पहली 200 पंक्तियाँ।
D'APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE
Merci.
Hé, Chandan !
Tu vas où ?
Attends, putain !
Tu jettes l'éponge ?
T'as vu le monde qu'il y a ?
- C'est mort. Passons un autre concours. - Ce sera partout pareil.
Tu m'as inscrit pour rien.
Tu préfères trimer sur les chantiers ?
Tu fais chier.
On peut pas se défiler tout le temps.
Regarde.
Quand tu portes l'uniforme,
personne regarde ta caste ou ta religion.
Quand on sera flics, plus personne n'osera nous humilier.
Va prendre les tickets. Je cherche une place.
Ça marche.
Je peux m'asseoir ?
Fais de la place.
Bois pas tout !
Pardon.
Tu es venue seule ?
Pourquoi ?
Je veux dire...
C'est que...
Quoi ?
Parce que je suis une fille ?
Je rigole.
J'ai eu peur.
Mon père m'a amenée.
Il voulait me motiver à tout prix. Je lui ai dit de partir.
Tiens, pousse-toi.
Attends.
J'ai les tickets.
Lui aussi passe l'examen.
Mohammed Shoaib, mon pote.
Hélas. Je me le tape depuis l'enfance.
Salaud.
Et toi ?
Moi, c'est... Chandan.
Chandan Kumar.
Et moi, Sudha Bharti.
Avis aux voyageurs du Pravasi Express :
votre train entrera en gare voie 2, et non pas 1.
Je te rappelle, maman.
- Par où on passe ? - Suis-moi.
On monte dans celui-ci.
La première épreuve, c'est d'arriver au centre.
On va à un concours ou à la guerre ?
UNE JEUNESSE INDIENNE
Bienvenue au service du recrutement de la police.
Pour une candidature, tapez 1.
Pour connaître nos centres d'examen, tapez 2.
Pour parler à un opérateur, tapez 3.
Merci de bien vouloir patienter. Un opérateur va prendre votre appel.
Bienvenue au service du recrutement...
J'écoute.
J'attends les résultats du concours d'entrée.
Ça fait un an. Y a une ouverture de postes ou pas ?
Rappelez après le déjeuner.
Allô, monsieur ?
Un don tombé du ciel !
Je te l'ai dit cent fois :
mets de la pommade sur tes pieds.
Ils sont tout craquelés.
Parfois, ta mère travaille pieds nus.
Elle dit qu'il faut garder les pieds sur terre !
Ta grand-mère avait les pieds encore plus crevassés.
Les gens disaient qu'il lui suffirait de marcher dans un champ
comme un soldat
pour tout faucher d'un coup !
Tellement ses pieds étaient coupants.
J'ai hérité de ses pieds, mon fils.
Salam alaikoum.
Tu vas bien ?
Grâce à Dieu.
Montez son sac dans la chambre.
Bien, inspecteur.
Raconte.
Monsieur, je me disais...
Si vous pouviez vous renseigner
sur les résultats du concours...
Le recrutement se fait à la capitale.
Je connais personne, là-bas.
Il y a eu 2,5 millions de candidats cette année.
Pour 3 500 postes.
Ce qui fait donc 714 candidats par poste.
Écoute ton père. Va travailler à Dubai.
Là-bas, au moins, personne ne te demandera
si tu égorges tes légumes pour les manger.
Et vous, vous n'avez jamais pensé émigrer à Dubai ?
C'est vrai que ça m'a tenté.
Puis je me suis dit que ce n'était pas à moi de partir.
Mieux vaut changer le système de l'intérieur.
C'est ici qu'ont vécu nos ancêtres et qu'ils sont enterrés.
C'est ici qu'ils veillent sur nous.
Quand j'entends le muezzin, près de chez nous,
je ressens la présence de nos ancêtres.
Le chutney de tomates de maman,
c'est un parfum, une saveur que jamais Dubai ne pourra m'offrir.
Cette terre, ces parfums,
mes chemins, mes amis, ma langue...
Tout ça, c'est chez moi.
Je peux pas leur tourner le dos.
Allah ! Arrête.
Faut aller voir un médecin.
C'est une entorse.
Je suis pas estropié.
D'ici un mois, je serai aux champs.
Dans cet état ?
Regarde-toi, un peu !
Toujours à la maison à ton âge !
Pourquoi tu lui cries dessus ? Il commence au bureau aujourd'hui.
Voici la chemise de monsieur.
Tu l'aurais donnée à repasser hier, t'aurais pas eu à te lever.
Rentre te coucher !
Tu te sens plus, avec ton boulot !
C'est ça.
Mieux vaut rester à glander chez soi, comme toi.
Rends-la-moi propre.
On verra.
C'est quoi, ce truc ?
Tu l'as louée ?
Achetée. Pour pas perdre de vue ma mission.
- Tu parles comme dans un film. - Ah bon ?
Shoaib !
Faut que j'aille pisser.
Passe-moi mes béquilles.
Un bon vendeur
préserve les intérêts de l'entreprise tout en réalisant ses objectifs.
Le marketing agressif,
c'est pas squatter dans la cuisine du client !
Bien, chef.
- Où est ta cravate ? - Je l'ai oubliée.
Un jour, c'est toi qu'on va oublier !
On croit rêver !
- Tu es nouveau ? - Oui, monsieur.
Et tu t'appelles ?
Shoaib Ali.
Bienvenue, Shoaib.
Merci, monsieur.
- C'est toi... Mohammed Shoaib ? - Oui, monsieur.
Ne remplis plus ma bouteille. Je le ferai moi-même.
Comme on dit...
on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
Tout à fait, monsieur.
Et au fait,
il faudra une carte d'identité.
Pour la DRH.
Je l'ai déjà fournie.
Pas la tienne. Celle de tes parents.
C'est obligatoire.
Ils ont des papiers ?
Oui, monsieur.
Demain, sans faute.
Ils demandent ça à tout le monde ?
Tu comprends bien que c'est parce qu'on est musulmans ?
Et son oncle qui lui avait trouvé un boulot de mécanicien !
Monsieur refuse d'aller à Dubai.
Il préfère rester en Inde.
Et se faire humilier tous les jours.
Une chambre sur le campus ou chez l'habitant, ça revient cher.
Et puis la fac est pas si loin.
Mieux vaut prendre le bus.
Mon père arrive. Bye.
On peut se voir ?
Ton père t'a pris la tête ?
Ou ton patron ?
Je vois. Les deux.
Quand tu seras flic, donne ton bâton à ton père comme béquille.
Il te lâchera enfin la grappe.
À nous la belle vie !
Je ferai construire une maison en dur.
J'irai m'asseoir sur le toit en uniforme.
Les gens me salueront.
Et moi, je me lisserai les moustaches.
T'as pas de moustache.
Ta gueule !
J'en ai plus que toi.
Comme tu voudras.
Tu peux louer une moto ?
Pourquoi ?
Faut arriver à l'heure au match. Y a 5 000 roupies à gagner.
J'aurai un biryani ?
Tu peux te brosser !
Éliminé !
On l'élimine !
Allez, Shoaib !
J'étais bon.
Il est pas éliminé !
J'étais pas hors jeu.
T'es éliminé. Dégage.
Je parle à l'arbitre.
On veut pas de gens comme toi. Reviens pas ici.
Hein ?
Baisse les yeux. Fous le camp !
Tu te prends pour qui ?
Tu le touches pas, connard !
Comment tu oses ?
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