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Quelques heures de printemps web
Komentář od lechacal

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Zveřejněno: 2022-08-08
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(tintements de clés)

Évrard, libérable.

Alors: un portefeuille de couleur noire, état usé...

un briquet jetable, couleur bleue...

un téléphone portable... et cinq clés, avec le porte-clés.

Vous signez ici.

Ça, c'est fait. Votre pécule de libération. 875 euros...

et 30 centimes. Et vous signez ici.

Assis.

Attends 30 minutes, c'est prêt, au lieu de manger du pain. -J'ai pas le temps.

Je récupère des trucs et j'y vais.

C'est dégueu, ton truc en grains. -Oui, mais j'ai que ça.

J'ai trouvé ce que je cherchais.

Donc, M. Évrard... Alain Évrard.

Alors, je vous explique comment on fonctionne.

Nous, on est là pour vous aider à réintégrer le marché de l'emploi.

Le marché de l'emploi, en ce moment, il est pas très gros. Et le fait d'être allé en prison,

même si c'est que 18 mois, ça représente un petit handicap. Il y a des employeurs qui veulent pas en entendre parler,

c'est pas la peine de les contacter. Mais d'autres sont prêts à aider,

à donner un petit coup de pouce. Est-ce que vous avez pris contact

avec votre ancien employeur? -Il m'a dit que c'est pas la peine que je revienne.

Non. -Avez-vous fait d'autres démarches

auprès d'autres personnes? -Oui. J'ai contacté des boîtes de transport dans le coin.

Une m'a dit qu'il y avait peut-être quelque chose. C'est pas sûr.

Sinon, toutes m'ont dit qu'il y avait rien.

Alors, je regarde... -(homme): Non, il y a pas de conditions.

Je reçois pas mes allocations. J'ai déjà envoyé tout ça! -Bon.

Vous inquiétez pas, ça arrive de temps en temps, à l'accueil. Voilà.

Alors pour l'instant, en chauffeur poids lourd, j'ai rien pour vous.

Mais est-ce que vous seriez d'accord pour élargir le champ de recherches?

Oui. Il faut que je fasse quelque chose. N'importe quoi, mais...

Moi, forte de ces informations, je vais m'y recoller, et puis je vous contacte.

Je pense qu'on peut trouver quelque chose. Je vérifie juste que j'ai... votre bonne adresse.

C'est chez Mme Évrard, Yvette? -C'est ça. -Je note ça sur le fichier.

Merci.

Tu manges pas, toi? -Non, j'ai pas faim. Je vais juste prendre une salade.

Tu rangeras tes affaires qui traînent. Il faut que je passe l'aspirateur.

T'en as encore pour longtemps, à prendre ces trucs?

Qu'est-ce qu'ils disent? Ça s'empire? Ça va mieux?

Non... Ça va, ça se maintient.

C'est ni mieux ni mal. Ça reste comme c'est. Je vais bientôt commencer les rayons,

selon le Dr Matthieu. Et sinon, je prends les médicaments.

Toi, tu vas dans ta panière. Calie, dans la panière, s'il te plaît.

Allez, file!

T'as des maux de tête, des trucs comme ça? -La panière, j'ai dit! Non, même pas. Pas trop, ça va.

Bonsoir.

C'est qui? -C'est Alain.

Le voilà, lui! -Viens, Calie.

Ça va, mon garçon? -Ça va.

Tu viens prendre quelque chose?

Calie, viens!

T'es revenu par chez nous. -Bien oui, le temps de trouver un boulot et un appart.

Je demandais des nouvelles à ta mère. -Calie, viens.

Ça m'a tracassé, ton histoire.

Les cuillères sont dans le tiroir.

Il y a une chose que j'ai pas comprise, c'est pourquoi t'as fait ça.

Bon. Je te le dis...

Je te le dis, quoi.

J'ai fait des conneries, et voilà.

Je sais, j'ai fait la route avant toi. On nous proposait ça tout le temps,

de passer des trucs à la frontière.

Il faut pas se faire embobiner parce que, eux, ils plantent leur herbe de je sais pas quoi au cul du bahut,

mais s'il y en a un qui tombe, bien, c'est pas eux.

T'avais besoin de sous, peut-être? -Bien oui, comme tout le monde.

Il fallait me demander. Je t'en aurais prêté, moi.

Il passe pas, le café, là?

Oh, le con. J'ai pas allumé.

Merde! Les plombs encore.

Vous avez besoin d'aide? -Non, non. C'est bon. -C'est sûr? -Oui, je vais remettre ça.

