As primeiras 200 linhas.
Salut, les khel. 30 euros.
30 euros le ticket, 5 heures de gagnées.
C'est pas cher. Tu fais pas la queue.
30 euros, ça t'intéresse, mon frère ? Qui veut passer ?
Voleur !
Voleur, moi ? Garde les chameaux, les Bédouins.
Oui ? 30 euros.
Tu as quel numéro ?
Le 22. Tu passes dans 10 min. Et toi ?
312.
312? Reviens dans 2 ans et demi, cousin.
OK.
20 euros ?
26. Je suis venu hier pour choper le ticket.
- 24. - 25.
Yallah !
Vite, Chinois. Donne-moi l'argent.
Et pas que des pièces jaunes.
Papiers.
Bien sûr, M. l'officier.
Passeport,
carte de séjour.
Tout est en règle.
Comme indiqué, je suis Massoud Karzaoui, né le 13 octobre 1979 à Kaboul.
Capitale de l'Afghanistan.
Quand même ! On va bien le soigner.
T'es recherché, connard.
Recherché par la police ? Mais j'ai rien fait.
T'as agressé une vieille avec un couteau pour son sac.
- C'est pas moi. - Foutez-lui les pinces.
Attendez. Je suis pas Massoud Karzaoui.
La tête de ma mère, c'est une erreur "judicieuse".
Wallah, je te jure, je dis la vérité.
C'est pas mes papiers.
Je les ai volés à un Afghan. C'est lui, Massoud Karzaoui.
Comme sa tête, c'est un peu ma tête,
j'ai fait pousser la barbe. Et voilà !
Voilà, quoi ?
Je savais pas pour la vieille. Ou j'aurais volé d'autres papiers.
- Allez, on l'embarque. - Quoi ?
Je suis Akim Aït-Boulfouz. Je suis algérien, de Kabylie.
Je suis né à Tizi Ouzou.
C'est lui !
3 mois ferme
et expulsion du territoire.
Avec interdiction de séjour pendant 10 ans.
Ça veut dire quoi ?
Qu'après la prison, vous serez expulsé à Kaboul.
Je veux pas aller à Kaboul, je suis kabyle.
3 mois, ce n'est pas si mal, M. Karzaoui.
Je suis pas Karzaoui.
Non ! Maria ?
Elle a ouvert un compte Facebook pour essayer de me piéger.
Je ne suis pas Alain Traoré, chef.
Elle m'a demandé en ami avec une photo de profil de bombasse.
T'imagines, la vicieuse ?
C'est infecte.
Je m'appelle Robert Traoré. Pas Alain.
- Tu as pas répondu ? - Non. Je me suis méfié.
Elle était trop bonne, la meuf.
Je suis Robert, Robert comme le dictionnaire.
En Afrique, on a des grands Robert.
Tu l'aimes ?
Je suis fou d'elle.
C'est un autre Traoré. C'est différent. C'est un homonyme.
Épouse-la, fais-lui un gosse.
- Elle en a un. - Un de toi.
Elle arrêtera de te fliquer.
Sylvie, je lui ai collé 3 marmots, et je suis le roi du monde.
Les Traoré, c'est comme les Dupont.
Regarde-moi ces hôtesses !
Bon, je les branche pour ce soir.
Commence pas, Guy.
Au fait, tu as eu Mercier ?
Rien de neuf. Il me balade.
Je suis pas ivoirien.
C'est mort pour moi, la BRB. Je vais finir dans ces putains d'avions.
Pourquoi Abidjan ?
Y a pire comme carrière.
Je t'écoute ?
La BAC de nuit à Villetaneuse, crois-moi...
Cotonou !
Cotonou !
Je prends Villetaneuse.
Moi aussi !
Tu as lu dans ma bouche. J'ai dit "ville", tu as dit "tanneuse".
On a pensé pareil.
Je te jure !
T'es gentil comme un poulet rôti.
