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The Divine Order (Die göttliche Ordnung)
Kommentaari Juanitaybanana

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Julkaistu: 2020-11-09
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200 ensimmäistä riviä.

Woodstock, les manifs étudiantes,

les hippies, le Black Power,

la révolution sexuelle,

la libération des femmes...

En 1971, le monde était en effervescence.

"Je suis une femme, pas un jouet ni une mascotte"

Nous devons toutes nous unir

et dire : "Assez !"

"Femmes du monde, unissez-vous !"

Mais chez nous, en Suisse,

le temps semblait s'être arrêté.

LES CONQUÉRANTES

Dans notre village,

on n'avait aucune idée de ce qui se passait dans le monde.

- Soyez sages à l'école, hein ? - Oui, maman.

Tiens.

- Bonne journée. - À toi aussi.

Bonjour, Werner.

J'ai raccommodé les affaires du beau-père.

Merci, Therese.

- Il pourrait s'habiller de neuf. - Il est bien trop radin.

- Ça va, avec lui ? - Tu le connais.

Au club des femmes, on m'a demandé si tu reviendrais.

J'ai pas trop le temps.

Tu peux bien quitter la ferme une heure par semaine.

Tu nous manques.

Hanna !

Baisse la musique !

Elle ne nous parle plus. Pas un mot. Depuis une semaine.

- Il y a eu un souci ? - On l'a privée de sortie.

Toujours à traîner. Elle a encore changé de copain.

Tu connais son surnom ?

Marie-couche-toi-là.

Bon Dieu, Hanna !

Si tu lui parlais ? Elle t'écoutera peut-être.

Vous vous êtes toujours bien entendues.

C'est ma mère qui t'envoie ?

Elle se fait du souci pour toi.

Ils m'enferment et m'interdisent de voir Gioni.

Parce qu'il a les cheveux longs et est plus vieux que moi.

En tant que femme, tu ne devrais pas t'offrir comme ça.

Si tu as mauvaise réputation, tu ne trouveras plus de mari.

Je compte pas moisir ici comme femme au foyer.

Comme moi, tu veux dire ?

Avec Gioni, c'est du sérieux.

Avec le précédent aussi.

J'en ai marre de ce bled d'abrutis.

Gioni fait les Beaux-Arts à Zurich.

Si c'est l'homme de ta vie, il t'attendra.

Que je sois majeure ? Y en a pour 3 ans !

J'aimerais le revoir juste une fois. Pour des adieux.

Écoute, je vais parler à Therese.

Si je t'accompagne, ils accepteront peut-être.

Mais promets-moi d'obéir à tes parents.

Tu ne dois pas leur rendre la vie si dure.

Le Pacifique.

C'est un grand océan, immense.

Le Pacifique abrite une quantité incroyable de poissons.

Ceux qui vivent tout au fond de l'eau

ne voient jamais un rayon de soleil.

Vous imaginez ça ?

Des créatures extraordinaires vivent dans l'obscurité

et le silence total.

Des petites, des grandes.

À pois, à rayures.

Translucides.

Sans se douter qu'en haut, il y a du soleil et de la lumière.

T'as bien mesuré,

j'espère ?

Comment il se débrouille, notre jeunot

aux jolies bouclettes ?

- C'est une permanente ? - Arrête un peu.

C'est qui, ton coiffeur ?

Vous vous ennuyez ?

Cette année verra d'autres restructurations.

Non sans conséquences pour le personnel.

M. Ruckstuhl, je vous nomme chef de l'atelier menuiserie.

Dès votre retour du service militaire.

Autre chose.

Le 7 février, on devra s'exprimer sur le fâcheux suffrage féminin.

Tout ça à cause de la propagande de la gauche.

Le comité d'action contre la politisation des femmes

défend les intérêts des Suissesses, qui ne veulent pas de ce droit.

Notre comité a besoin de soutien.

Alors, prenez un bulletin de versement.

Toute contribution, même modeste, est la bienvenue.

Vous avez des qualités de chef. Les hommes vous respectent.

Vous ne me décevrez pas.

Merci, patronne.

Évidemment, vous serez augmenté. Je pensais à 150 francs.

Mes amitiés à votre épouse.

Agence Kuoni "Recherche secrétaire"

Nora, du thé !