Calie, viens.

Oh, merde!

Je sais pas ce qui se passe. Des fois, c'est l'aspirateur,

des fois, avec la cafetière, des fois, juste une lampe. Il faut que je mette le nez là-dedans.

Il a eu peur, le chien.

Ça me fait plaisir, de te voir. -Bien, moi aussi.

Tu vois, ça? C'est ce que m'a apporté ta mère,

mes petites compotes de pommes. Parce que l'année dernière, c'était une année de pommes.

Je suis sûr que ta mère, elle veut pas te le dire... Je suis sûr que ça lui fait plaisir de t'avoir là.

Un plaisir de quoi? Elle est venue me voir deux fois en un an et demi, alors...

Bien oui, mais attends... C'est que ç'a pas été simple pour elle pendant tout ce temps.

Il y a sa maladie qui a démarré. Je le vois bien, ça la fatigue.

Et je pense aussi que ça lui faisait de la peine de te voir là-bas.

Pas de la peine. Elle avait la honte.

Qu'est-ce que tu cherches? -Un truc pour dormir.

C'est pas dans la cuisine.

C'est où?

Non, Calie. Tu vas dans ton panier.

Ça sentait la clope, dans ta chambre. T'as pas aéré. -Je l'ai fait.

Alors, si tu l'as fait, tu fumes dehors, dans le jardin.

Je vais vous mettre le masque, Mme Évrard.

Respirez tranquillement. À tout de suite.

Oh, elle a les pattes toutes sales! Tu les lui as pas essuyées? -Si, j'ai essuyé.

Non, tu l'as pas fait.

Tu commences à me plaire, toi! -Elles sont propres, ses pattes.

Non, elles sont sales. Elle marche dans la saleté et elle la ramène.

C'est pas toi qui nettoies. Viens ici, Calie!

C'est pas le moment de la panière. Il faut que je te nettoie un peu.

Assis! Donne ta patte!

Tu sais, t'es pas chez toi. -Je sais que je suis pas chez moi.

T'inquiète, je reste pas longtemps. -Dis donc! Tu baisses de ton!

C'est pas en me parlant comme ton père que t'as raison. Je veux que ma maison soit propre, c'est tout.

Mais elle est propre, ta maison!

Tu fais chier! Alors, regarde ta téloche et finis ton puzzle à la con!

Je suis pas venu ici pour qu'on m'emmerde.

Merde!

Ça me fait super plaisir de te voir.

Verre ou pas verre? -"Pas verre."

Eh bien...

Il faut pas pleurer comme ça. Qu'est-ce qui se passe? Bien alors.

Papa, il est content de voir Alain.

Tu dis bonjour à Alain?

Bonjour. Comment il s'appelle? -Il s'appelle Enzo.

Hein, tu t'appelles Enzo?

Quand c'est petit comme ça, c'est du taf. Je bosse pas en ce moment, mais c'est sport.

T'as soif? Tu veux boire un petit coup?

Et ta grande? -Chez sa mère, parce qu'avec Cathy, c'est chaud.

Elles s'entendent pas trop. Cathy lui dit des trucs, mais la grande est une ado, donc...

Cathy dit qu'elle lui parle mal, la grande dit: "T'es pas ma mère."

L'horreur, quoi. Ça se met à gueuler, tu vois. Ça pleure, ça réveille le petit...

Ça arrive, ça arrive. Il arrive, le biberon. Je vais le chercher.

Attention. Voilà!

Il revient, papa. Il revient.

Autrement, t'as eu des news de Carole? Quoi? -T'as eu des news de Carole?

Bien non. Pourquoi j'en aurais? -Je sais pas. Quand t'étais là-bas.

C'était fini avant, cette histoire. -Je l'aimais bien, Carole. Elle était sympa.

Allez... Voilà!

Elle était sympa, comme nana.

Tiens. -Ah, sa chaussette.

Attention... Voilà, doucement.

Sinon, par rapport à ce que tu m'as demandé, j'en ai parlé avec Cathy, et ça va pas être possible.

Elle veut rien savoir. Elle m'a dit qu'il y a déjà ma grande qui vient souvent...

On n'a pas assez de place. Voilà, quoi.

Je sais que ça te fout dans la merde. -Non, mais je vais m'arranger.

J'ai dit que c'est trois jours, mais elle veut rien savoir. Elle me dit que c'est pas possible. Et puis je bosse pas.

Si je bossais, je dirais: "Ça va, je bosse." Je suis bloqué. Je peux rien faire.

Je vais m'arranger, je te dis. -Je suis dégoûté, je te jure.

