200 baris pertama.
Mais ça, c'était Jenkins.
Il faisait tout comme s'il y avait pas de lendemain.
D'accord.
Revenons-en à vous. Vous avez intégré la police...
En 2005. J'ai commencé dans le Nord-Ouest.
Vous nous avez dit que vous commettiez de petits vols
aux tours Belvedere, à l'époque.
C'était aux alentours de 2008.
Je mettais la pression à des gens, rien de méchant.
J'ai une question.
Vous avez été blessé par balle en 2006.
Que s'est-il passé ?
J'ai pris une balle
quand un mec a tenté de me voler
et qu'il s'est fait tirer dessus.
C'est dans les rapports. Vous avez tout...
À vrai dire,
les informations sont contradictoires.
Contradictoires ?
D'après une source,
la fusillade était liée à une affaire de drogue.
C'était en représailles d'un de vos trafics.
Qui vous a dit ça ?
Rayam ?
Merde...
Jemell fait de la lèche s'il me met ça sur le dos.
C'est même pas crédible. D'où ça sort ?
C'est mon pote, mais il a des soucis.
- De quel genre ? - Il aime les meufs.
Il y a que la chatte qui l'intéresse.
Pardon, Mlle Jensen.
Ça remonte à loin, il était encore en uniforme.
Il a toujours traîné du côté des trafiquants.
Il était marié, mais aussi maqué avec Crystal Ferguson.
Elle connaissait tous les dealeurs du coin.
Elle savait s'ils étaient chez eux ou pas.
Elle disait à Jemell quand on pouvait les choper.
Ça vient de G Money, ces conneries ?
C'est marrant, ça.
Il joue les innocents, maintenant ? D'accord.
J'hallucine.
Crystal Ferguson vous donnait des cibles à cambrioler ?
C'est possible.
Je me rappelle plus.
C'était à l'époque
où vous étiez avec Gondo aux Crimes violents ?
Non, c'était après.
On était pas ensemble aux Crimes violents.
On faisait notre business, ouais,
mais chacun de son côté.
En 2009,
vous avez tué Shawn Cannady dans une ruelle près de Pimlico.
En légitime défense.
Non, il y a pas eu que lui.
Jemell a abattu trois personnes cette année-là.
Trois.
Sors de la voiture !
Rayam m'a dit qu'il l'avait fait.
Il a jamais nié.
Il a raconté que le mec se servait de sa Lexus comme d'une arme.
Il a prétendu que la Lexus avait percuté Giordano.
Jemell a kiffé.
Palmere était carrément sur place pour le coacher.
Palmere ?
Le chef adjoint ?
Il était pas encore chef adjoint, mais oui.
Colonel.
Compris ?
Le tir contre Cannady était justifié.
Vous avez été suspendu deux ans.
Oui, à cause de l'enquête sur le vol de Gary Brown.
Vous avez menti à l'Inspection sur ce vol ?
Oui.
Suspendu avec salaire.
On peut dire que j'étais dans le flou.
Vous êtes revenu de suspension, en 2012 ?
Oui, j'ai atterri dans l'unité anti-armes à feu.
Je vous paie à quoi faire ?
JE SUIS ICI CHEZ MOI
Reculez !
Baltimore illustre parfaitement les échecs
dans la prévention du crime.
Sans justice, pas de paix !
J'ai entendu vos appels à la justice.
Sans justice, pas de paix !
Il n'y a pas de fumée sans feu.
Ces agents sont dignes de gangsters des années 30.
Inspecteur Gondo, vous avez rejoint l'unité anti-armes en 2010.
Deux ans avant Rayam.
On l'a baladé d'unité en unité.
Il avait l'Inspection générale sur le dos.
Avant que Rayam vous rejoigne,
que se passait-il dans l'unité ?
Rien de déplacé.
Rien de criminel, pas vraiment.
Et quand il vous a rejoints après sa suspension ?
Ça a été le début de la fin.
C'est tout pour l'instant.
