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GAROU-GAROU, L’HOMME QUI POUVAIT TRAVERSER LES MURS
Sous-titres par : Jorinde Brokke Adaptés et améliorés par BuStEl
Formidable, mes amis : regarder pendant des heures, avec admiration, un grand artiste à l’œuvre.
- Ça te plaît, petit ? - Oui.
Tu es connaisseur. Et toi, boucher ?
Tu préfères la viande.
Et vous ? Ce n'est pas trop moderne pour vous ?
Vous regardez exactement comme cet homme qui a récemment refusé une de mes toiles.
Je lui ai dit : "Vous me condamnez à mourir de faim."
Il a dit : "Les barbouilleurs ne sont tout simplement pas des peintres qui gagnent leur pain."
Jean-Paul !
Jean-Paul !
Voilà Léon !
J'ai quelque chose de formidable à te raconter.
- Des problèmes de famille ? - J'en avais déjà !
Ton patron t'a mis à la porte ?
La porte ? Si tu savais ! Je me moque des portes !
C'est grave. Viens vite.
D'accord. J'arrive.
Mes chers amis, je dois partir.
Mon syndicat interdit les longues journées de travail.
Mais si vous voulez rester... Je serai de retour demain.
Vas-y.
J'espère que tu me diras enfin ce qui se passe.
Ici, oui. Trop grave pour la rue.
Tu me fais peur.
- Tu as fait une bêtise ? - Non.
Je ne veux pas lire tout à l'heure dans le journal :
"Un employé du service d'enregistrement se révèle être
- chef d'un gang international" ? - Un jeu d'enfant !
- Raconte. - Tu ne me croiras pas.
- Tu vas me le dire ou pas ? - D'accord. Doucement. Viens.
Assieds-toi et accroche-toi.
Tu verras. C'est quelque chose d'incroyable, de fou.
Tu es bon pour moi, c'est pourquoi je te le raconte.
- Tu râles. - Tu me traites comme ton frère.
J'ai un faible pour les pauvres types.
Je ne le suis plus.
Raconte, ou je te fracasse cette bouteille sur la tête.
Assieds-toi et laisse cette bouteille tranquille.
Hier soir, j'étais ici, pour faire de la musique,
comme souvent. Je racontais des problèmes
avec ma sœur et son mari. Tu connais cet abruti.
Je suis resté manger. Tu m'as fait boire un peu...
- Non. C'est toi qui as bu. - Enfin, bon.
Quand je suis rentré chez moi vers minuit, j'étais éméché.
J'ai monté l'escalier et je me suis dit : "Gaston va te tordre le cou."
Parce qu'il ne m'aime pas. Oh, non.
S'il pouvait me chasser de chez moi,
sous prétexte qu'il avait épousé ma sœur...
Bref, j'arrive sur le palier.
C'est bien le quatrième étage ? Bon.
Alors je cherche les clés dans ma poche.
Où sont-elles ? Ah, les voilà.
Je veux ouvrir la serrure,
mais... elle est bloquée.
Et l'autre serrure ?
Également bloquée.
Alors je me dis : je sonne.
Léon reste mon frère.
Encore une fois, Germaine, je n'ouvre pas.
Et je t'interdis de partir.
J'ai supporté son cornet, mais les noctambules ivres : non !
Il est impossible de vivre avec lui.
Mais c'est son appartement.
Il est aussi à toi, puisqu'il appartenait à tes parents.
Et tu es l'aîné. Et tu es marié.
Et je m'en moque.
- Où doit-il dormir ? - Où il veut. Pas ici.
Il ne va quand même pas continuer à sonner !
- Qu'est-ce que tu vas faire ? - Qu'est-ce que je vais faire ?
Lui donner un ordre de logement. Lui dire qu'il doit partir.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - C'est moi. Léon.
- Je ne connais pas. - Léon,
le frère de votre femme, votre beau-père.
Je n'ai plus de beau-père.
Rentrez chez vous.
Noctambule !
Gaston, je suis chez moi. Ma maison est ici.
Exactement. Reste là et ne nous dérange pas.
Non, il a du culot.
Je suis stupéfait. Et maintenant ?
À ce moment-là, la lumière s'éteint.
Je suis dans le noir.
À tâtons, je cherche l'interrupteur. J'appuie dessus.
Mais... je ne suis plus sur le palier.
Je suis dans ma chambre. Stupéfait.
Mais non !
Alors ? Qu'est-ce que tu en dis, cash ?
Ce que j'en dis...
Je dis que tu ne m'as encore rien prouvé.
Tu étais ivre et tu as oublié
que ton beau-père a eu pitié et a ouvert.
Je n'ai pas fini...
Ne me fais pas passer toute la nuit à écouter !
Le lendemain matin, donc ce matin... Assieds-toi.
