De eerste 200 regels.
Je m'appelle Richard.
Que voulez-vous savoir d'autre ?
Des trucs sur ma famille ou d'où je viens ?
Tout ça n'a aucune importance.
Pas après avoir traversé l'océan et coupé les amarres,
à la recherche de la beauté, de l'aventure,
et oui, je le reconnais, du danger.
Donc après 18 heures au fond d'un avion,
trois films idiots, deux repas insipides, six bières et pas une minute de sommeil,
j'ai enfin atterri... à Bangkok.
Tu veux aller à la cascade ? Le marché flottant ! 1500.
Pas cher pour toi ! Allez !
Hé ! Tu as besoin d'un endroit où dormir ?
- Je trouverai moi-même, merci. - Comme tu veux, mon pote.
Et voilà. Bangkok.
La ville du plaisir.
La porte vers l'Asie du sud-est.
Où dollars et marks se transforment en fausses montres et vraies cicatrices.
Garçon ! Fille ! Baiser ! Pas de problème !
Les affamés viennent se nourrir ici. - Tu veux boire du sang de serpent ?
Une minute. Tu as dit sang de serpent ?
Oh, ouais !
- Non, merci. - Où est le problème ?
- Ça ne m'attire pas. - Tu as peur, peut-être.
- Peur de la nouveauté. - Ça ne m'attire pas, c'est tout.
Comme tous les touristes ! Vous ne voulez aucun risque.
Comme en Amérique !
Donc, ne refusez aucune invitation.
Ne résistez pas à l'inconnu.
N'oubliez jamais vos manières.
Messieurs,
c'était délicieux.
Et ne vous éternisez jamais.
Gardez l'esprit ouvert et imprégnez-vous de vos expériences.
Et si ça fait mal,
ça en vaut sans doute la peine.
Bonsoir.
Une chambre, s'il vous plaît.
Le seul problème, c'est que tout le monde a eu la même idée.
On fait tous des milliers de kilomètres
pour regarder la télé et prendre un hôtel tout confort.
Et on se demande...
On va nettoyer ça en un éclair, ne vous inquiétez pas !
...quel est l'intérêt de tout ça ?
Merci.
Bonsoir.
Et pour ce qui est de voyager seul,
ras le cul !
Si ça doit être comme ça, alors c'est comme ça.
Vous avez tous la pêche ?
Vous passez un bon moment, hein ?
Va te faire foutre ! Va te faire foutre !
- Taisez-vous, OK ? - Connards de parasites !
Virus !
Super, putain ! Des cancers !
Conneries de cancers !
Un gros Charlie costaud qui bouffe tout le putain de monde !
Hé !
Hé, toi !
- T'as de la dope ? - Non, je n'ai pas de dope !
C'est pas un problème, mec, parce que...
j'ai des tonnes de cette merde.
Tu vois ce que je veux dire ?
Non, tu vois pas.
Non, t'as raison. Je ne vois pas.
Ça va mieux !
Merci.
C'était la plage. Tu comprends ?
La plage. Elle était... trop belle.
Trop d'émotion, trop de sensations. J'ai essayé de garder le contrôle,
mais ça n'arrêtait pas de déborder, encore et encore.
Tu vois...
Elle est sur une île.
Et l'île est parfaite.
Je parle de la vraie perfection, là.
Je ne veux pas dire style... "Oh, c'est mignon."
C'est pour de vrai, putain, OK ?
Elle est parfaite.
Tu vois, c'est comme une lagune.
Tu sais, une lagune à marée.
Entourée de falaises.
Complètement secrète, complètement...
interdite.
Et personne ne peut jamais
y aller. Jamais.
Mais il était une fois, quelques personnes y sont allées.
Des hommes et des femmes avec des idéaux. Tu comprends ?
Je ne parle pas des putains de branleurs habituels en vadrouille.
Tu crois à cet endroit ?
Non.
Mais tu vas me dire que je devrais, c'est ça ?
Ce que je pense n'a plus aucune importance.
La balle est dans ton camp.
Des idéaux, hein ?
On n'était que des putains de parasites !
Le gros Charlie costaud !
Tu vois, c'était moi qui essayais de trouver le remède.
Le fournisseur de remède.
Je leur ai dit : "Vous devez partir."
"Vous devez quitter cet endroit."
Mais ils m'ont pas écouté.
Le prends pas mal, mais...
t'es à la masse, non ?
Richard, tiens.
Ça m'a fait plaisir de te rencontrer, mec.
Ouais. Moi aussi.