J'ai cru que la mère Wipf voulait me virer.

On sait jamais avec celle-là.

T'as eu une augmentation ?

Oui, de quelques francs.

À table !

À table, les enfants.

- À la promotion de Hans ! - Félicitations !

Chef d'atelier...

Santé !

Je prendrais bien du pain.

Tu veux vendre une parcelle, il paraît ?

- J'ai une bonne offre. - Tu saccages la ferme.

Bon appétit !

C'est la parcelle d'origine.

Ça se brade pas, ça !

- Werner a dû bien réfléchir. - T'en mêle pas.

La ferme, c'est pas tes oignons.

Parlons d'autre chose.

Je peux donner mon avis, non ?

Déjà qu'il m'a chassé de ma ferme.

- Laisse-le faire, beau-papa. - Tais-toi !

Tu connais rien au métier.

Même ta fille, tu la tiens pas. Tu t'es vue ?

Tu parles de ma coiffure ou de ma jupe ?

Répondre, ça, elle sait.

De mon temps, c'était impensable.

C'est quoi, une Marie-couche-toi-là ?

Une fille qui... tous les hommes.

Imbécile !

Quelle honte !

Si tu étais un homme digne de ce nom, tu réagirais.

Je suis content qu'on n'ait pas de fille.

Les garçons, ça n'est pas toujours facile.

Au moins, ça ne rentre pas enceinte à la maison.

Il faut être deux pour tomber enceinte.

Mais c'est pas pareil.

Dis, et si je reprenais un travail ?

Un travail ? À l'extérieur ?

Juste à mi-temps. Kuoni a passé une annonce.

Là où j'étais en apprentissage, tu sais ?

- Un complément, ce serait bien. - Comment ça ?

On vit bien.

On pourrait s'offrir des vacances.

Écoute, poussin, on partira l'an prochain.

Je vais toucher plus.

J'aimerais bien faire un peu autre chose.

Juste le ménage et la lessive,

c'est ennuyeux.

Ennuyeux ?

J'ai une idée.

Je vais te faire un autre enfant, tu ne t'ennuieras plus.

- Je suis sérieuse ! - Moi aussi.

Non, arrête !

On se retrouve ici ?

- Dans deux heures. - Comment ça ?

T'inquiète pas, on fait juste un tour.

Non, pas question !

Hanna !

Nom de Dieu...

- Vous voulez rejoindre l'Union ? - Laquelle ?

- Pour les femmes, à Herisau. - Non, merci.

On se bat pour la libération des femmes.

- Je ne me sens pas prisonnière. - Ah ? C'est ça, oui !

Toute la journée le même refrain.

Tu m'étonnes que rien n'avance !

Sans mobilisation, on n'aura jamais le droit de vote.

Luzi ! C'est bon, va.

Ça lui tient à coeur...

Je ne suis pas contre.

Ni ouvertement pour.

Pour quoi faire ? Ça ne sert à rien.

Plus on se démène,

plus les hommes s'entêtent.

- Merci. - Si, ça sert.

Cette votation, en février,

on la doit aux femmes mobilisées depuis un siècle :

motions, pétitions, manifestations, lettres.

Elles n'ont pas baissé les bras.

À la campagne, on a besoin de femmes courageuses

qui élèvent la voix.

Prenez quelques brochures.

Elles en disent long.

Ça aussi.

Toutes celles-là...

Tenez.

Voilà. Elles sont gratuites.

Merci.

Bonsoir.

Quoi ? À Zurich ?

Oui, elle quitte la maison.

Elle a appelé il y a une heure.

Mon Dieu, Therese... Je suis vraiment désolée.

Comment tu as pu la laisser seule ?

Elle a parlé de faire un petit tour.

Elle nous mène tous par le bout du nez.

Elle va le payer.

Ça, c'est sûr.

Bon, je vais me coucher.

C'est pas ta faute, Nora.

Elle s'est servie de moi !

Elle reviendra dès que le type s'apercevra qu'elle est fauchée.

À propos de cette annonce...

J'ai réfléchi. Je serais là, le soir.

Il suffirait de dîner plus tard.

Je m'arrangerais pour le déjeuner des garçons.

On en a déjà parlé.

Mais pas jusqu'au bout.

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