Sunday Encounter

Sunday Encounter (Un drôle de dimanche)

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Publicado em: 2026-08-04
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UN DRÔLE DE DIMANCHE Adapté et amélioré par BuStEl

Publiparis, j'écoute ? Non, il n'est pas là.

Si on me demande, je suis chez le président.

Bien, M. Brévent. Publiparis, j'écoute ? Ne quittez pas.

Savez-vous où est Brévent ? On l'attend pour la projection.

M. Brévent est chez vous, M. le président.

- Chez moi ? - Oui, M. le président.

Messieurs, il paraît que Brévent est ici.

Mais où se cache-t-il ?

- M. Brévent, je vous en prie... - Je n'ai pas le temps.

- Ah, vous êtes déjà là ? - Il y a un moment que nous vous attendons.

Trop tôt, c'est trop tôt ; trop tard, c'est trop tard !

- Ce n'est plus l'heure ! - Mais je travaille, moi.

- Ce qu'il faut entendre ! - Mon vieux,

- Les cimetières sont pleins d'indispensables. - Vous vous croyez drôle ?

"Celui qui engendre la mélancolie court en vain après Dieu".

- Ridicule ! - Saint-Augustin !

Ça suffit, ne faites pas venir les Pères de l'Église !

Puis-je vous rappeler qu'on est ici pour voir votre film

sur les vêtements Galbard, pas vos formules lapidaires ?

Mais visionnons donc !

Roulez !

Ici, il y a le titre. Il n'est pas fait, évidemment.

Ah, il faut que je vous prévienne.

C'est une idée un peu particulière.

Je me suis écarté des éternels : «adoptez Flic», «sourire Floc»,

"lavez plus blanc avec ça".

Il ne s'agit pas de savon, mais des vêtements Galbard !

Bon bon, je me tais. Ce sera une surprise.

Mais qu'est-ce qu'il leur arrive, à ces malheureuses ?

- Elles sont désespérées. - Pourquoi ?

À cause de Galbard !

Pas possible. Comment ça ?

- Ce sont des femmes. - Et alors ?

Alors, Galbard n'habille que des hommes.

Forcément, les femmes ne sont pas contentes.

Elles pleurent.

Alors ?

Et vous, mon petit, qu'est-ce que vous en pensez ?

Je ne comprends pas très bien, mais j'adore ça.

- Et vous, Chartier ? - Ça me paraît un peu confidentiel.

L'idée est amusante, mais elle n'est pas très grand public.

Elle est trop négative, pas assez percutante.

C'est "confidentiel", "pas public",

"négatif" et "pas percutant".

En somme, ça ne vous plaît pas tellement.

On vous avait dit de tout axer sur "Galbard habille les vedettes".

Mais je me suis renseigné. Galbard n'habille pas des vedettes.

- Vous avez trouvé le slogan ? - Oui, ça vous étonne ?

- Ça me laisse pantois. - Je le trouve assez plaisant,

quoiqu'un peu terre-à-terre. Le voici :

"J'ai 2 grands bœufs dans mon étable,

et 2 Galbards dans ma penderie !"

Mais non, mon vieux !

Un slogan est basé sur la consonance !

"Un meuble signé Rataplan est garanti pour longtemps !"

"-an" et "-en", c'est bon !

Pour "Galbard", pensez en "-ard".

"Un vêtement Galbard, tinani, tinanarre".

Tinani, tinanarre ? Merci.

Ça va m'aider énormément.

Il est impossible.

Il a de temps en temps une idée sensationnelle !

- Une fois par an. - C'est mieux que jamais.

Une bonne idée vaut son pesant d'or !

Brévent nous a décroché de très gros contrats.

Il a un passage à vide. Ça arrive à des gens très bien.

Et puis ça ne regarde que moi.

Passez-nous le film sur les chemins de fer.

Tinani, tinanarre !

C'est pas commode !

Des rimes en "-ar"...

Voyons...

"Avec Galbard, costard... hilare... flambard... chauffard..."

On doit pouvoir faire...

Connard !

Je suis le roi des connards, je m'habille chez Galbard !

Ça rime, mais ça va pas leur plaire.

- Alors... euh allô ? - Allô ?

- La cantine ? - Oui, monsieur.

Ici Brévent. J'ai faim.

Montez-moi quelque chose dans mon bureau.

- Quoi, monsieur ? - Ce que vous voudrez.

Homard, steak tartare, du gros pinard, un petit cigare, le tout dare-dare comme Galbard !

Je vais toujours lui monter un hot dog.

Galbard habille les tsars.

C'est trop tard.

Bon Dieu de bois, faut que je trouve !

Entrez !

Pour s'habiller chez Galbard, pas besoin d'un milliard. Ça vous plaît ?

- C'est bébête. - C'est bébête ?

- Que m'apportez-vous là ? - Je n'ai pas très bien saisi la commande.

Ça fait rien. Vous êtes gentille tout de même.

J'ai pensé à quelque chose, M. Brévent.

Jolie comme vous êtes, vous pensez ?!

Ma ravissante enfant, ne cherchez pas à penser.

C'est un métier et ça s'apprend. D'ailleurs...

On pense toujours moins que l'on ne pense.

On croit penser, et l'on rêve.