Ferme ta gueule !
- Dis-le et je... - Tu nous fatigues.
C'est pas la peine de...
J'aime pas quand tu les tutoies, c'est un manque de respect.
On les envoie pas au Club Med.
Oui. C'est pas le Club Med.
C'est une erreur judiciaire.
Je suis Robert Traoré. Vous dites Alain. Quel Alain ?
C'est pas notre problème, monsieur.
Nous, on fait notre boulot.
Un bon voyage. Un bon vol.
Alain Traoré !
Tu me reconnais pas ?
Abdoulaye Zokora !
Qui ? On se connaît ?
- Oui ! - Va !
Tu insistes ? J'ai dit "va" du verbe valloir.
Tu n'as pas les papiers et on te renvoie au pays.
Je vais t'attacher. L'amitié, c'est pas une prise en charge.
Tu as les papiers, toi ?
"J'ai mes papiers."
Tu as fait tout ce chemin pour nettoyer des chiottes ?
M. J'ai-mes-papiers. Ambassadeur de caca !
Calmez-vous !
Je suis Alain Traoré. Je suis fier d'être ivoirien.
Je rentre chez moi, la tête haute. Avec des bracelets.
Faites très attention.
Je vais vous bâillonner.
Rien de spécial.
Je mange avec Guy, et après, dodo.
On repart tôt demain.
Passe-moi Antoine.
Il dort.
Tu lui feras un bisou pour moi.
Oui. Je vais au lit aussi.
Bonne nuit, mon amour. - Bonne nuit.
Dis-moi que tu m'aimes.
Je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
Tu fais quoi ?
On t'attend !
Elles sont déjà pétées.
Je peux te dire qu'elles sont bouillantissimes.
Ça va bastonner toute la nuit ! - Laisse tomber.
Je reste là, loin des histoires.
Pardon ?
Détends-toi.
On va se manger un morceau avec elles.
Après, on ira se coucher. C'est tout.
Alors ?
On se fait désirer ?
Excusez-moi. J'étais au téléphone avec ma femme...
Et elle va bien ?
Oui, merci.
Vous auriez peur de nous ?
- Non. - On mord pas, vous savez.
Enfin, quand on n'a pas picolé.
Je te l'avais dit.
On n'est pas bien ? - Tu fais chier, Guy.
J'ai chaud !
Je vais me mettre en slip. J'adore danser en slip.
Elle plaisante pas.
Elle va vraiment le faire.
Je vais y aller, moi.
Et moi aussi.
Faut que j'y aille.
Non, attends.
Ne croyez pas les ragots sur les hôtesses.
Tout est faux.
Un tissu de mensonges.
C'est Maria.
Ne décroche surtout pas.
Impossible. Coupez la musique.
La musique !
Seul sur le balcon de ma chambre.
T'as bu ?
Quelques verres avec Guy.
On se rhabille ?
Non. Y en a pour 5 minutes.
Je dois faire pipi.
Pas un bruit, surtout. Tu tires pas la chasse.
D'accord.
- Tétais pas couché ? - Si. J'ai eu une insomnie.
Bizarre.
Avec moi, t'en fais jamais.
T'es parano. Détends-toi.
- Tu veux que je me détende ? - Oui.
Branche Skype.
Qui ?
Skype, maintenant ?
J'ai envie de te voir.
La vicieuse a installé Skype.
Je raccroche et je branche Skype.
- Je raccroche. - A tout de suite.
Cassez-vous !
Allez ! Comment ça ?
Allez. Viens.
Occupé !
Et merde !
Non ! Non !
Si, allez !
Bouge !
- Mais... - Y a plein de noirs.
Ouvre. Faut qu'on se cache.
- Julie, ouvre ! - Je peux pas.
Mais si, tu peux !
J'ai menti.
J'ai la tourista. - La conne !
Qu'est-ce qu'on fait ?
Mais où ?
Où ?
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