Notes for My Son

Notes for My Son (El cuaderno de Tomy)

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Notes for my son - El Cuaderno de Tomy - Le Cahier de Tomy (2020)
Ένα Σχόλιο από Poseur2lapin
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Δημοσιεύτηκε στις: 2020-11-26
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Οι πρώτες 200 γραμμές.

Voici l'histoire de mon ultime souhait.

Un rêve que je veux partager avec mon fils.

C'est le but de ce cahier.

Voici le livre que maman a écrit pour petit Tomy.

Dans l'espoir qu'il apprenne l'importance d'être soi-même

et qu'il y découvre son histoire.

J'espère pouvoir le finir.

Par ici, descendez.

Pardon.

On viendra vous chercher en salle d'attente.

Prenez son sac pour…

SALLE DE RÉANIMATION

Merci.

Fede, pas question de rester ici.

Avec l'assurance, tu auras une chambre à toi.

Très bien, mais appelle l'assurance, harcèle-les.

Six mois de traitement, il me faut un lit.

Je ne les lâcherai pas.

- Harcèle-les. - Oui, ne t'en fais pas.

- Tu as parlé à Tomy ? - Il venait de se lever.

J'ai dit à ton père que j'irais le chercher.

- Tu as parlé aux médecins ? - Oui.

Et ?

Ils te donneront de la "tose" ou "tilose", j'ai oublié,

contre l'occlusion intestinale.

Et je dois rester ici ?

Le temps que ça agisse.

Arrête, je ne suis pas idiote. On m'a enlevé les ovaires, pas le cerveau.

Ils ne me gardent pas pour surveiller que je chie. Alors ?

- Bon… - La phrase "Il faut qu'on parle"

annonce toujours une catastrophe,

mais celle-là était gratinée.

Deux jours après mon ablation de l'utérus, des ovaires

et d'autres bricoles pour analyse, j'ai compris que quelque chose clochait,

mais même le chirurgien n'osait pas me l'avouer.

Quand on est condamné, tout est plus fort, plus intense.

On veut sentir, déguster, aimer,

mais cette intensité est insoutenable,

trop lourde pour un corps malade.

Alors, on cherche des échappatoires pour se distraire, s'amuser.

C'est le rôle des réseaux sociaux, surtout Twitter,

qui sert à débattre pendant des heures de sujets comme "tampon ou serviette",

mais aussi à raconter ce qui m'arrivait.

Le cancer, c'est comme la grippe,

il n'y a pas à en avoir honte. Mais c'est mille fois pire.

Ne pas en parler, c'est valider l'expression :

"une maladie longue et pénible."

Ma publication m'a valu plein de messages d'amour

venant de parfaits inconnus.

Sans vouloir vexer personne,

il y a une phrase que je déteste entendre :

"Tout ira bien."

Mon cul.

Dire à une cancéreuse que tout ira bien,

c'est comme promettre une oasis à quelqu'un qui traverse le désert.

Demain, il va à l'école.

On va vous mettre sur le lit.

Doucement.

Voilà.

Vos pantoufles.

Attention à la perfusion. Tu me passes la télécommande, Luis ?

Regardez. Ce bouton sert à demander un thé,

à aller aux toilettes et tout ça.

Ce bouton-là contrôle la morphine. Dès que vous avez mal, n'hésitez pas.

N'attendez pas que la douleur soit trop forte.

S'il vous faut autre chose, appelez.

D'accord, merci.

Au revoir.

Alors, la chambre te plaît ?

Pas mal, non ?

On voit même dehors.

- La vue est belle ? - Rien d'extraordinaire.

C'est même plutôt moche.

Tu restes dormir ?

Bien sûr.

Et Tomy ?

J'ai tout prévu.

Ton père ou ma mère l'emmène à l'école, je vais le chercher,

on passe te voir, et je le ramène à la maison.

- Tu vas dormir sur ce canapé ? - Oui.

Pas sûr que ça passe.

Je demanderai un duvet à Adrián.

- Ils nous foutront dehors. - En journée, je l'enlèverai.

Ça va le faire.

- Federico ? - Oui.

Ça va ? Diego Vigna, médecin-chef.

- Enchanté. Ça va ? - Oui.

Le dimanche, je ne porte pas la blouse, mais je viens voir mes patients.

- Les maladies ne prennent pas de congés. - Non.

J'ai vu María. Je vais tout vous expliquer.

Ce n'est pas une occlusion intestinale. La tumeur appuie sur le duodénum.

Ça ne s'annonce pas bien,

mieux vaut que María reste hospitalisée.