J'ai une idée de slogan : "bravo, Galbard !"

Bravo, petit canard !

Quelle gourde, alors !

Et dire qu'elle a peut-être raison !

- Allô ? - Ne quittez pas.

Pour vous, M. Brévent. De la part de Mme Armier.

Qu'est-ce qui vous arrive ?

Rien, c'est la moutarde.

Mme Armier ? Passez-la-moi. Merde, ma saucisse !

Ah, c'est vous Juliette ? Excusez-moi.

J'étais en train de parler avec un collaborateur.

Allô, mon petit Jean, écoutez-moi. Très important.

Caroline est sous la douche, j'en profite. Voilà :

elle veut épouser un trompettiste.

- Un trompettiste ? Un Noir ? - Non, il est blanc.

Plus exactement, il est vert.

Vous pensez, il joue toute la nuit à l'Éléphant rouge !

Je ne vois pas le rapport.

Voilà mes élèves qui arrivent.

Attendez une seconde. Je vais dans votre chambre.

- Ne quittez pas. - Je ne quitte pas.

- Marie-France ! - Oui, madame ?

Tu raccrocheras dès que j'aurai décroché dans la chambre de M. Brévent.

Bien, madame.

- Et n'écoute pas ! - Oh, madame !

Commencez à répéter, mes enfants. Ne m'attendez pas.

- Tu peux raccrocher, petit ! - Bien, madame.

Voilà, on a raccroché.

Allô ? Vous êtes toujours là, Jean ?

- Ah, ma saucisse ! - Vous m'écoutez, oui ?!

Oui, je vous écoute. Et alors ?

Vous connaissez Caroline, c'est encore une môme. Et pas très fute-fute.

Hein ? Oh

Il faut absolument lui parler en rentrant.

Maman, tu profites de ma douche ! Tu triches ! Je ne me lave plus !

Pour ce que ça te changera !

Jean, ne l'écoute pas. Elle triche.

- Lâche cet appareil ! - Je veux lui parler !

- Laisse-moi finir ! - Tout de suite !

Chacun son tour !

Je ne veux pas qu'elle épouse un trompettiste !

C'est un garçon formidable ! Maman a des préjugés bourgeois !

Moi, des préjugés bourgeois ? Ça, c'est trop fort !

Comprenez-moi bien, Jean. À 14 ans, j'étais aux Folies-Bergères.

À 18, à la Comédie française.

J'ai fait le Sahara à dos de chameau avec le fils du pacha.

J'ai chanté à Hambourg.

J'ai un drôle de curriculum !

Mais quand il a fallu se marier, j'ai quand même épousé un préfet.

Eh bien moi, ce sera un trompettiste !

- Bravo, Caroline ! - Vous êtes fous ?!

Ayez au moins une opinion !

Il s'agit de la situation de Caroline. C'est très sérieux.

- Bonsoir, Brévent. - Excusez-moi, patron.

Ajournez le débat jusqu'à mon retour.

Je l'ordonne ! Je suis le père spirituel de Caroline, oui ou non ?

Bien, Jean.

C'est Mme Armier, ma logeuse.

Mme Armier, l'actrice ?

- Bonjour, M. Brévent. - Bonjour, Mlle. Elle me loue une chambre.

Quand vous déciderez-vous à prendre un appartement ?

Moi ? Jamais, patron. Chez Mme Armier, c'est gai, vivant.

Je me barbe tout seul dans la vie.

Puis-je te demander de m'attendre une minute à côté ?

Un problème urgent à résoudre.

À nous deux. Que faites-vous encore ici ?

- Je bosse, patron ! - Oh oui, je vois.

En ce moment, vous voyez,

je pète le feu !

Quand vous faites le clown, c'est que ça ne va pas.

Je vous connais depuis trop longtemps. Alors quoi, Jean ?

Si tous les hommes plaqués par leur femme perdaient les pédales,

90 % des affaires seraient en faillite.

Oui, votre femme part mais il reste Galbard !

Ne faites pas l'idiot, mon vieux !

C'est un ordre, mon colonel ?

Il y a longtemps que je ne suis plus votre colonel, mais je reste votre ami.

Ben j'avoue, j'aime toujours ma femme.

Catherine... C'était un ange, vous savez ?

Vous me cassez les pieds avec Catherine. Secouez-vous, bon sang !

Trouvez-vous une belle fille et n'en parlons plus !

Mais je n'en parle jamais.

Vous y pensez sans arrêt. Ça n'arrange rien.

- Que dire ? - Ne dites plus rien, mon colonel.

- Laissez-moi travailler. - Ça suffit pour aujourd'hui.

Venez, on ferme. Il est tard.

Il n'est jamais trop tard pour dire Galbard.

D'accord, venez.

- Elle est quand même bien, votre voiture. - Très gentille.

- Et ça marche ? - À l'essence, oui.

J'aime mieux la mienne.

J'attends la petite avec les journaux. Salut, mon vieux.

Au revoir, patron.

Catherine !

Catherine...

Laissez-moi passer !

- J'ai priorité ! - Arrêtez !

- Député ! - Vous n'avez pas honte ?!

Un carnet.

- Combien de tickets ? - Gardez tout.

- Toi ? - Oui moi, pourquoi ?

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