David Attenborough's Natural History Museum Alive
La unuaj 200 linioj.
Le Museum d'Histoire Naturelle.
L'une des attractions les plus prisées de Londres.
Il y a parfois tant de monde
qu'il peut être difficile de voir les vitrines
d'aussi près que vous l'auriez souhaité.
"Mesdames et messieurs,"
"le musée ferme dans 5 minutes."
"Veuillez SVP vous diriger vers les sorties. Merci."
Aussi est-ce un immense plaisir de parvenir
tant bien que mal - à jeter un coup d'oeil
quand tous les autres visiteurs sont partis.
Peut-être avez-vous pu voir
- si vous avez eu de la chance - certaines de ces créatures dans la nature.
Mais il y a des animaux que vous ne verrez jamais de vos propres yeux...
...parce qu'ils sont éteints.
Et parmi eux se trouvent un ou deux mystérieux -
pour ne pas dire suspicieux - spécimens que je voudrais examiner
tels qu'ils étaient lorsqu'ils vivaient encore.
C'est un endroit immense.
Il y a environ 70 millions de specimens ici, m'a-t-on dit.
Et le premier auquel je voudrais jeter un coup d'oeil
est tout là-haut, au dernier étage.
Certains diraient que d'un point de vue scientifique, c'est le specimen
le plus important et le plus cher de tout le musée.
C'est un fossile nommé "Archaeopteryx"
qui fut préservé pour le musée par son premier directeur,
le professeur Richard Owen, en 1862.
L'obtenir ne fut pas facile.
La compétition internationale faisait rage,
et on procédait à de nombreuses fouilles
qui coûtaient sans doute une petite fortune.
Mais quelle sorte de créature était Archaeopteryx lorsqu'il vivait encore ?
Les os de ses deux pattes étaient longs, si bien qu'il devait se tenir debout.
Une queue osseuse et un long cou.
Sa tête était munie de fortes mâchoires osseuses garnie de dents comme celle d'un reptile
et ses bras possédaient trois longs doigts, chacun équipé d'une griffe.
Vous pensez sans doute qu'il s'agissait d'une sorte
de lézard bizarre avec bras fins et capable de se tenir debout.
Mais il y a autre chose...
Cette dalle prouve qu'il avait plus que des os :
des plumes.
Archaeopteryx vivait il y a environ 150 millions d'années,
bien avant l'apparition des vrais oiseaux.
Ces plumes sur ses bras lui permettaient sans doute de planer.
Mais ce n'est pas tout.
Il avait le pouvoir de voler.
Les marques sur les os montrent que suffisamment de muscles y étaient attachés
pour qu'il soit capable de battre des ailes.
De plus, un scanner récent de son crâne
a montré que son cerveau l'avait doté des sens et des réactions
nécessaires à la maîtrise du déplacement dans les airs.
Cette créature était mi-reptile, mi-oiseau.
C'était la première preuve que, dans la préhistoire,
il existait des formes intermédiaires
reliant les grands groupes très différents d'animaux
que nous connaissons aujourd'hui.
Mais si Archaeopteryx pouvait à coup sûr voler,
il pouvait aussi s'accrocher aux branches et aux troncs des arbres
comme un reptile arboricole, grâce à ses doigts griffus.
Il y avait à cette époque des insectes volants.
Et les dents d'Archaeopteryx montrent que c'était un chasseur.
Voici le professeur Richard Owen,
l'homme qui a acquis ce fossile et construit ce musée.
Bien que n'étant pas d'accord avec les théories de l'évolution de Darwin,
il fut l'un des plus grand scientifiques de son époque
et avait un don particulier pour interprèter les fossiles.
En 1839, un grand fémur fut envoyé au musée depuis la Nouvelle-Zélande.
Owen déduisit de sa structure interne
qu'il devait avoir appartenu à un oiseau.
Dans ce cas, ç'avait dû être un oiseau géant.
Les Maoris de Nouvelle-Zélande racontaient des histoires d'oiseaux géants incapables de voler
qui avaient vécu sur leurs îles,
mais les Européens les avaient prises pour des mythes.
En fait, le professeur Owen se procura suffisamment d'ossements
de ces grands oiseaux pour assembler le squelette complet de l'un d'eux.
Ce n'était pas un mythe.
Dans leur légende, les Maoris l'appelaient le "moa"
et les recherches du professeur Owen ont montré qu'il avait bien existé.
Mais était-ce l'oiseau le plus grand ayant jamais vécu ?
Il existait plusieurs espèces différentes de moa,
et celle-ci était la plus grande.
Debout, il mesurait 3 mètres.
Mais ressemblait-il vraiment à ça lorsqu'il vivait ?
On peut connaître le port de tête d'un animal
grâce au point d'ancrage du crâne et du cou.
S'il se trouve sous le crâne,
alors le cou devait être droit.
Mais la jointure de ce cou de moa se situe plus à l'arrière du crâne,
aussi devait-il se tenir plus à l'horizontale, comme ceci.
Alors, le moa géant était-il le plus grand oiseau
ayant jamais existé ?
Eh bien, s'il redressait son cou, il devait sûrement être le plus grand.
Vous devez penser qu'un oiseau aussi gigantesque
ne devait pas avoir d'ennemis
dans les lointaines forêts isolées de Nouvelle-Zélande.
Eh bien, il y a aussi une légende Maori sur un grand oiseau prédateur, un aigle,
qui vécut à la même période.
De plus, il existe des ossements qui le prouvent.
