Die ersten 200 Zeilen.
Hum ! L'Afrique.
- À Tanger ! - Allez, on porte un toast !
À Tanger !
- Combien de temps ça peut prendre,
ramener une voiture, bon sang ?
- On est au Maroc, pas à Milton Keynes.
- Eh ! Non, mais ça va pas ? - J'ai rien fait.
Arrêtez.
Par chance, on dort pas ici.
- Hum... On va dormir ici au retour.
Ça va être intéressant.
- Intéressant d'une bonne ou d'une mauvaise façon ?
On est à 600 kilomètres d'Azna.
Ça fait loin pour une simple fête.
Mais bon, c'est plus tes amis que les miens.
Richard sera surpris de l'apprendre.
Ton problème, c'est que t'as jamais quitté le village.
- L'argent. Comment peut-on vivre ?
- Si on veut vivre, on trouve une façon.
Tu veux passer le reste de ta vie
à déterrer des fossiles dans un trou ?
Regarde-les.
Des bovins d'Europe continentale.
À croire qu'ils ont rien avalé depuis des jours.
- Peut-être qu'ils donnent pas de sandwichs dans les autocars.
Est-ce que tu dois vraiment te resservir ?
C'est juste un verre.
- Tu vas finir la bouteille, comme toujours.
- Pourquoi je pense au mot harpie ?
Pourquoi je pense au mot strident ?
Pourquoi je pense aux mots
alcoolique hautement fonctionnel ?
- J'ai toujours cru que le terme hautement fonctionnel
suffisait à annuler le terme alcoolique.
Un peu comme une double négation.
Hum ! Y a personne sur les routes, de toute façon.
C'est comme un démon qui est tombé du ciel.
On ne peut pas le nier.
Le monde est cruel.
C'est ce que mon père dit tout le temps.
- Il a raison. Cruel, c'est exactement ça.
Qui ?
Les pédés à Azna.
On n'est pas soumis à un horaire militaire.
Tu veux passer la nuit ici ?
- Je veux qu'on se rende chez Richard.
- Ça va aller. Ils traitent leurs femmes comme des ânes.
- Chut ! - À leurs yeux,
t'es qu'un âne qui s'est échappé.
- Tu sais que je déteste quand tu dis des choses pareilles.
- C'est vrai, non ? - Ça n'a pas d'importance.
- Eh bien, moi, je crois que ça en a beaucoup, au contraire.
- T'as aucune idée comment ils traitent leurs femmes.
Aucune.
- Euh... monsieur ? - Oui ?
- Quelle est la chaleur dans le désert ?
- Vous allez souffrir. Vous allez voir.
Ah... Merci.
Foutu internet.
Reconnais-le, David, on est perdus.
On n'est pas perdus.
Il faut juste trouver l'embranchement pour Azna.
- On est sur la bonne route ? - Y a qu'une seule route.
On vient de passer Midelt. Faut tourner en direction de Tifnit.
J'ai pas vu d'autres routes...
- Mais ils ont jamais parlé de Tifnit.
On est... On est partis trop tard.
- Oh, évidemment, c'est ma faute !
Tu voudrais bien changer de disque ?
- Je vais appeler Richard. - Non, on va appeler personne.
C'est sûrement des invités.
- Et si c'en était pas ? - Ils sont Blancs, pas vrai ?
Qu'est-ce qu'on fait s'ils résistent ?
Ils sont des infidèles.
Tu crois que j'ai peur.
T'as toujours peur.
La nécessité, mon frère.
Curieux qu'ils se soient pas arrêtés.
Et si on était tombés en panne ? Ils ont même pas ralenti.
Faut tourner ici. - Mais non.
- C'est ici, je te dis. - Non, David.
Sois pas aussi stupide.
CONTRECOUPS
- Bienvenue. - C'est impressionnant.
- Merci. - Bienvenue, madame.
Un cocktail, monsieur ?
- Choukrane.Merci. Peu importe.
Salut ! T'es accompagné ? Hein ?
- Ma femme est partie avec le gérant de fonds spéculatifs.
Oh, j'ai fait ça une fois.
Et qu'est-ce qui est arrivé ?
Il m'a laissé le condo à Cabo.
Ça te plaît, la musique ? Vraiment unique.
Non, ça l'est pas.
Ils faisaient jouer ça
à chaque étage de chaque magasin Virgin.
- Eh bien ! Oh, t'es un de ceux-là, super.
Oh, peut-être.
Bye-bye. - OK, bye-bye.
Merci.
