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Simone,levoyagedusiècle(2021)[WEB02h14m32s]
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Diterbitkan pada: 2023-08-15
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Maman, tu viens ?

Nous sommes devenus parents, grands-parents,

même arrière-grands-parents.

Poussez-vous !

La plupart d'entre nous ont disparu.

Bientôt s'éteindra cette génération

qui ne devait pas survivre.

Maman, regarde-moi !

Le temps viendra aussi

où ceux qui nous ont interrogés disparaîtront à leur tour.

Les livres seront alors les seuls dépositaires de nos mémoires.

Ce n'est pas l'information qui fera défaut,

mais le contact unique, irremplaçable, bouleversant,

de celui qui dit...

Attendez-moi !

"J'y étais, et cela fut."

Milou, Jean, Denise ! On rentre, maintenant, les enfants.

Tu vas te faire mal aux yeux, Simone.

C'est pour ça que j'ai posé

Simone, on a dit "au lit".

Les enfants,

Tu viens, Simone ?

Je veux encore lire.

Tu liras dans la chambre.

Mais pas plus de dix minutes.

Mais non, c'est toujours moi !

Je veux rejoindre Milou.

Simone !

Attendez-moi !

Allez, viens !

Tu gâtes trop Simone, elle fait ce qu'elle veut.

Elle impose à toute la famille ses volontés.

Elle va devenir insupportable, si tu continues comme ça.

J'ai grandi dans une famille heureuse.

Nous vivions à Nice,

mais nous passions nos vacances d'été à La Ciotat,

dans la maison que mon père avait construite en bord de mer.

Comme toutes les familles juives assimilées de cette époque,

celle de mon père était profondément patriote.

La laïcité était notre bien commun.

Quand le destin brouilla les pistes,

rien ne put ébranler la foi de mon père

pour la République française.

Il pensait que la république ne nous abandonnerait jamais.

Nous devons résister.

Si les conseillers techniques commandent, tant mieux,

mais alors mettons-les seuls et ils prendront les décisions.

Il faut savoir comment on considère la fonction maternelle.

Si on la considère comme celle d'aller planter des choux,

on ne dit pas que l'on veut faire une politique familiale.

Certainement.

Mais nous n'aurons ni l'Église ni les médecins de notre côté.

Nous présentons le projet à l'Assemblée dans dix jours.

Nous n'aurons pas la majorité si...

Nous avons 200 voix acquises à gauche.

Il reste 90 députés à convaincre

dans notre propre majorité.

Antoine va parler aux députés

et à Claudius-Petit.

Les catholiques comme lui

Le débat va être télévisé. En direct.

- Bon ? - Nous devions le rédiger ensemble.

Vous pouvez tirer un peu le rideau, Colette ?

Bien sûr, madame la Ministre.

"Si j'interviens aujourd'hui à cette tribune,

"ministre de la Santé, femme,

"et non parlementaire,

"une profonde modification de la législation sur l'avortement,

"c'est avec un profond sentiment d'humilité

"et c'est aussi avec la plus grande conviction

"que je défendrai un projet

"qui a pour objet de mettre fin

"à une situation de désordre et d'injustice."

L'urgence, c'est l'avortement,

interdit et passible de la cour d'assises

depuis la loi de 1920.

Mme Veil, comment défendrez-vous ce projet de loi ?

Après le vote de la loi Neuwirth,

les propos tenus par certains, surtout au Sénat,

ont été très durs.

Certains traitaient les femmes de putains.

Les hommes accepteront mieux l'avortement que la contraception.

La contraception libère la femme.

Qu'elles décident ou non d'avoir un enfant,

c'est pour les hommes insupportable.

Si nous légalisons l'avortement,

on nous demandera de légaliser les mariages homosexuels.

Pour les esprits faibles, c'est un encouragement à la prostitution.

Vous ne pouvez pas dire ça.

On est concentrés.

Elle tiendra jusqu'au bout, M. le Premier ministre.

Ces trucs de bonnes femmes deviennent des débats nationaux,

mais le président et moi-même sommes avec Mme Veil.

Je la soutiens.

Il nous faut convaincre notre propre camp.

On ne peut pas accepter que seule la gauche vote notre loi.

Il faut parler à chacun de nos députés.

