand j'ai entendu les détails de l'affaire,
j'ai pas dormi pendant trois nuits.
Est-ce une coïncidence si, quatre ans plus tard,
je me retrouve à faire mes études supérieures en Allemagne
où, quand nous devrons choisir un sujet de thèse,
et que j'aurais accès aux sujets,
j'ai toujours su que je choisirais :
Hartwin et Grombeck.
Était-ce une coïncidence, ou étais-je censé être ici
où je pouvais voir les maisons où ils ont grandi,
les routes sur lesquelles ils ont marché,
où je pourrais peut-être apprendre à voir en eux,
la façon dont ils s'étaient vus l'un l'autre.
Oliver Hartwin voulait manger quelqu'un.
Simon Grombeck voulait être mangé.
Ils formaient un couple parfait.
Comment se passe ta thèse ?
Elle écrit une thèse pour sa...
Kriminalpsychologische Vorlesung.
Cours de psychologie criminelle. C'est sur Oliver Hartwin.
Pourquoi voudriez-vous écrire sur lui ?
Parce qu'elle est malade et tordue.
- Merci, Margit. - De rien.
De quoi parle la thèse ? Du procès ?
Non, c'est plus psychologique.
Aucun de nous n'a de vie parfaite,
mais des gens comme Oliver Hartwin et sa victime Simon Grombeck,
ont fait ce plongeon dans les ténèbres qui m'intrigue.
Je veux dire, pourquoi eux et pas nous ?
Eh bien, il l'a mangé vivant, non ?
Que le pénis. Il a gardé le reste pour plus tard.
- Quoi ? - Oui.
Grombeck, la victime
il était sous sédatifs à l'époque.
Une demi-bouteille de vodka, deux bouteilles de sirop contre la toux...
et tout un paquet de somnifères.
Hartwin a mangé 23 Kg de lui, de Grombeck.
Il a commencé à manquer de viande,
il a posté une autre annonce sur Internet,
à la recherche d'une nouvelle victime.
Puis quelqu'un a réalisé qu'il était sérieux,
et l'a dénoncé à la police.
Apparemment, les gens ont le goût du porc.
Bon à savoir.
Tu vas chercher la vidéo, celle que Hartwin a faite ?
Le déjeuner d'Hartwin, le meurtre ?
C'est pas un meurtre si tu veux te faire tuer, non ?
- Attend. Il y a une vidéo ? - Oui !
L'homme a tout enregistré sur bande.
Tu en sais beaucoup sur ça !
Elle me transmet sa maladie.
Je suis pas malade.
C'est de la curiosité morbide. On l'a tous.
Quoi qu'il en soit, j'adorerais voir la cassette.
- Tu pourrais vraiment regarder ça ? - Je sais pas.
Mais ça n'a pas d'importance. Elle n'a jamais été divulguée.
Les seules personnes à avoir vu la cassette c'étaient les flics,
les avocats, les psychiatres et le jury.
En fait, je... Je pense que c'est vraiment triste.
Tu sais, ils étaient si seuls
qu'ils devaient créer ces vies secrètes.
Pense à ce que c'est,
être si seul que tu passerais par des mesures si extrêmes
pour être compris,
pour enfin te sentir en sécurité.
Cette maison
je supporterais pas d'être seul ici.
Mais je suis pas seul. Je suis avec toi.
Ce qui semble être une caractéristique commune
chez de nombreux cannibales,
que beaucoup d'entre eux ont été diagnostiqués schizophrènes
ou une autre forme de trouble de la personnalité.
Cette théorie suggère qu'il peut y avoir
un composant neurochimique sous-jacent
liés au comportement cannibale.
De nombreux cannibales ont reçu un diagnostic de schizophrénie.
Oliver Hartwin a localisé sa victime Simon Grombeck
dans un tchat cannibale sur Internet.
Lorsque les psychologues ont examiné le cas,
il a été révélé que l'enfance traumatisante de Simon
à commencer à l'âge de neuf ans par le suicide de sa mère,
lui avait causé une culpabilité si irréparable
qu'il n'a jamais pu la surmonter.
Il t'a tout dit sur Simon ?
Et lui ?
Elle l'a surpris en train de jouer au docteur
avec un autre garçon.
Probablement qu'une phase.
Je lui ai dit que ça arrivait.
Ça ne veut rien dire.
Dommage de s'énerver pour si peu.
"Et chaque soir...
"l'obscurité tombe sur la forêt.
"Les animaux sauvages viendront bientôt
"les mettre en pièces."
- Papa ? - Oui.
Pourquoi maman ne vient pas me lire ?
Maman a dû se coucher tôt. Elle était fatiguée.
Elle m'aime plus, alors ?
Bien sûr que si. Pourquoi tu dis ça ?
Simon a vécu avec son père jusqu'à
ce qu'il rencontre son compagnon : Felix Schneider.
à la trentaine.
Même chose ?
J'aime le plastique C'est tellement chic
Et fantastique Je veux du plastique...
- T'aimes la musique ? - Hein ?
La musique. T'aimes ça ?
Oui.
.
.
.
.
.
D'accord.
Fini.
Je sais ce que ça veut dire.
"Pour toujours."
L'union sexuelle.
Deux ne font qu'un.
Complétude.
Je me plais ici.
C'est beau.
Je ne peux pas croire que
les gens puissent vivre ici toute leur vie
sans jamais y entrer.
Pourtant, des inconnus entrent et sortent tous les jours.
Eh bien, montre-moi, fais le guide.
Je veux tout voir. S'il te plaît.
On se donne pas en spectacle.
Personne fait attention à nous.
Ils s'en moquent.
Je vais me montrer.
Felix.
Felix.
Hé, je suis désolé.
Non c'est bon.
Parfois, je ne me contrôle pas.
Je devrais pas être si pressé.
Tu veux toujours manger ?
- Bien sûr. - Oui ?
- J'ai apporté à manger. - Ok.
Allons là-bas.
Tiens, je les ai faits ce matin.
Mmm.
T'as déjà fait quelque chose
quelque chose que tu regrettes ?
À qui c'est pas arrivé ?
Non, je veux dire
quelque chose d'énorme, quelque chose...
qui ne peut être réparé.
Tu as fait quelque chose ?
Je parle juste.
Non, non, non, non, non.
Je ne comprends pas ta question.
Comment tu réparerais ça ?
Réparer le non réparable ?
Dieu, c'est difficile.
Tu pourrais récompenser l'autre.
Et si la personne
est morte ?
Tu sais, je crois qu'il s'agit de faire bien les choses
comme tu peux,
agir en harmonie avec l'univers.
Imagine une culpabilité qui grandit, grandit
jusqu'à ce qu'elle t'ai avalé
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