Gondo a aucun scrupule à descendre celui qu'il présente comme son pote.
Tu parles d'un ami !
C'est dur à croire. Rayam est impliqué dans des fusillades,
a menti aux enquêteurs, s'est fait pincer.
Et après sa suspension, on le récompense
en le lâchant dans une brigade d'élite.
Le talent finit toujours par payer.
MAI 2016 DOUZE MOIS PLUS TÔT
Pas de papiers ?
Il a rien sur lui.
Vu la rigidité, il est là depuis un moment.
Je vais parler aux voisins.
Ça va ?
Bonjour, monsieur. Inspecteur Sean Suiter.
- Vous êtes ? - Je veux pas donner mon nom.
- Vous habitez le quartier ? - Près de Preston.
Vous avez vu quelque chose en rapport avec ça ?
Ça a dû arriver hier soir.
Vous connaissez la victime ?
Je vais être franc.
Vous perdez votre temps. Je parle pas à la police.
- Je suis de la Crim. - Ça change rien.
Personne commence à la Crim.
Vous planquiez en civil ?
J'ai fait ça un temps, oui.
Certains d'entre vous volent. J'en sais quelque chose.
C'est pas contre vous, mais je vis ici
depuis toujours.
Je sais.
Je sais.
Si quelque chose vous revient,
appelez-moi.
Sean.
Ces maisons...
On a quoi d'autre ?
Tu veux quoi ? On a des problèmes de mandats...
Vous savez ce qu'on dira en banlieue ?
Ou ce que la moitié du pays dirait en lisant tout ça ?
"Ils étaient peut-être pas coupables quand on les a contrôlés,
"mais ils étaient coupables de quelque chose."
Et ?
Je dis que pour l'Américain moyen,
ces gens ne sont pas vraiment des victimes.
Il a raison, l'image compte.
On a des cas où la police est tombée
sur des gens qui faisaient rien de mal
et qui n'avaient pas d'antécédents
en dehors d'un peu de marijuana ou de contraventions.
J'ai des témoignages de vols par la police.
Attendez, je cherche.
Voilà.
Il s'appelle James Otis.
Il a eu affaire à notre chouchou.
Notre vieil ami. D'accord.
Je vais lui parler.
On a encore le temps de fignoler l'accord.
Voilà Gondo.
Attention, le sujet rentre au terrier.
On s'assure qu'il ressort pas
et on y va.
Reçu.
J'y vais pour toi ?
Tu veux y aller pour moi ?
- Oui, si jamais... - Si jamais quoi ?
Je dis ça comme ça.
Il fait nuit...
Il fait nuit et je risque de me perdre dans une Chevrolet ?
Je m'y suis mal pris.
Tu espérais quoi ?
Passer pour un Blanc d'âge moyen, de 1974.
C'est bon, t'as réussi.
- C'est bon. - Reçu, on la voit.
Allez, allez...
Test. Vous m'entendez ?
- Elle est sortie. - Reçu.
On a entendu dès que tu es entrée.
Ça s'active au bruit. La portière l'a déclenché.
On est bon. RAS.
Mince alors.
Je suis toute décoiffée.
- Je suis comment ? - Ça va.
Merci.
Pas de douilles près du corps.
C'était peut-être un revolver.
Ou quelqu'un a ramassé les douilles.
L'autopsie nous le dira demain.
Les voisins nous aideront pas beaucoup.
L'homme que tu as interrogé t'a pas ménagé ?
Il avait raison sur certains points. Il a parlé vrai.
J'ai emprunté un certain chemin pour en arriver là.
J'aime mon boulot.
J'en ferai pas des tonnes
en parlant de vocation, mais bosser à la Crim,
faire ce genre de travail,
c'est positif.
Mais la lutte antidrogue, c'est pas ma plus grande fierté.
Franchement, ça servait à rien. Vraiment.
Et j'ai vu des trucs...
C'était il y a longtemps.
Une autre ?
C'est ma tournée.
Alors je vais taper dans les alcools forts.
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