Je vous ferai d'abord partager une conviction de femme.

Pardon de le faire devant cette assemblée

majoritairement composée d'hommes.

Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement.

Écoutez les femmes. C'est toujours un drame.

Cela restera toujours un drame.

Parmi ceux qui combattent

une éventuelle modification de la loi répressive,

combien ont-ils aidé ces femmes dans leur détresse ?

Combien,

au-delà de ce qu'ils jugent comme une faute,

ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension

et l'appui moral

dont elles avaient tant besoin ?

que nous voulons mettre fin à l'avortement clandestin,

auquel elles auraient recours au risque de rester stériles

ou profondément atteintes.

Elles l'ont cherché !

Cessons de fermer les yeux sur les 300 000 avortements

qui chaque année mutilent les femmes de ce pays.

Lorsque des médecins, dans leur cabinet,

enfreignent la loi et le font connaître publiquement.

Lorsqu'aux mêmes fins sont organisés ouvertement,

et même par charters, des voyages à l'étranger.

Alors,

nous sommes dans une situation de désordre et d'anarchie

qui ne peut plus continuer. - Bravo !

Mais personne ne peut éprouver une satisfaction profonde

à défendre un tel texte.

Personne n'a jamais contesté,

et le ministre de la Santé moins que quiconque,

que l'avortement soit un échec,

quand il n'est pas un drame.

Monsieur le Député

Faut-il qu'après avoir accueilli les immigrés du travail,

nous devions avoir recours aux immigrés de la famille,

car des Français veulent tuer dans l'œuf

le fruit de leur propre chair,

en refusant de perpétuer leur race ?

M. le Député Jean Foyer.

Vous vous préoccupez davantage

des femmes qui veulent supprimer leurs enfants

que d'aider celles qui veulent les garder.

M. le Député René Feït.

Après l'introduction de l'avortement,

on peut préconiser des mesures contre les bouches inutiles,

contre les incurables, et en arriver au pire racisme nazi.

Madame la Députée Hélène Missoffe.

est à la fois lâche et stupide.

M. le Député Albert Liogier.

On connaît, mes chers collègues, des manifestations publiques

au cours desquelles des femmes, ou plutôt des viragos...

Stupide !

car elles se prennent pour des hommes...

Vous insultez les femmes !

Ces femmes donnent le triste spectacle

de leur propre avortement.

La pornographie...

Ne parlez pas ainsi !

Un lieu de devoir et d'honneur...

Ne parlez pas ainsi !

A la pratique du vice doit répondre la pratique de la vertu.

Parlez-en, de la vertu !

Pour Satan,

contraception et avortement sont deux chapitres

du grand et même livre de la sexualité !

Monsieur le Député Bolo.

Vous instaurez un nouveau droit,

celui de l'euthanasie légale.

Vous osez parler d'euthanasie

à Mme Veil ? Connaissez-vous son histoire ?

Si cette loi est acceptée,

elle fera deux fois plus de victimes

que la bombe d'Hiroshima !

Antirépublicain !

Écoutez les palpitations

du cœur d'un petit être conçu le 4 octobre 1973

et enregistré 49 jours après.

M. Hamel, vous n'avez pas le droit

de faire entendre une autre voix que la vôtre.

C'est pas une voix.

C'est un cœur.

Supposez que l'on trouve

l'un des médecins nazis qui pratiquaient la torture

et la vivisection humaine.

Y a-t-il une différence de nature entre ce qu'il a fait

et ce qui sera pratiqué dans les hôpitaux de France ?

On est allé jusqu'à déclarer

que l'embryon humain était un agresseur.

Bien, ces agresseurs,

vous accepterez de les voir jetés au four crématoire.

"Madame la Ministre,

"vous allez tuer nos enfants, détruire notre pays,

"ses valeurs, sa jeunesse,

"pour satisfaire une poignée de féministes déchaînées,

"homosexuelles pour la plupart.

"Madame, pourquoi êtes-vous à ce point ignoble ?"

Mange, Simone.

Arrête de lire ces lettres d'insultes

et prends des forces pour demain.

Claudius-Petit ne s'est pas engagé, mais il comprend la situation

et l'enjeu sanitaire.

Il me l'a dit.

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