Οι πρώτες 200 γραμμές.
Il y a certaines heures de la nuit
où je suis éveillée par le son d'un train.
Ça rugit à travers
tout mon appartement. Et quelquefois,
on dirait que ça va me soulever de mon lit.
Comme un tonnerre assourdissant.
Et puis, le silence.
Je me sens seule.
Je vous arrête une minute.
Vous voudriez bien chanter ?
- Une chanson ? - Oui, oui, une chanson.
Mais c'est que je n'ai pas préparé de chanson.
Ça ne fait rien. Laissez-vous aller.
- Alors, quelle chanson ? - Celle que vous voulez.
Quand vous serez prête.
My Bonnie lies over the ocean
My Bonnie lies over the sea
My Bonnie lies over the ocean
Oh bring back my Bonnie to me
Bring back bring back
Oh bring back my Bonnie to me to me
Bring back bring back
Oh bring back my Bonnie to me
Je connais pas la suite, je m'excuse.
Ça ne fait rien.
C'était très bien.
Merci.
Bonne journée.
Vous aussi.
Merci.
Il me semble qu'un souffle émane d'elle.
Quel ciseau délicat...
a pu tailler ainsi des lèvres qui respirent ?
Et que nul ne se moque de moi...
car je veux l'embrasser.
Ah... elle est chaude.
Si c'est de la magie...
qu'être magicien soit aussi légitime
que de manger.
AU FIL DE L'HIVER
Oui, on vient juste de finir... À l'instant.
Je suis dans la loge...
Non, mon estomac m'a fait râler toute la journée...
- Oui, je te jure... Non... - On se voit demain soir.
Attends. Ruthy, je sais qu'on est presque à la fin,
mais le plancher était bruyant, ce soir.
- Je suis désolée. - C'est pas de ta faute.
- Je vais le vérifier. - O.K.
Tu sors ce soir ?
Peut-être pour un verre. Toi ?
Je crois que je vais rentrer chez moi. Je suis vannée.
Désolée du retard, tout le monde.
Harold a eu un problème d'ordinateur. Voilà.
Reese, une femme dehors a demandé à te voir.
Elle t'attend près de l'entrée des artistes. Plutôt classe,
- si tu vois ce que je veux dire. - Merci, Ruthy.
Merci, Ruth.
- Reese ? - Ouais.
Salut. Lori Lansky.
- C'était extraordinaire ! - Merci.
La fin était si émouvante
et ce voleur était tellement fascinant !
- Ravie que vous ayez aimé. - Reese.
Salut. Ah, Ray. Elle, c'est Lori.
- Salut, Lori. - Salut, Ray.
- C'était excellent. Merci. - C'est gentil.
- Tu viens au Niagara ce soir ? - Hum-hum.
Cool ! À tout à l'heure !
- Au revoir. - Au revoir, Ray.
Notre voleur se défile.
Alors, je vous paie un verre ?
Hum... mais qui êtes-vous ?
Je travaille dans l'édition.
Hum... je dois aller retrouver notre voleur.
Je pourrais me joindre à vous ?
Si vous voulez.
C'est à propos de mon père ?
Si on veut, oui.
Alors, quoi de neuf, hein ?
- Toujours pareil. - Tu te tiens loin des ennuis ?
- J'essaie. - Je vais régler ça.
Ça va, c'est la maison qui vous l'offre.
- Oh, merci. - Santé !
Alors, à propos de votre père...
Vous voulez savoir s'il n'aurait pas...
caché un manuscrit ?
Ou bien encore ce qu'il met dans son Cherry Coke,
s'il se masturbe en écrivant. C'est pas ça ?
Tous les secrets puants et peu reluisants ?
Ah, la meute de loups s'est déjà jetée sur vous.
Vous pouvez pas vous en empêcher.
Il nous cache son travail
- depuis bientôt deux décennies... - Vous n'avez rien manqué,
c'était de la merde.
- Paraîtrait qu'il y a un roman ? - J'en douterais.
Les deux premiers chapitres ont atterri
à sa maison d'édition.
Ça fait sept putain d'années.
C'était que 37 pages de toutes sortes de bêtises.
