처음 200줄입니다.
L'HOMME QUI A VENDU SA PEAU
Ouvre la porte !
SYRIE, 2011
Allez, magne !
Viens, on s'assoit.
Qu'est-ce que tu fais ?
Et si quelqu'un connaît ma famille ?
Quoi ?
Tu fais la tête ?
Non.
Tu as raison.
Ce type qui vient chez vous demain, il fait quoi ?
Il travaille à l'ambassade de Syrie en Belgique.
En Europe.
Oui.
Je le vois pour faire plaisir à maman, rien de plus.
Et moi, alors ?
Tu as parlé de moi à ta mère ?
Alors ?
- Je ne suis pas à la hauteur ? - Ne dis pas ça, Sam.
Je...
Je t'aime.
Redis-le.
Je t'aime !
- Dans ce cas, épouse-moi ! - Maintenant ?
Pourquoi pas ?
Mesdames et messieurs !
Sam, arrête.
Mes amis, c'est la révolution.
À nous la liberté.
Libérons-nous donc !
J'aime cette fille !
Je t'aime.
Et je veux l'épouser.
Il y a un cheikh ? Qui peut nous marier ?
Moi ! Mais je ne suis pas cheikh.
- Je suis chanteur. - Pas grave !
Je vous offre une fête inoubliable.
Tu es originaire de Raqqa ?
Je peux savoir...
ce que j'ai fait ?
Tu ne sais pas, bien sûr.
Aucune idée ?
Qui a hurlé dans le train "C'est la révolution, vive la liberté" ?
Et maintenant, tu sais ce que tu as fait ?
Tu le sais, Sam ?
Sam, fils de...
mon oncle Jamal Ali.
Va-t'en.
Merci.
Je ne peux plus rester en Syrie.
Il doit y avoir une solution.
- On trouvera un moyen. - Je n'ai pas le choix, Abeer.
Ma sœur va me faire passer au Liban en voiture.
Alors c'est fini ?
C'est lui ?
- Tout va bien ? - Laisse-moi un instant.
- Qu'y a-t-il ? - Un instant !
Ziad !
Tu m'as dit...
que tu connaissais des gens haut placés.
Sam est un camarade de classe.
Il a été injustement arrêté.
Est-ce que tu peux l'aider ?
Bonjour.
Comment ça, injustement arrêté ?
Que vous est-il arrivé ?
Rien du tout.
Je ne peux rien faire...
Abeer ?
Je travaille aux Affaires étrangères.
Allons, Abeer, rentrons.
On nous attend à l'intérieur.
Je suis navré.
Qu'y a-t-il ?
Rien, madame.
Prenez soin de vous.
Oui, maman ?
On vient de traverser la frontière libanaise.
Oui, tout va bien.
Ils sont venus te chercher.
Je les emmerde.
BEYROUTH UN AN PLUS TARD
Sam !
Arrête ça ! La vie continue.
Ce qui existait hier encore n'est plus.
Les gravats jonchent le sol. Fumée et poussière emplissent l'air.
Aux carrefours, les victimes s'entassent.
Attends, attends.
Cette œuvre...
c'est absolument génial.
Ces deux-là sont les meilleures.
Pouvez-vous me donner votre nom ?
Soyez les bienvenus.
Jeffrey sera honoré de votre présence.
Merci beaucoup.
C'est un réfugié syrien.
Excusez-moi.
Ça fait partie de l'exposition.
La vraie nourriture est à l'intérieur.
Et je vous recommande le caviar. À se damner.
C'est dommage, j'ai...
J'ai déjà dîné.
Et vous êtes...
Sam Ali.
Et vous ?
Vous n'êtes pas sur la liste des invités, monsieur Ali.
Pardon.
Oui, c'est possible, mais...
j'adore l'art.
Revenez à la fin du vernissage.
Je vais demander qu'on vous prépare un paquet avec les restes du buffet.
Vous savez quoi ?
Ne le prenez pas mal.
Allez vous faire foutre.
- Soraya. - Oui ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Qui est ce type ?
Un réfugié syrien, un pique-assiette.
Attendez !
- Je vous offre un verre. - Vous ne me devez rien.
Vous êtes un réfugié ?
Et vous ?
Vous êtes quoi ?
Ce que je suis ? Vous voulez dire, qui sommes-nous,
au sens philosophique ?
A priori, vous n'êtes pas un réfugié. D'où venez-vous ?
Je vois. Je suis belge,
et un peu américain.
Vous êtes donc né du bon côté.
Je ne me plains pas.
Ma copine est en Belgique.
Vraiment ?
Pourquoi n'êtes-vous pas avec elle ?
Je ne peux pas.
- Pourquoi ? - Parce que je ne peux pas !
Je ne peux pas, c'est tout.
Vous, vous pouvez. Pas moi. Vous comprenez ?
Vous allez à l'aéroport, vous choisissez une destination, et voilà.
J'aime cette énergie, elle vous va bien.
Vous avez l'air très en colère.
- Je le suis. - Un jeune homme en colère.
Oui, je suis un jeune homme en colère. Évidemment.
Vous ne le seriez pas, vous ?
Je suis coincé ici, je ne peux pas voir ma copine.
Et elle, elle ne peut pas venir vous voir ?
Non, elle ne peut pas.
C'est à moi d'y aller, pour la sauver.
D'un monstre.
Mais je n'ai pas de cheval.
Ce n'est pas un cheval qu'il vous faut, c'est un tapis volant.
Je peux vous en offrir un.
M'offrir quoi ?
Un tapis volant, pour voyager librement.
Vous vous prenez pour un bon génie ?
J'ai parfois l'impression d'être Méphistophélès.
Vous voulez mon âme ?
Je veux votre dos.
Tu lui as aussi montré ton cul ?
Tu m'as mal compris.
Pourquoi on donne un toit à ces poussins ?
Parce qu'ils sont productifs.
Ils dépendent d'un système qui les nourrit pour leur prendre leurs œufs.
Je veux être comme eux. Ras le bol de faire le coq.
Tu veux être la poule de l'Américain ?
Arrête ! Il veut pas me sauter.
C'est un artiste connu, je te dis !
Comment tu le sais ? Tu l'as googlé ?
Ou on adore Jeffrey, ou on le déteste. C'est un génie.
Il est le plus sulfureux, le plus provocateur,
et l'artiste vivant le plus cher sur le marché de l'art.
La vie n'a pas de sens.
Nous ne sommes rien. Moins que rien.
Mais les gens refusent cette vérité.
Ils ont besoin de sens.
Et moi, je vends du sens.
Le Christ a transformé l'eau en vin, en la touchant.
Jeffrey Godefroy transforme des objets sans valeur
en œuvres d'art qui valent des millions de dollars,
rien qu'en les signant.
Qu'est-ce que tu fais ?
Quoi ?
Qu'est-ce que tu fais ?
J'étais en train de régler l'écran pour bien te voir.
Finis ce que tu disais.
Tu gagnes bien avec tes traductions ?
Bien sûr que non.
La plupart de mes clients sont des Syriens à peine arrivés en Europe.
Je traduis leurs documents de réfugiés.
Ils n'ont pas d'argent.
Mais ce n'est pas grave.
J'ai entendu dire
qu'ils avaient fermé l'ambassade de Syrie en Belgique.
Oui.
Ziad va se retrouver au chômage.
Il ne va plus au bureau mais il touche son salaire.
La chance !
Comme ça,
vous aurez plus de temps ensemble.
Pour faire des bébés.
No comments yet. Be the first to leave one.