- Merci. Merci. Merci beaucoup. Merci. La ferme.
Mesdames et messieurs, votre attention, s'il vous plaît.
Merci à vous tous d'assister
à notre petite fête dans le désert.
Ce magnifique édifice
dans lequel vous allez séjourner s'appelle un ksar.
- En arabe, ça veut dire château.
- Merci, Dally. - Ouais !
- Les rénovations ont été très longues
et nous n'aurions jamais cru que le résultat serait si beau.
- Ces rénovations sont une vraie farce.
- Et jamais nous n'aurions obtenu ce merveilleux résultat
sans l'aide de nos merveilleux amis marocains.
Bakchich.
- Nous espérons que vous verrez en cet endroit
un prélude du paradis.
Un lieu ouù il est possible de recevoir ceux que nous aimons.
Mais j'ai assez parlé.
Le repas sera servi dans les plus brefs délais, à 23 h.
Et je vous encourage à essayer les feuilletés à la sardine,
une création de notre chef, M. Ben.
C'est sensationnel. D'ici là, je vous en prie, goûtez au miel.
C'est le meilleur du monde, il est de production locale.
Et n'oubliez pas les figues, qui traditionnellement représentent
- le vagin d'une femme. - Richard !
- C'est ce qu'on nous a dit, du moins.
- Sláinte. - Sláinte.
Sláinte.
Dicky.
Eh, Tom.
Je t'avais pas vu.
Un des garçons t'a servi un verre ?
C'est obligatoire dans une bibliothèque.
J'ai vu personne.
- Peut-être qu'ils s'occupent des cailles.
En parlant de cailles, est-ce que t'es venu accompagné ?
- Non. Les filles veulent pas de moi ces jours-ci.
Et les garçons, eux ?
Dally m'a raconté que t'avais un millier de conquêtes.
- J'en ai trois et elles ne veulent rien savoir de moi.
- Faut que t'ailles à la piscine.
- T'as vu ces petites Russes ? - Laissez un message.
- Oh là l. David. C'est Richard.
Je peux savoir ouù vous êtes passés, toi et Jo ?
Allez, appelle-moi. - C'était qui ?
Un vieil ami.
Il est alcoolique. J'aurais pas dû le laisser venir en voiture.
- Des gens se perdent souvent en venant ici ?
Ça arrive tout le temps.
On dit que ça fait partie du charme.
Vous avez une maison impressionnante.
J'ai l'oeil pour l'art islamique.
Ça date de mon époque chez Christie's.
- Pourquoi pas vivre ici toute l'année ?
- Il faut d'abord vieillir un peu
avant de s'installer dans le désert.
Dally est pas encore prêt. Moi, oui.
Crétins.
- J'en déduis que vous êtes pas amie...
- Je suis là pour le travail, je dois écrire un article.
Si je suis venue, c'est avant tout
pour rencontrer Leila Tarki.
- Euh... Je sais pas du tout qui c'est.
- Vous connaissez pas Leila Tarki ?
L'immense auteure marocaine ?
Elle est sensass.
Elle est là seulement pour trouver des fonds
pour son prochain film. - Un film, hein ?
Et c'est sur quoi ?
Les nomades.
Les nomades. Bien sûr.
Ça change des films sur les réfugiés.
C'est déjà ça, non ?
- Ce sont les nomades qui vont nous sauver.
Ah, oui ?
- Ils ont une conscience écologique innée.
Leila dit que je ressemble à une nomade.
- C'est vrai ? - Ouais.
Et c'était bien ?
En venant ici, on a aperçu un couple
arrêté sur le bord de la route.
- Visiblement, ils venaient de faire l'amour.
- C'était les Henninger, le couple d'Anglais ?
C'était eux ? - Oui, je suppose.
Ou c'était des bandits déguisés en Anglais, on peut pas savoir.
Ou même des bandits anglais.
Plusieurs des invités sont
des adeptes de la sodomie, je crois.
Vous êtes homosexuel aussi ?
Hein ? Non, je le suis pas.
Mais j'ai couché avec un homme qui l'était.
Est-ce qu'ils se disputaient ?
- J'en sais rien. En tout cas, ils sont pas là.
- Merci, Dally. Mes amis !
La vie n'est en fin de compte qu'un amusement
ou un passe-temps, comme le Coran nous l'enseigne.
Et... parce que c'est un jeu et rien de plus,
on oublie que la finalité de la vie est la mort.
- Donc mangez, buvez, riez, car demain on mourra.
- C'est légèrement cliché, mon amour.
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