Marthe

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Marthe 1997 FRENCH dTV 25 000 FPS
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Publicado el: 2018-09-11
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Las primeras 200 líneas.

Pierrot ! Ca va ?

C'est fini.

Putain, ca fait chier.

J'ai jamais baise.

Merde !

Merde.

T'es vraiment un con.

Sale petit branleur.

Les gaz ! Ils balancent les gaz !

Mettez les masques, bordel de merde ! Les masques !

- Equipez les blesses ! - Depechez-vous !

Equipez les blesses !

Mettez les masques ! Depechez-vous !

- Mettez les masques ! - Putain de merde !

Aide-moi.

Te bile pas. Je vais te faire un garrot.

Arrete de mater ta photo, Mouloud.

- Tu te fais du mal. - Toi, t'as jamais le mal du pays ?

Si.

A perpete.

C'est comment, chez toi ? Montre.

T'as de la veine.

Chez toi, c'est comment ?

Chez moi, c'est de l'autre cote.

En Alsace.

T'as une idee d'ou il nous mene, a cette allure ?

Par paquets de 10, tous les 20 km,

dans 8 jours, on est gare de l'Est.

Oh, verole ! Ca, ca m'irait.

J'y ai pas ete, a Paname, depuis l'Exposition universelle.

J'avais 12 ans.

Autant te dire que j'ai rien vu de Pigalle.

Elles monteraient avec un unijambiste, les putes ?

Tes biftons sont entiers ? Alors il y a pas de raison.

Peut-etre meme que t'auras droit a une reduction,

si l'une d'elles a le sens du commerce.

Rigole, mon couillon. Pour moi, c'est fini, la carmagnole.

Tandis que toi, ma poulette, avec tes eraflures,

des que ce sera ressoude, ils te refoutront dans le chaudron.

Plutot crever. Moi, j'ai les deux.

Et a la premiere occase, je m'en sers, de mes abattis.

Si je file, il faudra cavaler pour me serrer.

Si tu le fais, j'en suis. Et mort aux vaches.

Regarde-le.

Tu respectes pas la Republique.

Qu'elle creve.

Elle nous en a siffle, du resine,

la mere patrie.

Ce qu'il m'en reste, je le garde pour ma consommation personnelle.

En tout cas, j'y retournerai pas. T'as entendu ?

L'argousin,

t'entends ? On n'y retournera pas !

Nom de Dieu ! C'est a peine croyable.

Excusez le blaspheme, ma soeur, mais elle est raide, celle-la.

Vous pouvez vous vanter d'avoir une belle sante.

Allez, respirez a fond.

Gonflez bien les poumons.

Expirez.

Toussez un peu, pour voir.

Encore.

Les aciers allemands, tout de meme, c'est propre, c'est net.

Vous pouvez tresser des couronnes au Teuton qui vous a fait ca.

Non seulement, il n'a rien touche de vital,

mais il a cauterise l'hemorragie a la graisse de canon.

Ma soeur,

vous le badigeonnez au zinc

et vous faites un bandage serre du thorax.

Qu'il n'aille pas me saloper un si bel ouvrage.

Mon colonel ?

Autre chose ?

Je suis reforme ?

"Reforme" ?

Pourquoi pas pensionne ?

Bientot, vous courrez comme un lapin.

Votre chance ne vous suffit pas, mon garcon ?

Allez.

Mademoiselle, regardez ce que j'ai trouve !

C'est une coquille de bernard-l'ermite.

Ils n'ont pas de coquille a eux, Therese.

Ils sont comme les coucous, ils vont dans le nid des autres,

dans un coquillage vide.

C'est un bulot.

Ah bon ? Mais ca fait rien, il est joli quand meme.

Tu as raison, Therese. On va le garder.

Cours, Therese, cours !

Le chapeau de ma maitresse s'est envole.

Il est venu me dire bonjour.

- Comment tu t'appelles ? - Therese.

Et ta maitresse, celle qui a perdu son chapeau,

elle s'appelle comment ? - Mlle Marthe.

Mlle Marthe.

Bonjour. Je crois que ceci vous appartient.

Merci.

Sans vous, je n'avais plus de chapeau.

Sans moi, Therese l'aurait rattrape.

Vous etes le papa ?

On vient de faire connaissance.

Oh, pardon.

Son pere est mobilise aussi. J'ai cru que...

Non, mais y a pas de mal.

Je suis en convalescence.

T'es blesse ?

Oui. T'inquiete pas, ca se voit pas.

- Vous avez ete gaze ? - Non, meme pas.

Je peux aller dans ton cou ?