Non, t'as déjà mangé. -... et c'est donc un budget qu'on aimerait voir réduit

pour le consacrer à autre chose. -Pour sensibiliser les automobilistes,

pour la première fois, des messages sont passés sur les panneaux d'information

sur les routes de l'est de la France. Les agents d'exploitation consacrent

un tiers de leur temps de travail...

Calie!

Calie?

Calie?

Assis.

Doucement, hein.

Ce soir, au programme, la 30e journée de Ligue 2...

... c'est une source de revenus, pour les touristes, c'est un hébergement...

1-0 sur la pelouse de Nîmes grâce à Adou contre son camp. 1-0 sur la pelouse de Boulogne, un but de Diguiny.

0-0 entre Angers et Brest, 2-1 sur la pelouse de Clermont...

Allô?

Ça va.

Là? Rien.

Il faut que j'y aille parce que la nounou va pas comprendre.

On va se revoir?

Le problème, c'est que j'ai pas du tout envie de partir.

Je les mets sur la table.

Ça va être du vrai café, cette fois.

Oh! Il y a une cafetière électrique.

Eh bien... -Alain aimait pas mon café vite fait, alors j'ai acheté ça.

Viens, ma Calie. Viens, ma fifille.

Oh oui! Viens. Assis, là. Oh oui! Là. Tu restes là.

Je sais pas ce que vous avez mis dans les compotes de l'autre jour...

Excellentes. -Bien, j'ai fait comme d'habitude.

Non, elles étaient meilleures. Là, vous allez être obligée de faire pareil, ce coup-ci.

Vous êtes allée chez le coiffeur. -Oui.

J'aime bien, de temps en temps. Ça fait du bien.

Moi aussi. -On se sent plus propre. Je voulais aller chez celui qui est

dans la galerie marchande du Leclerc, et au dernier moment, j'ai hésité.

Finalement, je suis allée là où j'ai l'habitude. Oh, c'est rien de spécial.

Vous avez bien fait. Il va falloir que j'y aille aussi, parce que...

C'est pas ce qu'il y a à couper mais on se sent mieux, après.

Ça rafraîchit.

Bon. Ça, c'est de la neige, c'est pas du nuage.

Oui, c'est bien possible. Moi, dans les blancs, je me mélange. Alors...

On peut mélanger tous les blancs dans une machine à laver, mais pas là.

Oui, c'est sûr.

Désolée. Je voulais vous recevoir juste après votre appel,

puis on a été un peu bousculés, et... J'ai bien entendu votre question

sur le choix de votre maman avec la Suisse. On va en reparler.

Je voudrais d'abord qu'on discute d'elle et de sa maladie, et je voudrais savoir ce qu'elle vous a dit.

À l'époque, elle m'a dit qu'elle avait un grain de beauté là,

et qu'il était monté... Enfin, que ça avait changé, qu'il était monté à la tête.

C'est à peu près ça. Elle avait un mélanome sous la clavicule. En fait, ça ressemble à un gros grain de beauté.

Il a dégénéré, et c'est devenu des cellules malignes, cancéreuses.

Effectivement, ç'a migré jusqu'au cerveau. Et comme votre maman ne s'en est pas préoccupée assez tôt,

c'est pour ça qu'on en est là aujourd'hui. -Oui, mais ça peut se soigner?

Là... Je l'ai dit, hein. J'ai été honnête avec votre maman. Là où on en est, on ne peut plus revenir en arrière.

Alors, on fait des rayons, elle prend ses médicaments, pour éviter que les métastases ne se développent

et grossissent. Et parfois, quand vous donnez un médicament,

on sait pas pourquoi, le médicament n'a plus d'effet. -Et par exemple...

Si tout d'un coup, les examens dont vous m'avez parlé montrent que c'est pire,

ça voudrait dire qu'il restera combien de temps? -Je peux pas répondre à cette question.

Mais alors... Il pourrait se passer quoi, pendant ce temps-là?

Étant donné que les métastases se situent dans le cerveau, à partir du moment où les métastases grossissent

et touchent des parties du système nerveux, elle va avoir des symptômes qui vont se déclarer,

comme des pertes de conscience. Par moments, elle pourra aussi ne plus reconnaître ses proches.

Elle peut aussi avoir des problèmes d'incontinence. Mais elle peut aussi avoir...

à un moment, une hémorragie cérébrale, d'un coup, et à ce moment-là, tout sera terminé.

La difficulté, c'est que vous avez la personne devant vous, et vous ne voyez pas qu'elle est malade.

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