Kanak, l'histoire oubliée

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Kanak, l'histoire oubliée
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公開日: 2017-01-09
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最初の200行です。

Je trouve que c'est un peu artificiel,

de faire venir des joueurs de l'étranger

et de les baptiser "équipe de France".

Je constate que les joueurs des autres équipes

chantent leur hymne national de grand coeur et à pleine voix.

Alors je constate que la plupart des joueurs de l'équipe de France

ne le chantent pas ou visiblement ne le savent pas.

Salut, Gérald.

Ça va, Marc ?

Vous êtes venu voir Max ?

Pour Max, ça roule. Je suis venu voir Karembeu.

Christian ?

Vous me le piquez ?

Pas mal, gamin. Pas mal.

- Vous me parlez ? - Tu dépenses trop d'énergie.

- Il faut apprendre à canaliser. - Et vous êtes qui ?

- Ça va, monsieur? - Salut, Max.

Viens après signer des papiers.

D'accord.

- On peut se parler? - Bien sûr.

Tu sais que tu t'es forgé une sacrée réputation ?

À quel poste tu préfères jouer ?

N'importe, du moment que je joue.

Tu cours dans tous les sens.

Ton poste, c'est Iibéro. Pas ailier, ni stoppeur.

Max va partir en formation au FC Nantes pour un essai.

Ça te dirait, d'y aller aussi ?

T'as autant de potentiel que lui, voire plus.

Je joue surtout pour le plaisir.

Tu veux pas aller en métropole ? Réfléchis.

Ils recrutent encore pendant 3 mois.

Si on commence tout de suite, je peux te mettre à niveau.

Je sais pas si mes parents seront d'accord.

Et la priorité, c'est les études.

C'est ton père qui m'a demandé de venir te voir.

Il est midi sur RFO Noumèa.

Tout de suite, les infos présentées par Baptiste Zimako.

Oncle Edmond. C'est moi.

Samy !

Ça va?

Alors, cousin, la vie est belle ?

Ça va ? Qu'est-ce que tu fais à Noumèa ?

Je suis envoyé en renfort. Je prends le bateau

tout à l'heure, et ton père m'accompagne.

Samy, il faut y aller.

Ça va, fils ?

Marc Kanyan ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

Il veut me préparer pour que je passe les tests au FC Nantes.

C'est génial.

Tu vas aller en France, comme ton arrière-grand-père en 1931.

Ouais, mais maman ne sera jamais d'accord.

Depuis que les grands sont partis, elle a besoin de moi.

Je vais lui parler.

En attendant, prépare-toi avec Kanyan

et défonce-toi pour être au top.

Ça reste entre nous. D'accord ?

Fais gaffe à Ouvèa. Il paraît que ça chauffe, là-bas.

T'inquiète.

Quand je rentre, j'appelle Kanyan pour lui dire que c'est d'accord.

Si tu dois partir dans 3 mois,

il faut pas perdre de temps.

Comment elle te mate !

N'importe quoi.

T'es con. T'attends quoi, pour passer à l'attaque ?

Je suis pas pressé, c'est tout.

Très bien. Prenons l'exemple algérien.

On gagne une guerre militairement mais on la perd politiquement.

Quand on comprend que la victoire mène

à une impasse. - Excusez-nous.

- On peut leur parler? - Allez-y.

C'est pour la manif de demain. 14 h, place des Cocotiers.

C'est vraiment super important.

On doit mettre la pression avant les présidentielles.

C'est notre dernière chance de nous faire entendre.

On compte sur vous.

Tjibaou et tous les FLNKS seront là.

Vive la Kanaky libre!

Nicolas, on se calme.

Merci.

Malheureusement, la Kanaky libre,

j'ai bien peur que ce soit pas pour demain.

La France ne renoncera jamais à la Nouvelle-Caledonie.

Et pas que pour le nickel.

Vous imaginez, si elle vous accordait l'indépendance ?

Sa position serait intenable face aux Corses, aux Antillais...

À droite comme à gauche, personne ne veut ouvrir la boîte de Pandore.

Pour vous, c'est foutu ?

Je vous aide à comprendre ce qui se joue sur votre île.

Silence, s'il vous plaît.

Si. Pourquoi?

Waouh ! Le fils du grand chef va participer à sa 1re manif.

Le dis pas à ton père, il te mettrait une raclée.

Tu comprends rien. Mon père est pour l'indépendance.

Mais pour lui, ça passe par l'éducation, pas par la violence.

Ouais. Que de la gueule.

Allez, allez, allez.

4 min 13 au kilomètre. Tu progresses vite.

Je peux y aller, maintenant ? Il y a tout mon lycée.

On n'a pas terminé.

Non. Pas de ballon, aujourd'hui.

Fait chier.