Y avait tellement de fautes d'orthographe,
l'éditeur croyait qu'il avait voulu imiter
le langage d'un illettré.
Eh bien, j'aimerais croire qu'il travaille à l'oeuvre de sa vie.
De toute façon...
je suis pas ici à cause du roman.
Au début de leur relation,
vos parents se sont écrit régulièrement durant trois ans.
Apparemment - et je ne crois pas vous l'apprendre -
votre père se faisait passer pour un Américain furieux
qui vivait en exil.
Et pendant ces années où ils se courtisaient,
il habitait le sud de la France.
Maintenant, si j'ai bien retracé le fil des événements,
votre père écrivait les premiers chapitres de People's Park,
et votre mère, elle, terminait ses études ici, aux États-Unis.
À un certain moment, avant que votre mère ne décède,
votre père lui avait retourné toutes ses lettres.
Votre mère les a rangées dans une boîte.
Et ?
Et elle vous a légué toute la collection.
Et ça, c'est une de ces lettres ?
C'est une photocopie
d'une des premières, oui.
Il y a approximativement 150 paires de lettres.
Comment vous avez eu celle-ci ?
Du frère de votre mère.
Oncle Dick ?
Richard était l'exécuteur testamentaire.
Comment vous l'avez trouvé ?
J'ai assisté aux funérailles. J'espérais vous y rencontrer.
J'avais une première ce soir-là.
Bien sûr.
Salut.
C'est l'heure de la livraison des épices.
Pardon ?
Excusez-moi une seconde.
Ah oui.
Donc vous voulez les lettres ?
Oui. J'aimerais vous les acheter.
Qu'est-ce que vous offrez ?
J'offre 100000$.
Cinquante sur livraison des lettres
et... et...
le reste à la publication. Il me fera vraiment très plaisir
de vous recommander un agent littéraire.
Comme c'est généreux !
Euh... Reese, vous et votre père, vous vous parlez ?
Aucune importance.
Pourquoi donc ?
Parce que je vais pas vous les vendre.
Juste une minute ! Mais...
Dites que vous y penserez, au moins.
Si vous changez d'avis, appelez-moi.
Mon numéro personnel est à l'endos de cette carte.
Je vous laisse y penser.
Va-t'en, tu veux ?
- Reese ? - Robert !
- Salut. - Salut.
- Alors, quoi de neuf ? - Toujours pareil.
Je me fais chier : auditionner, travailler...
regarder mon linge sale se multiplier.
Que fais-tu au centre-ville ?
Bien, j'ai un contrat pour surveiller un...
loft sur Bond Street.
Je dors en semi-permanence sur le sofa.
Tu joues ces jours-ci ?
Ouais. Dans Contes d'hiver. On joue à La Mama.
Mais on finit ce week-end. Et toi ?
Tu travailles à quelque chose ?
J'ai fait une sorte d'atelier Molière plutôt extrême
dans un ring de boxe. C'était dingue.
On a fini il y a quelques semaines déjà.
Je commence à songer sérieusement
à déménager au Colorado.
Travailler sur un ranch ou je sais pas.
La vraie vie ! Les vaches, et tout ça.
J'ai su pour ta mère. Je suis vraiment désolé pour toi.
Ah, merci.
Ça va aller ?
Oui, ça peut aller.
Si l'envie te prenait de me convaincre
de ne pas partir au Colorado...
donne-moi un coup de fil. D'accord ?
Je garde encore ce truc stupide. Minutes à profusion !
À un de ces jours !
Il y a 15 ans, je trouvais qu'il était si brillant et sexy,
la plus chouette personne que j'avais connue.
Maintenant, juste à l'idée d'avoir à me retrouver
au même endroit que lui me rend complètement malade.
Ce que le temps peut faire à deux personnes...
C'est une chance qu'on ait pas eu d'enfants.
Est-ce que tu vas bien ?
- Oui. Pourquoi ? - J'en sais rien.
T'as l'air si loin dans tes pensées.
T'as à peine touché ta salade.
Je crois que j'ai juste un peu le cafard.
C'est la dernière et j'ai rien d'autre en vue.
Tu peux me confier tout ce que tu veux.
Je détesterais voir notre petit pacte d'admiration mutuelle
se briser parce que la pièce se termine.
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