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LA TRESSE
NIYAMATABAD, NORD DE L'INDE
Allez, allez, allez !
Fais attention !
Reviens avant la prière du soir. On doit faire une offrande.
Invite aussi la voisine.
Oui, oui.
Venez demain.
Et soyez à l'heure.
C'était difficile pour moi aussi, au début.
Avec le temps, tu t'habitueras.
C'était dur, aujourd'hui.
Les fermiers t'ont payée ?
Non.
Ils ne me donnent plus rien depuis des mois.
Je n'irai plus là-bas.
Tu dois y retourner.
Rien n'est à nous, ici.
Ils pourraient venir et tout brûler.
Tu te souviens de ce qu'ils ont fait à Raùl ?
Les mains et les pieds coupés...
Ma petite fille,
tu te souviens de l'histoire que je te racontais ?
Quand mon père m'a appris à attraper les rats.
J'avais ton âge, la première fois qu'il m'a emmené avec lui.
J'ai vu un rat aussi gros que ça.
Plus gros que mes propres mains.
Le rat n'était pas grand, tes mains étaient petites.
Je te dis que le rat était très grand.
Il m'a mordu quatre fois.
Mais malgré ça, je l'ai attrapé d'un coup.
Je ne veux pas qu'elle fasse comme moi.
Il faut qu'elle aille à l'école.
Les Intouchables ne vont pas à l'école, tu le sais.
Va parler au brahmane.
Pour quoi faire ?
Même si elle sait lire et écrire, personne ne lui donnera du travail.
Donne-lui ça.
Il changera peut-être d'avis.
C'est l'argent pour ta radio.
Tu as entendu le docteur, tu dois la faire.
Tu tousses trop.
Donne-lui.
Je m'incline devant vous, brahmane.
Voilà de l'argent...
Tiens.
Dépêche-toi.
Maman...
Je peux rester avec toi ?
Non.
Tu vas apprendre à lire et à écrire, comme les brahmanes et les fermiers.
Ton kalatika. ..
Joins tes mains et répète après moi.
Je m'incline devant le seul seigneur de tous les mondes,
Vishnu d'apparence paisible,
couché sur un serpent,
un lotus au nombril.
Écoute bien le maître et ne fais pas de bêtises.
Compris ? Vas-y.
Allez.
Aujourd'hui, nous allons étudier l'histoire.
- Qu'est-ce que nous allons étudier ? - L'histoire !
Ramu, tiens-toi droit !
Dans l'ancien temps,
les Intouchables tenaient un balai
et marchaient à reculons
pour effacer les traces de leurs pas,
afin que ceux qui marchaient après eux
ne soient pas salis par leur impureté.
- Salis par quoi ? - Salis par leur impureté !
Bien.
Hé, viens ici.
Je te parle.
Viens ici.
Prends ce balai.
Nettoie la classe et montre-leur comment tu fais.
Prends ce balai.
Tu ne comprends pas ce que je dis ?
Fais ce que je dis ! Prends le balai !
Tu es Intouchable
et tu oses soutenir mon regard !
Prends ce balai, au lieu de me regarder.
Tu es sourde ?
Prends le balai !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Dis-moi.
Tu as déchiré ton uniforme ?
Qui t'a fait ça ?
Qui t'a frappée ?
Le maître...
Tu n'as pas obéi ?
Qu'est-ce que je t'avais dit ?
Tu devais être sage !
Smita !
Ton père ne voudra pas que tu y retournes.
Pourquoi tu la frappes ?
Ma fille, dis-moi ce qui s'est passé.
Le maître voulait que je balaye la classe.
Mais j'ai refusé.
Pourquoi il a fait ça ?
Il était d'accord pour la prendre en classe.
Je vais aller le voir.
Non !
N'y pense même pas.
On ne peut rien contre lui.
Seulement se terrer comme des rats.
Je ne le laisserai pas frapper ma fille.
Alors oublie l'école.
Emmène-la travailler avec toi.
Elle a l'âge.
MONOPOLI, SUD DE L'ITALIE
Descends !
Giulia ! Descends ! Tout de suite !
Bonjour.
Papa est parti tôt. Il est déjà à l'atelier.
T'es chiante. Tu ne peux pas faire ça ailleurs ?
Ça va... Tu me saoules.
Si tu passais autant à étudier qu'à te vernir les ongles,
tu serais première de ta classe
Tu peux parler, t'as pas eu ton bac.
Arrêtez ! Pas dès le matin, pitié !
C'est quand que ton mec vous trouve un appart ?
Quand il aura du boulot.
Giulia, tu n'as rien mangé.
J'ai pas faim. À plus tard.
- Salut, Giulia. - Bonjour.
Bonjour, Giulia.
Bonjour, Antonia.
Salut.
Bonjour, ma belle au bois dormant.
Tu es parti tôt, aujourd'hui.
Je voulais finir cette commande avant de partir.
Je dois récupérer des mèches à Conversano.
Tiens, aide-moi.
Pour la décoloration, j'utilise mon élixir secret.
Tu sais que c'est ton arrière-grand-père qui l'a mis au point ?
Juste une petite goutte.
Oui, papa tu me l'as dit cent fois.
Tu sais tout. Je n'ai plus rien à t'apprendre.
Pas un mot à ta mère. Elle me surveille.
Elle nous surveille tous.
Je dois y aller.
Si je ne suis pas rentré,
tu fermeras.
Papa, tu m'étouffes.
- Ciao, bella. - Salut.
On est encore tombés en panne, avec mon mari.
Non !
Avec tous les enfants dans la voiture. Quelle galère !
Je dois traverser tout le pays pour venir travailler.
Tu as l'air fatiguée, bella mia. Tu as passé la nuit avec qui ?
Pavese.
C'est qui ? Il est comment ? Il est beau ?
Il est très beau, oui.
Il est communiste.
Mais il est dépressif.
Le pauvre !
Il s'est suicidé en 1950.
Suicidé ?
Mais c'est horrible !
Laisse tomber !
En tout cas, c'est pas dans les livres que tu trouveras un fiancé.
Arrêtez, avec ça !
Si c'était à refaire, je resterais célibataire.
Pas de comptes à rendre,
pas de chaussettes à laver,
pas de gosses à moucher.
Le paradis.
La solitude, quelle tristesse.
Qui parle de solitude ?
Un amant de temps en temps...
C'est l'heure de Gino...
- Salut, Gino. - Salut, Giu.
Merci.
Il n'y a pas grand-chose, cette semaine.
On a dû fermer le salon à cause des travaux.
Mon père n'est pas là. Il passera te payer demain.
Je mixe chez Marco, samedi. Tu viens ?
Samedi... je ne sais pas.
C'est open bar jusqu'à minuit.
Ça serait vraiment cool que tu viennes !
Je vais voir. À plus, Gino.
Je vais à la bibliothèque. À tout à l'heure.
Laisse-le partir...
Il n'a pas ses papiers !
Vous pouvez appeler mon employeur.
- On l'emmène au poste ! - Qu'est-ce que tu dis ?
Allons-y !
Avance !
BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE
Giulia.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Ton père. Il a eu un accident sur la route.
Mademoiselle ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est grave ? - On ne sait pas...
- Il est où ? - En soins intensifs.
On ne peut pas le voir maintenant.
On pourrait avoir un gâteau au chocolat pour notre anniversaire ?
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