Faites attention ! Électricité !
- M'dame ! - Cool, monsieur !
Pas de problème !
Hé ! Monsieur.
Vous avez du courrier.
- Du quoi ? - Une lettre sur votre porte.
Putain, c'est pas vrai !
Vous...
Y a quelqu'un ?
On espère
et on rêve,
mais on ne croit jamais que quelque chose va nous arriver.
Comme dans les films.
Et quand c'est le cas,
on voudrait que ça nous semble différent.
Plus viscéral.
Plus vrai.
J'attendais que ça me frappe.
Mais ça ne venait pas.
Nom : M. Daffy Duck.
Lieu de naissance : Pays imaginaire.
Ça va foutre en l'air toute la paperasse.
La police était furieuse parce qu'il voyageait avec un faux passeport.
Allez, signe la déposition.
C'est bon.
Ça dit juste qu'il s'est ouvert les veines, qu'il était mort quand tu l'as trouvé.
Mais ils ne m'ont rien demandé sur la carte, alors...
Aucun problème.
Je ne leur ai rien dit.
Bonne journée.
Bonne chance !
Pardon.
Écoute. Je veux dire,
cette île n'existe peut-être même pas.
Et même si elle existe, je ne sais pas si on peut y aller ou pas.
Je me demandais si tu voulais venir avec moi. C'est tout.
Hé ! Tu veux partir en vadrouille ?
Heu... en balade, en voyage ?
Avec ta copine et moi ? Je veux dire, vous deux et moi. Ensemble.
Je parle de l'île secr...
Tout le monde essaie de faire autre chose, mais...
on finit toujours par faire la même chose.
J'ai réalisé que je n'avais aucune idée de la façon dont j'allais y aller.
Mais Étienne,
je dois le reconnaître, ce type était génial.
Je veux dire, il a tout organisé : les billets,
les horaires, tout le putain de voyage.
De Bangkok à Surat Thani. De Surat Thani à Na Thon.
De Na Thon à Chaweng.
750 km en 24 heures, pour moins de 400 bahts.
Croyez-moi, c'était une excellente affaire.
On était en route pour l'inconnu.
Mais pour y aller, on devait suivre les sentiers battus.
Tout est organisé. Demain matin. 1800 bahts.
Génial, mec. Beau boulot.
Il y a un problème. Il ne nous emmènera pas jusqu'à l'île.
Elle est dans le parc national et c'est interdit d'y aller. Mais...
on a le droit d'aller à celle-là et d'y rester une nuit.
Ouais. Mais, tu vois, c'est pas la bonne.
Ouais, je le sais.
Bon. Mais comment on va aller de là à là ?
- À la nage. - À la nage ?
Ouais. On laisse nos sacs à dos sur cette île et on nage.
- Tu sais nager, non, Richard ? - Bien sûr que je sais nager.
- Alors, pas de problème. - Quelle est la distance ?
Je ne sais pas. Un ou deux kilomètres.
- Cool. C'est pas loin du tout. - Arrête, Richard. Ça en vaut la peine.
Une aventure. Rien que nous trois.
"Tu sais nager ?"
"Je sais nager ! Ah, ouais ! Je suis français et ma copine est magnifique, en plus ! Ha !"
Génial !
- Merde ! - Enfermé dehors, hein ?
T'as perdu tes clés ?
- Quelle poisse ! - Ouais, quelle poisse !
Hé, tu veux boire une bière ou autre chose ?
- T'es mieux sans elle. - Sammy, qu'est-ce que t'en sais, putain ?
Tu la connais même pas !
J'essayais juste de l'aider dans ses moments difficiles.
- C'est pas un problème. - Tu vois, Zeph ?
- C'est pas un problème. - Change de sujet, bordel.
OK. Et si on parlait de ta façon de passer une heure devant la glace tous les jours.
Sympa. Tu vois ce type ? Il aime s'essuyer le cul avec des feuilles d'arbre.
Il pense qu'il fait partie d'un commando dans la jungle. Je te le jure !
- Cause toujours. - Merde !
Je suppose que tu connais l'histoire de la souris frite du Kentucky.
Ouais.
Une femme mord dans une cuisse de poulet et, en fait, c'était une souris. C'est ça ?
C'est un mythe urbain.
Exactement. C'est toujours arrivé à un ami d'un ami de quelqu'un.
Et alors ?
Il y a un mythe ici qui fait le tour en ce moment.
À propos d'une plage.
Ah ouais ?
Et cette plage serait parfaite, mec.
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