- Encore ? - Doucement
et accroche-toi.
Comme toujours...
Dans son ridicule survêtement
mon beau-père faisait sa gymnastique matinale
pendant que ma sœur lui donnait son petit-déjeuner.
Tu n'avais pas le droit de mettre Léon dehors.
- Pourquoi pas ? - Quand tu m'as épousée
tu n'avais pas de logement à toi. Tu étais contente du sien.
Je le suis toujours. Je veux simplement y vivre seule.
Sans Léon, tu devras travailler. Lui, il travaille !
Assistant au service de l'enregistrement. 18 000 francs.
Ridicule.
Mais nous vivions tous les trois ensemble.
Oie stupide. Depuis cinq ans
je travaille à la conception d'un moteur auxiliaire à réaction
pour bicyclettes. Dois-je maintenant travailler à l'usine ?
Tu ne penses qu'à manger, comme ton frère.
Quel beau couple, ces Dutilleul !
- Bonjour, Germaine. Bonjour, Gaston. - Léon !
Tout va bien ce matin ?
- D'où venez-vous ? - De ma chambre, naturellement.
Qu'est-ce qui lui prend ?
Est-il devenu fou ?
Regardez-le un peu.
- Comment êtes-vous entré ? - Quelle question ! Par la porte.
Impossible, elle est verrouillée,
il y a même une barre supplémentaire devant.
Alors par la fenêtre, si vous préférez.
Pas de plaisanteries. Répondez.
Répondez, sinon sa tension va monter.
Quelle réponse ?
Si ce n'était ni par la porte ni par la fenêtre,
alors je suis peut-être passé à travers le mur.
Ne vous moquez pas de nous : à travers les murs ?
Alors ?
Trouvez donc une explication.
Essayez d'en avoir une pour le déjeuner.
Je vais au bureau. Au revoir, mon garçon.
Mon garçon ?
- Vous ne passez pas à travers le mur ? - Pas si la porte est ouverte.
Au revoir.
- Comment est-il entré ? - Je ne veux plus le voir.
Et quant à son cornet, jetez-le à la poubelle.
C'est toujours ridicule.
Une fois au deuxième étage, je veux refaire l'expérience.
Personne ne descend l'escalier, personne ne monte l'escalier.
Alors je m'approche prudemment du mur...
J'essaie avec un doigt... Il entre.
Un deuxième...
Un troisième... Ciel !
Ma main y glisse comme dans du beurre. Puis tout le bras.
Ça ne vous arrive pas !
Non. Vous plaisantez. C'est impossible.
C'est ce que je pensais aussi, mais pourtant c'est possible. Alors je me suis dit :
"Si mon bras peut passer, le reste le peut aussi." Alors...
Oh ! Minet ! Tu as encore cassé quelque chose ! Sale bête !
Cette robe !
Qu'est-ce qu'elle a, cette... robe ?
Qu'elle est agaçante, cette robe.
Au secours !
Monsieur, il y a un homme chez moi.
J'ai peur. Venez vite. Défendez-moi.
Venez.
Là. Le voilà.
- Je ne le vois pas. - Il était là.
Je me tenais devant le miroir.
J'ai mis ma robe. Et alors...
Ouvrez grand les yeux !
Et ce n'est encore rien.
- Mon cher Léon... - Rien, "cher Léon".
Si tu n'avais pas le cœur fragile, je te le montrerais.
Je continue. Cette dame s'est évanouie.
Je me suis dit : "Je vais être en retard au bureau."
Et alors j'ai pensé à Gaston,
mon cher beau-père.
Je me suis dit : "Tu me rends la vie impossible. Tu vas le savoir."
Alors
je suis remonté l'escalier.
Tu aurais dû voir Gaston. Il avait fière allure à vélo.
Monsieur testait son projet.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Mon Dieu ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Pour voler, vous devez d'abord obtenir votre brevet.
Si c'est vrai, il y a urgence...
Nous allons voir un médecin.
Je ne suis pas malade. Je suis en pleine forme.
- Chez un spécialiste. - En quoi ?
Je ne sais pas, en psychiatrie. On verra bien.
Tu te désintègres, mon vieux. J'appelle un médecin.
Je dois aller au bureau. Je vais me faire engueuler.
Dit un homme qui peut traverser les murs. Fonctionnaire !
Un médecin...
Trouvez-en un qui ne soit pas trop cher, parce que...
Oui, oui, oui.
Vraiment fascinant, n'est-ce pas, professeur ?
"Fascinant..." C'est amusant.
Seulement "amusant" ?
Il me semble que quelqu'un qui peut traverser les murs...
J'avoue, c'est rare.
Une question importante.
Ces choses se produisent-elles aussi quand vous marchez à reculons ?
"À reculons" ?
Je n'ai pas encore essayé.
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