Les 200 premières lignes.
L'autre jour, il m'a dit
qu'à Manzhouli,
il y a un éléphant
qui reste assis sans bouger, l'enfoiré !
Les gens le persécutent peut-être...
Ou peut-être qu'il aime juste rester assis.
Je ne sais pas.
On vient le voir pour ça,
on lui jette des choses à manger,
mais lui reste indiffèrent.
Il m'a raconté cette histoire aussi.
Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Tu marches sur mon pantalon, là.
Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
La même chose.
Donne-moi de l'eau.
Ça pue ! Qui a ouvert cette putain de fenêtre ?
Je la ferme.
Trop tard, tout l'appart pue maintenant !
Encore une journée de merde !
La fenêtre de la cuisine.
Quoi ?
Personne ramasse les ordures, l'odeur passe par la fenêtre.
C'est pas pire que ta chambre !
Même la poubelle sent meilleur que ta chambre !
Où est ma carte cadeau ?
Aucune idée.
Tu l'as mise où l'autre jour ?
Sur le placard.
Elle est pas là.
J'en sais rien.
Il l'a volée.
C'est pas moi.
Tu l'as revendue devant le supermarché
et t'as tout claqué au cybercafé !
C'est pas vrai.
Qu'est-ce que tu sais faire à part ça, petite merde ?
Tu dis la même chose tous les matins.
Qu'est-ce que je dis ?
Va chez ta grand-mère. Tu me rends dingue.
J'y serais s'il y avait du chauffage.
On n'en a pas ici non plus !
Si toute la maison pue, c'est à cause de toi, putain !
Fous le camp.
Descends les sacs.
Qui t'a permis de brûler ça ?
Où je peux le faire ?
Où tu veux, mais pas dans la cité !
Ces ordures viennent d'ici.
T'es sourd ? Pas dans la cité !
Brûle-les ici !
Pour qui tu te prends ?
Brûle-les ici !
Tu te prends pour qui ? Descends !
Je suis ton père !
T'es qui, toi ? Descends !
Dégage maintenant.
Je reste jusqu'à ce soir.
Pas question.
Pourquoi ?
Je dois rendre un rapport et j'ai une réunion.
Parfois, quand on fume,
la peau des lèvres colle au filtre
et une tache de sang reste.
Tu vois ?
Donc ?
Tu m'as pas donné d'eau.
Je dois partir.
Va-t'en, alors.
Tu as utilisé la carte pour des cigarettes.
Non.
Tu as acheté quoi, alors ?
Tu l'avais ramassée dans la rue.
Un logement près d'une bonne école
coûte le triple du prix moyen.
Si on n'est pas dans un bon quartier,
notre fille ira dans une mauvaise école,
elle sera peut-être même maltraitée.
Même l'école où j'enseigne est très mauvaise.
On doit vivre dans un bon quartier pour avoir une bonne éducation.
Avec nos moyens, on ne pourra acheter qu'un petit appartement.
On ne pourra pas tous vivre dedans.
Ce sera trop petit.
C'est pourquoi on voudrait
que tu ailles en maison de retraite.
Chaque fois qu'on t'en parle,
tu crois qu'on veut t'abandonner.
Pourquoi je dois faire ça tous les matins ?
Pour devenir une bonne danseuse.
On m'a dit que je dansais déjà très bien.
Tu peux faire mieux.
À quoi ça sert ?
Redresse ton dos.
L'école nous a interdit de donner des cours particuliers.
J'ai même été dénoncé par un de mes élèves.
En école privée, j'aurais plus de liberté,
mais j'aurais moins d'aide sociale
et pas de sécurité de l'emploi non plus.
J'ai une opportunité de mutation
dans un autre établissement.
Mais il faut se battre.
En fait, c'est une école privée qui vient d'être rachetée.
Le salaire est pas mal,
mais c'est pas bon pour mon image.
J'hésite encore.
Je ne peux pas prendre mon chien avec moi,
donc pas question.
D'accord, je comprends.
Je veux que grand-père m'aide, il est plus doux.
Concentre-toi !
Ça ne va pas du tout, papa.
C'est si petit qu'elle n'a même pas de place pour faire ses devoirs.
Elle est obligée de les faire sur ta machine à coudre.
C'est mon appartement.
S'il te plaît, papa.
Ce n'est pas ce que tu penses.
À chaque fois, tu réagis comme ça.
Mais on t'a jamais forcé.
J'ai vu ta mère passer.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Il a crevé mon pneu.
Pourquoi tu l'amènes ici ?
Si mon père sait que le vélo est foutu,
il va me battre.
Qu'est-ce que tu comptes faire ?
Aucune idée.
On va voir ce qu'il veut.
Rachète-lui un nouveau portable.
Pourquoi ? C'est pas moi qui l'ai volé.
Pour en finir avec cette histoire.
Je n'ai pas peur de lui.
Je suis bien équipé.
Quelle bonne idée.
J'ai pris le pistolet de mon père,
il l'avait planqué.
Il ignore que je le sais, ça fait déjà deux ans.
À quoi ça va te servir ?
On essaie ?
T'as pris quoi, toi ?
C'est quoi, ce truc ? Une baguette ?
Mon père l'utilisait pendant les interrogatoires.
Ça laisse pas de trace.
Ton vélo.
C'est qui ?
C'est moi.
J'ai oublié mes chaussures.
Elles sont dans le placard.
Il y a quelqu'un ?
Non. Pourquoi tu rentres ?
Pour récupérer mes affaires.
Tu vas repartir ?
Quoi ?
Tu vas rester ici ?
Ce sont tes chaussures ?
Oui.
Il y a une fuite d'eau !
Il y a une fuite d'eau !
Qu'est-ce qui se passe ?
Y a encore une fuite. Tout est inondé.
C'est à cause de toi ?
C'est la troisième fois.
Soit tu fais réparer,
soit tu mets une bassine, d'accord ?
Ton gâteau est là.
Tu l'as écrasé ?
Non.
Je l'achète pour toi, et tu l'écrases ?
Non, c'est pas moi.
J'ai parcouru deux kilomètres,
il n'y avait pas de boulangerie ouverte, j'ai fait l'impossible pour l'acheter.
Je te dis que c'est pas moi qui l'ai écrasé !
Où est mon contrat ?
Trouve-le et lis-le-moi.
Tu m'entends ?
Il a voulu frapper Yu Shuai,
mais il a fini par s'agenouiller devant lui.
Comment tu le sais ?
J'ai tout vu.
N'arrête pas de filmer.
Tu l'as sur toi ?
C'est pas moi qui l'ai pris.
Tu l'as pas pris,
tu l'as volé !
Non, j'ai rien fait.
Rien d'autre n'a disparu, fils de pute.
Tu joues pas au basket, qu'est-ce que tu foutais là-bas ?
Tu penses que je n'ai rien vu ?
Je l'ai pas volé, j'en ai déjà un.
Qu'est-ce que tu as vu ?
Ça te regarde pas, enculé !
Il sert à rien, ce type.
T'aurais pu venir avec ton grand-père, au moins, il fait du taï-chi !
Dégage.
Je reviens à la pause.
Attendez-moi devant l'escalier.
Me faites pas attendre, fils de pute.
On y va.
Je vais rembourser la table cassée.
T'avais raison,
vaut mieux pas le contrarier.
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