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Ikal !
LE DERNIER WAGON
Pour être des nôtres, tu dois réussir le test.
Pourquoi tu t'arrêtes ? Tu as peur ?
J'ai pas peur.
C'est pas une bonne idée.
Je le vois.
Vas-y.
Ma grand-mère m'a dit que des fois les esprits des morts
restent et errent.
Faut pas la croire.
Tu as peur des morts ?
J'ai plus peur des vivants.
Vous entendez ?
Quoi ?
- Un bruit. - Le ventre de Tuerto.
Et si le mort nous courait après ?
Mais non, et on sait même pas s'il est mort.
Vous entendez ?
Allez, touche-le.
Laisse-le, Chico !
Il est mort.
Eh !
Je suis ton ami.
C'était ton maître ?
Tu veux être mon ami ?
Maîtresse, je vous jure qu'il était mort.
Arrête de me tirer, je vais tomber.
Et si le nouveau avait été mangé ?
Qui aurait mangé qui ?
Ben, le monstre.
Calmez-vous.
Respirez. Respire.
Dites-moi. Qu'avez-vous trouvé ?
Un mort ou un monstre ?
Un mort,
mais on marchait et un monstre est apparu.
Et où est le nouveau ? Qui est-ce ?
C'est lui, maîtresse. Le voilà !
Il a survivré !
On dit "survécu", Tuerto.
Alors, c'est lui, le nouveau.
Merci, Roberto.
À bientôt, madame.
Les enfants.
Le policier dit que c'était un vagabond.
Ils vont tenter de l'identifier
pour pouvoir prévenir la famille.
Le nom du nouveau ?
Ikal Machuca.
Enchantée.
Tu es avec les ouvriers ?
Oui.
- Quand iras-tu à l'école ? - Il y a une école ?
Bien sûr.
Et ici, tous les enfants doivent aller à l'école.
Tu veux une cigarette ?
Bonsoir, Bety.
Bonsoir.
Bonsoir, madame.
Bonsoir, messieurs.
- Papa. - Ikal.
Où tu étais, fiston ? Hein ?
Madame Georgina.
Bonsoir, monsieur.
Je suis la maîtresse.
Je te jure, papa.
C'est lui qui m'a adopté.
Fiston, toi et tes histoires.
Tu m'as dit de me faire des amis.
Mais je ne t'ai pas dit d'aller chercher un mort.
Dans quelle classe es-tu, jeune Ikal ?
Je sais pas.
Il ne sait pas ?
On voyage beaucoup.
Il n'y a pas d'école là où on va, hein ?
Envoyez-le-moi. J'évaluerai son niveau.
Sais-tu lire ?
Ben,
quelques lettres, des dessins.
Mais quel âge a cet enfant ?
Il doit acquérir certaines compétences à son âge.
Je l'enverrai à l'école demain.
Je veux pas aller à l'école.
Tu feras ce que la maîtresse et ta mère te disent.
- Et si c'est mal ? - Seigneur.
Arrête. Et dis au revoir à ce chien.
Tenez, madame.
- Ça fait envie. - J'espère que vous aimerez.
Vous allez bien ?
Elle est un peu malade depuis quelques jours, mais…
elle se remet.
Tout va bien, madame.
Ikal et mon mari prennent soin de moi, hein ?
- Quetzal pourrait aussi. - Fiston.
Le docteur nous interdit d'avoir des animaux.
Je te promets qu'on aura un chien un jour.
Pourquoi je peux pas être comme les autres ?
On va de village en village, comme des sauterelles.
Je trouve enfin un ami, et vous me laissez pas le garder.
- C'est injuste. - C'est la vie.
Si elle est injuste, je peux garder le chien ?
Je vous interromps, pardon,
mais si vous laissez Ikal garder le chien,
il pourra dormir à l'école la nuit.
Et je m'occuperai de le nourrir.
Tant que cet enfant apprend à lire.
- Merci, maîtresse. - Ce sourire.
Je n'ai jamais vu un enfant si heureux d'apprendre.
- Je vais avoir un chien. - Pas encore, jeune homme.
Tes parents n'ont pas dit oui.
S'il vous plaît.
D'accord.
Tu peux garder le chien.
Si tu finis tes tamales,
ils vont être froids.
Mange.
Quetzal !
Viens.
Allez.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Tu le gardes ?
Oui, il est à moi.
Mais la maîtresse le laisse dormir ici.
Bonjour.
Bonjour, les enfants.
- Ma classe est où ? - Il y en a qu'une, idiot. Viens.
Bienvenue, Ikal.
Merci.
Reste ici.
Et au nord, on a le Rio Grande.
Voyons.
Qui peut me parler de ce fleuve ?
Moi.
Que peux-tu me dire, Diana ?
C'est celui qu'on traverse pour être améxicain.
Oui.
Oui, Diana a raison.
Devant, il y a les petits.
Titi, Diana la Dynamite et Carola.
Faut pas les chercher. Elles rigolent pas.
Il y a aussi Juani.
Le petit frère de Tuerto.
Et mon groupe ?
Celui des chauves.
Avec Chesco, Tuerto, Uriel,
Olivia et Lupe.
- Pourquoi "chauves" ? - Ils ont eu des poux.
Et au fond, il y a les sans…
Les "sans" quoi ?
Valeria, au tableau, s'il te plaît.
Montre-moi le fleuve le plus important de notre État.
- Allez. - Oui.
Vers quel fleuve merveilleux
se sont envolées tes pensées, jeune Ikal ?
Si tu veux apprendre,
tu dois être attentif aux leçons.
Voyons.
Peux-tu nous lire ceci ?
Lis.
"La…"
C'est bon.
Viens me voir après la classe, compris ?
C'est compris ?
- Réponds quand on t'interroge. - Oui, maîtresse.
- Eh, tu veux jouer ? - Oui.
MERCI DE METTRE LES DÉCHETS À LA POUBELLE
- Salut. - Salut.
- Tu en veux une ? - Merci.
- De rien. - Dans quel groupe vous êtes ?
Nous ? On est les sans-le-sou.
Tu remets ça ? C'est faux.
On sera pauvres comme nos parents
et comme nos grands-parents.
Pourquoi tu dis ça ?
T'es pas d'accord, mais ta famille a des terres.
La mienne a rien.
Ils bossent pour ce que le patron leur accorde.
Je serai conducteur de locomotive
à l'Union Pacific.
Et je parcourrai le monde en train.
Je travaillerai dans notre ferme.
Je traverserai le Rio Grande et deviendrai millionnaire aux États-Unis.
En faisant quoi ?
Je sais pas.
Tu parles même pas bien ta langue.
Tu vas pas apprendre l'anglais comme ça.
Je sais parler anglais.
Imbécile.
Tu feras quoi quand tu seras grand ?
Tu seras cheminot ?
Je sais pas.
Je sais même pas ce que je fais aujourd'hui.
Moi, je sais.
Tu vas aller voir la maîtresse.
… deux, trois.
On doit arriver à 2 000 et rattraper le temps perdu.
La pluie arrive, les choses vont se corser.
- Alors, du nerf. - Mon bout est plus lourd.
Elle est bonne, celle-là.
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