Vu son état, on ne peut ni opérer ni continuer la chimio.

Que peut-on faire ?

En attendant, on peut améliorer sa situation.

Je lui prescrirais des corticoïdes pour ralentir la tumeur.

Tout ça, c'est du court terme. Pour la maladie, on ne peut rien faire ?

Si, on peut faire beaucoup.

On peut réduire la douleur, par exemple, ce n'est pas rien.

On peut l'accompagner, c'est très important.

Dans des cas comme ça, j'ai deux priorités.

Que le patient ne souffre pas et qu'il rentre chez lui dès que possible.

Mieux vaut attendre chez soi,

dans un lieu familier, parmi ses proches.

Il y a des araignées qui ont deux yeux et d'autres qui en ont plus.

Et combien elles ont de pattes ?

Je ne sais pas, mais…

Il faudra que je regarde.

Bonjour !

- Bonjour. - Donne-moi ton sac.

- Voilà. - C'est gentil de venir.

Ça va ? C'était bien, l'école ?

Aujourd'hui, je n'ai…

- L'autre jour, j'ai raté l'école. - Vraiment ?

C'est trop bien que tu sois venu me voir.

J'irai à l'école près de chez nous pour voir s'ils ont une place.

Attention, c'est haut.

Regarde, c'est un lit spécial. Un lit robot.

Oui, fais-moi monter.

Il faut bien me lever les pieds et me baisser la tête.

Au revoir !

Je me plie en deux !

Allez !

Au revoir !

Quand j'appuie sur ce bouton, ça explose.

Il y a une bombe qui tombe du ciel, et ça explose.

Super idée, Tomy, fais exploser le lit.

Fede ?

Apporte-moi un cahier.

Lourdes en fait des artisanaux.

Il y en a un beau avec un loup sur la couverture.

Je veux écrire à Tomy.

D'accord.

ACCUEIL

On avait rendez-vous à 10 heures.

Il est 10 h 20.

On va rater les horaires de visite.

On a jusqu'à midi, Maru.

Bonjour.

- Les visites, ça finit quand ? - À midi.

Bonjour.

Alors, elle a dit quoi ?

Les voilà.

Les garces ! Elles s'étaient retrouvées avant.

Du calme.

Fallait prévenir qu'on venait ensemble.

On voulait juste lui apporter un petit quelque chose.

Un cadeau ? Mais on n'a rien, nous.

Pas grave, on partage.

C'est de notre part à tous.

- N'importe quoi. Va acheter un truc. - Où veux-tu que j'aille ?

Je ne sais pas, peu importe.

Il y a un centre commercial pas loin.

- Tu déconnes ? - Bon.

- Donne les clés, j'y vais. - Non, montez, je vous rejoins.

Je viens, au cas où.

- Elle est dans quelle chambre ? - La 216.

- 216. Pourquoi elle le prend comme ça ? - C'est pas grave.

Attendez, on ne va pas débarquer tous ensemble, si ?

- On fera des groupes. - Laissons-la souffler.

Non, à droite.

Ça va ?

- Ça va ? - Salut.

- Ça va ? - Bien.

Ça va ? Vous allez devoir attendre, elle est avec le médecin.

- Les autres arrivent. - Tout le monde est venu ?

- Oui. - Bien sûr.

- Ils nous laisseront tous entrer ? - Je ne sais pas, on verra.

Tu veux t'asseoir ?

Elle va bien ?

Ça va. Elle est calme.

Elle a mal ?

Pas trop, elle dit que c'est supportable.

Tu la connais.

Je lui ai dégotté une chambre grand luxe. Cinq étoiles.

Super.

Très bien.

- Comment vous sentez-vous ? - Mal.

Je suis hospitalisée. Les médecins défilent, impuissants.

J'en ai marre d'être alitée.

Je comprends. Et la douleur ?

Non, de ce côté-là, ça reste supportable.

- Vous êtes allée à la selle ? - Non.

On va continuer à surveiller ça.

Je vous redresse un peu, qu'on soit face à face.

Voilà.

Ça va ?

Très bien.

Moi aussi, la pêche.

Dites. Quand je n'en pourrai plus, vous m'endormirez, c'est ça ?

Il faudra en parler tôt ou tard,

une bonne fois pour toutes, mais pas aujourd'hui.

J'ai longtemps à attendre ?

- À attendre quoi ? - Ce moment.

On ne peut pas le savoir.

Mais personne ne part avant l'heure.

Rassurez-vous, je ne peux pas accélérer les choses.

- La chambre vous convient ? - Oui.

Je veux que vous soyez à l'aise.

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