Et achète-toi des baskets. Ça prend du temps, pour s'y habituer.

À Nantes, tu seras pas à la plage. Tu seras avec des pros.

C'est en train de dégénérer.

C'est une marche pacifique.

Les flics font leur numéro. C'est tout.

Écoute, Christian.

À partir de maintenant, le football, c'est ta priorité.

Tiens.

Je l'ai reçue ce matin, de Nantes.

Départ le 30 juin, retour open.

- Vous avez des nouvelles de Max ? - Il n'a pas été retenu.

Il va tenter sa chance à Quimper.

Tu as renouvelé ta licence ?

Je n'ai plus qu'à faire la photo et la signer.

C'est dommage, pour Max. J'y croyais.

C'est pour ça qu'il faut s'entraîner. Tu dois être le meilleur.

Ne traîne pas pour poster ta licence.

Allez, série de sprints.

En place.

Manoa.

Tu saignes ?

Qu'est-ce qui s'est passé ?

C'est les flics.

Ils ont voulu nous disperser, mais on n'a pas bougé, alors...

ils ont chargé.

- T'étais où ? - J'étais chez mon oncle.

Il a bon dos, ton oncle, ces derniers temps.

Ils ont attaque une gendarmerie à Ouvea.

Tout de suite les détails avec Delphine Chenin.

On est toujours sans nouvelles des 27 gendarmes

enlevés ce matin très tôt à la gendarmerie de Fayaoue.

Fayaoué. C'est la brigade de Samy.

Des indépendantistes auraient envahi la brigade à 7 h,

prenant par surprise les gendarmes territoriaux

et les 30 gendarmes mobiles stationnés aux abords.

Au total, 3 gendarmes ont été tues et 5 personnes gravement blessées.

- C'est qui, Samy ? - Son cousin.

Il est gendarme à Fayaoué.

Il l'adore. Il lui a même sauvé la vie quand il était petit.

- Alors ? - Ça passe pas.

Putain. J'espère qu'il lui est rien arrivé.

Des mecs de Lafleur !

On va vous saigner !

Ils ont pas besoin de salle de classe !

Attends, attends.

Ils repartent? Ils nous ont pas interrogés.

Ils ont assez d'éléments pour leur enquête.

Ils s'en branlent. Ils étaient peut-être au courant.

Ils restent pas avec nous ?

Ils vont patrouiller dans le quartier.

- Mon cul. -Monsieur Peyrac !

Ne vous inquiétez pas. On va rester avec vous, cette nuit.

Même si les profs restent avec nous, il faut qu'on s'organise.

Prenez tout ce que vous pouvez. On va faire des rondes.

Les filles, enfermez-vous à clé dans vos dortoirs.

Ça va s'arrêter quand ?

Avec la prise d'otages à Ouvéa, c'est que le début.

Tu vois ? La violence n'est qu'un engrenage.

Pourquoi on devrait se laisser taper sur la gueule sans réagir?

Cette fois, ça va péter. Il va falloir choisir son camp.

Mes parents sont là. On te dépose chez ton oncle ?

Non. Je n'arrive pas à joindre les miens.

Je préfère rentrer à Canala.

Et tu penses rester longtemps là-bas ?

Non. Je sais pas trop.

- Si tu rentres, tu m'appelles ? - Promis.

Onyva?

Bernard Pons, le ministre des DOM-TOM,

a dénonce avec fermeté l'assassinat des gendarmes de Fayaoué,

massacrés à coup de haches et de machette.

Il n'y a qu'un gendarme qui a été tué d'un coup de tamioc.

- Les autres sont morts par balle. - Comment tu sais ça ?

Et pourquoi ils mentiraient ?

Si tu écoutais plus Radio Kanaky, tu serais mieux informé.

Je t'avais dit que les militaires n'avaient pas pu passer.

- Kanaky! - Kanaky!

Tu te bouges ?

Je m'inquiète aussi pour ton cousin.

Les barrages tiendront pas longtemps.

Les militaires vont forcément arriver ici.

Qu'ils essaient, ils auront droit au comité d'accueil.

Salut, quand même.

Au revoir, monsieur.

Bonjour, Abel.

Que la paix soit sur toi.

Allez, les enfants. Révisez bien l'imparfait du subjonctif pour lundi.

Il y aura dictée.

Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi t'es revenu ?

Le lycée a fermé à cause des événements.

- J'ai pas réussi à vous joindre. - Et tes entraînements ?

M. Kanyan a accepté que je rentre à cause de Samy.

Vous avez des nouvelles ?

C'était dangereux, de rentrer.

Merci, Abel.

- T'es là, toi ? - Aux infos,

ils n'ont pas donné les noms des gendarmes tués.

Samy était à la caserne.

- Il va bien, mais... - Mais quoi ?

- C'est pas vrai ! - Christian !

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