Cet oiseau colossal était presque 2 fois plus lourd
que le plus puissant des aigles d'aujourd'hui.
Transporter un moa géant devait demander un effort énorme.
Ils étaient eux-mêmes forts et lourds.
Et l'aigle a une vue perçante...
...un bec de la taille d'un hachoir de boucher...
...et des serres affûtées comme des rasoirs aussi grosses que les griffes d'un tigre.
Le mot grec pour "grappin", ou "serres", est "harpax".
Et ce mot a donné son nom à cet oiseau.
C'est "Harpagornis".
C'était un prédateur mortel.
C'est le plus grand aigle ayant jamais existé.
Et il a vécu dans les mêmes forêts que les moas.
Nous savons que Harpagornis chassait les moas
car on a trouvé des squelettes de moa
présentant des trous dans leurs os pelviques
qui correspondaient exactement à la forme des griffes de l'aigle.
Il était même sans doute assez fort
pour aggripper d'une seule patte le dos d'un moa
et lacérer le cou de sa victime de l'autre.
Mais on dirait que ce moa va parvenir à s'échapper - pour l'instant.
Tout comme ces millions de spécimens d'animaux et de plantes,
le museum possède aussi des archives vastes et fascinantes,
remplies de journaux scientifiques du monde entier, de lettres d'explorateurs,
et même d'affiches et de notes manuscrites, si toutefois elles ont quelque chose à voir
avec l'histoire naturelle.
Au 19ème siècle,
quand le professeur Owen avait la charge de ce museum,
de nouvelles choses exraordinaires étaient mises à jour dans tous les coins du monde,
et le Pr. Owen tenait beaucoup à ce que son musée obtienne les meilleures d'entre elles.
Il y mit à l'abri l'Archaeopteryx d'Allemagne
et les moas de Nouvelle-Zélande.
Mais parfois, des choses vraiment étranges atterrissaient sur le pas de sa porte.
Et, bien sûr, des quantités de créatures très bizarres
étaient exhibées à Londres et alentour, à l'époque victorienne.
On peut voir ici un monstre extraordinaire
qui fut exhibé à Piccadilly.
Un bonimenteur américain du nom de Albert Koch
demandait un shilling par tête pour pouvoir le voir.
Le professeur Owen décida d'enquêter.
Il sentait que quelque chose clochait,
mais malgré tout, intrigué, il l'acheta.
Quand il l'eut rapporté au musée,
il put l'examiner en détails.
Il était, de fait, gigantesque,
et plus gros que tout ce qu'il avait dans son musée à cette époque.
Koch, le bonimenteur,
avait déterré les os dans le champ d'une ferme du Missouri
et prétendait que, vivant,
l'animal mesurait 9 mètres de long et près de 5 mètres de haut.
On pensait que c'était un terrible prédateur
qui se servait de ses extraordinaires défenses pour embrocher ses victimes,
sans doute en balançant sa tête d'un côté sur l'autre.
Je suis certain que le professeur Owen
en parlerait très volontiers.
Il a sans doute compris que les angles arrondis et émoussés
de ces énormes molaires seraient très efficaces
pour mâcher de jeunes branches, des pommes de pin ou la rude végétation de la forêt,
mais que manquaient les dents affûtées indispensables
pour découper de la viande.
Ce n'est pas la mâchoire d'un carnivore.
Il devint bientôt évident
que Koch avait accru la taille du squelette
en y ajoutant des vertèbres, des côtes, et même des morceaux de bois.
Le Léviathan du Missouri était une escroquerie.
Alors, Owen retira les morceaux en trop.
Puis il replaça les os ensemble, dans le bon sens.
Enfin, il retira les curieuses défenses
et les replaça dans la bonne position.
Il paraît maintenant évident qu'en fait,
elles pointaient plus ou moins dans la même direction
que celles d'un éléphant moderne.
Ainsi, nous voici aujourd'hui avec non pas le Léviathan de Koch,
mais avec le mastodonte d'Owen,
un parent végétarien de l'éléphant
qui vécut il y a 12 000 ans en Amérique du Nord et Centrale.
Il a peut-être un peu diminué en taille,
mais c'est toujours un animal étonnant.
Notre compréhension du mastodonte est un peu plus précise aujourd'hui
grâce au professeur Owen.
Mais ce n'était pas la seule créature de ce musée
à être victime d'une erreur de représentation.
Ce pauvre vieil oiseau est un "dodo".
On le trouvait sur l'île Maurice, dans l'Océan Indien,
et c'est presque certainement la 1ère espèce animale
exterminée par l'homme dans l'Histoire.
C'est pourquoi on dit aujourd'hui "aussi mort qu'un dodo."
Mais en dépit de sa célébrité, celui-ci est un faux.
Ses plumes sont celles d'une oie, ses pattes copiées sur celles de la dinde
et son bec, je suppose qu'il est en plastique.
Le musée peut être pardonné
car on n'a trouvé aucune peau ou plume de dodo.
son apparence a subi l'influence de peintures telles que celle-ci,
peinte au 17ème siècle par un artiste hollandais, Roelandt Savery,
mais il n'avait jamais vu de dodo vivant
et il basa sa représentation sur les récits de marins.
Je me suis souvent demandé si les dodos ressemblaient vraiment à ça,
mais malheureusement, ils ont tous disparu
avant que quiconque n'ait pu se pencher sérieusement sur eux...
...jusqu'à maintenant.
Cette drôle de créature rondouillarde
montre comment nous voyons cet oiseau aujourd'hui.
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