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LES SOUVENIRS DE XXXX (PARTIE 2)
Hein ?
Madame…
Qu’est-ce que…
– Hé, apportez un brancard ici ! – Papa…
– Ma fille est dessous ! – Ça ne veut pas bouger.
– On a pas le temps ! – Allez, vite !
Laisse ça là-bas !
Reste pas planté là, gamin !
Dépêche-toi d’évacuer ! L’armée ostanienne attaque !
Vraiment ? Mais on m’a dit qu’il y aurait pas de guerre…
*** ! Tu n’as rien !
Où est-ce que tu étais passé ?
Maman…
Tu es blessé.
Euh, oui.
Mais j’ai eu de la chance, vu que le casque m’a protégé.
Dieu soit loué…
Viens, on va prendre des affaires à la maison.
Après, on ira chez tonton Kielberg.
Attends !
Je veux pas ! Et l’école ?
Et la fête ?
Ça n’a plus d’importance !
Tu t’en doutes bien !
L’armée westalienne résiste alors que la ville de Luwen est tombée.
Le Premier ministre Adler…
Les adultes sont des menteurs.
Ils ont dit que la guerre éclaterait pas.
Les dirigeants ont dit que la paix était assurée par le traité machin.
Papa aussi,
il a dit qu’on irait à la fête ensemble à son retour…
mais il est jamais revenu.
Mais bon, je suis pas mieux qu’eux.
J’ai menti à papa pour avoir 10 dalcs.
Je dois lui dire la vérité quand je le reverrai.
Il le faut… absolument.
Maman !
Tout va bien. Ne t’inquiète pas.
On ne craint rien.
Maman… J’ai peur. Je veux rentrer à Luwen.
Papa nous attend peut-être à la maison.
Je veux jouer avec mes amis !
Super !
J’espère que maman sera contente d’avoir du poisson au dîner.
On mange pas à notre faim depuis un bail.
– Un raid aérien ! – Allez dans l’abri !
Dépêchez-vous !
Par ici, vite !
– Entre, petit ! – Je dois aller chez moi…
Aïe !
Allez un peu plus au fond !
Faites taire ce môme !
– Ces salauds d’Ostaniens ! – Maman !
C’est bon ? C’est terminé ?
Ouvre pas la porte, gamin !
Reviens, imbécile ! C’est encore dangereux !
Maman ! Maman !
Maman !
Maman ! Maman !
Non… Pas la maison…
Pitié…
Maman !
Après ce jour tragique,
j’ai vécu je ne sais combien d’années dans la misère.
Une fois privé de ce qui m’était cher,
le monde n’était plus qu’un amas de choses que je haïssais.
C’était largement suffisant
pour me faire prendre les armes.
Lorand Spoofy, originaire de Luwen…
Tu as vraiment l’âge légal pour t’enrôler ?
Oui, j’ai 18 ans.
J’ai perdu mes papiers pendant le raid.
J’ai menti.
Qu’est-ce qu’on fait ?
Combien de milliers,
de dizaines de milliers de cadavres,
faudra-t-il pour entrevoir l’aube à l’horizon ?
C’est quoi, ce piège ?
Non, stop ! Ne tire pas !
Tu es un soldat d’Ostania.
Et toi, de Westalis ?
– Tu es armé ? – Non, je le jure ! Je me rends !
J’ai déserté mon unité ! J’en pouvais plus…
Mais ça fait deux jours que j’erre dans la montagne.
Par pitié, donne-moi quelque chose à avaler !
Je ne vais pas gâcher une ration pour un mort.
– Crève. – Non, arrête !
Pas question que je meure avant d’avoir eu une petite amie !
Il est bizarre.
Je veux bien te filer une cigarette.
Inconsciemment, je voyais l’ennemi comme un être humain.
Du coup, cette université menait une recherche intéressante.
Ils montraient à des sujets une vidéo où une femme gifle un homme.
De quoi tu parles ?
Il comprend que sa vie est entre mes mains ?
Le cerveau partageait sa douleur avec un sentiment d’inconfort.
Ça prouve que l’homme, par nature, est contre la violence.
Mais après,
ils leur ont repassé la vidéo en expliquant
que la femme l’a giflé parce qu’il l’a trompée.
Et là, surprise !
Le cerveau des sujets a montré des signes de contentement.
Ça fait peur, non ?
Il suffit de cataloguer quelqu’un pour retourner le cerveau des gens.
C’est chaud, hein ?
Enfin, j’ignore si l’étude est avérée.
Où tu veux en venir ?
Tu trouves pas ça stupide ?
La guerre a éclaté juste à cause d’un échec diplomatique.
Pourquoi c’est aux pauvres citoyens de payer les pots cassés ?
On nous pousse à nous haïr mutuellement,
à nous livrer bataille et à mourir au combat.
C’est le plus gros fiasco au monde.
C’est vous qui avez déclenché les hostilités.
De notre côté, c’est vous qui avez cherché les ennuis en premier.
Vous auriez bombardé Luwen sous fausse bannière pour nous attaquer.
Et vous auriez mandaté un pays tiers pour provoquer notre armée, aussi.
Ce n’est que de la propagande pour justifier vos actions !
Je sais !
Mais les bidasses connaissent pas la vérité !
Ce jour-là, pendant le bombardement,
j’ai perdu mes amis et mon entourage !
Et ça, c’est la vérité.
Je peux dire la même chose.
Non !
Vous êtes le mal incarné.
Vous m’avez volé tout ce que j’avais !
Est-ce que tu les as déjà vus de tes yeux ?
Oui !
Plus qu’il ne le fallait !
Je vais leur faire vivre le même enfer.
Je vengerai tout le monde.
C’est l’unité qui me poursuivait !
Ils nous ont repérés à cause de tes tirs !
Fait chier… Je me laisserai pas attraper !
Adieu ! Et merci quand même pour la clope !
Bordel…
Bon sang…
Qu’est-ce que je fabrique ?
On t’a envoyé à l’arrière à cause de tes blessures ?
Eh bah… T’en as de la chance, Lorand.
T’es un vrai petit miraculé.
Tiens ?
Attends… C’est toi, Officier ?
Général…
Caporal… Commandant ?
Je le savais.
– C’est Officier ! – J’en reviens pas !
On t’a jamais retrouvé, on pensait que t’étais mort.
Je suis content de te revoir en vie !
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