- Mais tu y es deja, dans mon cou. - Non, la.

- Ah, grimper sur mes epaules ? - Oui.

N'exagere pas, s'il te plait.

Non. Laissez-la. J'adorais ca, quand j'etais gosse.

Mais fais attention, je suis encore un peu mal dedans.

Il me met toujours dans son cou, mon pere.

En attendant qu'il revienne,

c'est moi qui ferai le cheval. Promis.

- Vous etes institutrice ? - J'essaie.

C'est ma premiere annee d'enseignement.

Je ne pensais pas que c'etait si prenant.

J'ai l'impression qu'elles sont a moi, que j'ai plein d'enfants.

Ca vous va bien.

Je vous regardais tout a l'heure.

Vous etes belle.

Vraiment belle.

Je ne veux pas vous blesser en arretant la notre conversation,

mais je dois ramener mon petit troupeau.

La lecon de sciences naturelles va continuer en classe.

J'ai ete tres heureux de vous rencontrer.

Moi aussi.

Sincerement, moi aussi.

Au revoir, monsieur.

Simon.

Au revoir, Simon. Merci pour le chapeau.

Mademoiselle !

Vous n'oubliez rien ?

Mon Dieu ! Therese, descends vite.

On s'en va.

Merci, Simon. Vraiment, merci.

Au revoir, Simon.

- Il est beau, hein ? - Chut, Therese. Tu es incorrigible.

Tu me connais, alors moi, je balance au juteux aussi sec.

Je me suis pas degonfle.

Les militaires, je vous rembarque ou vous restez sur le quai a cuver ?

Roule sans nous, on prendra l'autre. Mes potes et moi, on a encore soif.

Y en a pas d'autre. Je vais pas m'emmerder pour des soulards.

Ta gueule, toi, le capitaine. On avait convenu jusqu'a 18 h.

On le paye assez cher, ton sabot.

Alors tu reviens.

- Ouais. - Non, mais sans blague.

- Allez, allez. - Allez, les gars ! On y remonte !

Quel tete de con !

On se soigne, a ce que je vois.

Il faut bien commencer. Tu viens t'en jeter un ?

Non, merci. Pas aujourd'hui.

Tu peux pas nous faire ca ?

Vider des chopines, y a que ca a faire. Allez, viens !

Non. Je cherche le bureau de poste.

Traine pas trop.

L'autre con, il termine a 18 h. Et encore, il a fallu que je gueule.

A la poste, mon cul, oui !

C'est le tambourin, qu'il doit chercher.

Il va pas etre decu.

Ouais, t'as raison. Tu parles d'un bled.

J'ai jamais vu ca : un port ou il n'y a pas un petit boxon.

Mais ou elles sont, les putes ?

Pas trop vite.

Pas de bousculade.

Allez, on avance, on avance.

Ta maman t'attend. Allez, hop hop hop !

- Therese. - Simon, t'es venu me chercher ?

- J'avais envie de voir ton ecole. - Ben, c'est la.

Tu me mets dans ton cou ?

Allez, vas-y.

C'est ton commandant ?

Ouais, si on veut. Qu'est-ce qu'il vient faire ici ?

C'est normal, il fricote avec Mme Bireau.

Mme Bireau ? C'est qui, Mme Bireau ?

Ben, la directrice, tiens !

- Il vient souvent ? - Tous les jours.

Elle lui fait la soupe, il dort avec elle tout le temps.

Mais c'est pas grave,

elle a plus de mari, Mme Bireau, alors c'est son amoureux.

- Bon. Alors, tu m'emmenes ? - Ouais.

Non, attends.

Attends encore une seconde.

- Vous dinez avec nous, ce soir ? - Non, merci. J'ai peur d'abuser.

J'ai mes cahiers a corriger.

Vos cahiers attendront bien. Demain, c'est dimanche.

- Vous restez trop souvent seule. - Cela ne me derange pas.

- J'aime beaucoup la solitude. - Non, je ne vous crois pas.

De toute maniere, a votre age, ce n'est pas sain.

Allez, venez, s'il vous plait.

Apres diner, nous jouerons aux cartes.

Vous savez la pietre adversaire que je suis

et le plaisir que Victor a a vous affronter.

C'est entendu, je viendrai.

Alors nous vous attendons a 19 h sans faute.

Dis donc, t'aurais pas un peu le beguin, toi ?

Bande de saloperies.

Qui est le salaud qui m'a vole ma photo ?

Deconnez pas, les gars.

Deconnez pas.

C'est la seule photo que j'ai d'elle. C'est ma fiancee.

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